Côte d’Ivoire : Violences basées sur le genre, « 89,52% des plaintes pour viol ont débouché sur une condamnation en 2025 »
Sur les 841 cas de viol enregistrés en 2025 par le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant (MFFE), 89,52 % ont abouti à une condamnation judiciaire. C’est l’un des chiffres marquants de l’annuaire statistique 2025 du ministère, présenté le mardi 12 mai 2026, lors de la tribune gouvernementale « Tout Savoir Sur », organisée par le Centre d’Information et de Communication gouvernementale (CICG) à Abidjan-Plateau.

Lossény Sylla, directeur de la Planification, des Études et de la Documentation du MFFE, a livré ces données, appelant dans la foulée les populations à signaler sans hésiter les cas de violences basées sur le genre (VBG) dont elles sont témoins. Il a attribué ce taux de condamnation élevé à un suivi rigoureux des dossiers par les travailleurs sociaux, les ONG et les partenaires du ministère, qui veillent au respect de chaque étape de la procédure judiciaire.
Au-delà du taux de condamnation, les statistiques traduisent une transformation profonde des comportements. Le nombre de cas de VBG déclarés est passé de 711 en 2011 à 10 747 en 2025, soit une multiplication par plus de quinze en quatorze ans.
Pour Lossény Sylla, cette progression n’est pas le signe d’une aggravation du phénomène, mais d’une confiance croissante des populations envers les mécanismes de signalement. « Par le passé, les familles privilégiaient souvent des règlements à l’amiable, ce qui limitait les actions de sensibilisation et de prise en charge », a-t-il rappelé.

Sur les 10 747 cas pris en charge l’an dernier, la violence domestique domine largement, représentant près de 80 % des situations recensées. Les violences sexuelles touchent quant à elles des victimes féminines dans 97 % des cas, principalement des filles mineures. Le détail des cas se répartit comme suit : 841 viols, 254 agressions sexuelles hors mutilations génitales féminines (MGF), 9 cas de MGF, 2 154 agressions physiques, 181 mariages forcés, 5 096 cas de déni de ressources ou de services, et 2 212 cas de violences psychologiques ou émotionnelles.
Pour faciliter les dénonciations, le ministère invite les citoyens à se rapprocher des structures socio-éducatives et des centres sociaux implantés à travers le pays. Deux lignes vertes sont également disponibles : le 1308 pour les cas de VBG, et le 116 pour les enfants en détresse.



