Côte d’Ivoire : Le Tchologo à Abidjan, « Une intronisation historique pour ancrer la chefferie traditionnelle dans la modernité »

La salle polyvalente du Palais des sports de Treichville a vibré au rythme des tam-tams et de la parole solennelle, à l’occasion de la cérémonie d’intronisation du chef central des ressortissants de la région du Tchologo résidant à Abidjan, le samedi 18 avril 2026. Un événement placé sous le signe de la transmission, de la cohésion sociale et du développement, qui a rassemblé une diaspora venue nombreuse pour écrire une nouvelle page de son histoire.

C’est en présence d’une assemblée de cadres, de notables et de représentants des institutions que le nouveau chef, Doudjo Coulibaly, a reçu ses attributs. La cérémonie bénéficiait du haut patronage de Téné Birahima Ouattara, Vice-Premier ministre et président du Conseil régional du Tchologo, excusé pour cause de mission hors du pays, mais dont l’esprit, ont assuré les intervenants, était de tout cœur avec ses fils et filles.

La trajectoire de Doudjo Coulibaly illustre une alliance harmonieuse entre tradition et modernité. Homme de savoir, de culture et d’action, il s’impose comme une figure respectée de la société ivoirienne, incarnant à la fois l’héritage ancestral et les responsabilités contemporaines. Son parcours témoigne d’un engagement constant en faveur de la préservation des valeurs culturelles, de la sécurité communautaire et de la cohésion sociale.

Médiateur culturel, protecteur des siens et bâtisseur de liens sociaux, le nouveau chef se distingue par sa capacité à conjuguer les enseignements des anciens avec les exigences du monde actuel. À travers cette double dimension, il apparaît comme une personnalité emblématique, œuvrant pour le rayonnement culturel et la consolidation de l’unité nationale.

Son représentant, le Professeur Adama Diawara, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, a tenu à saluer la mobilisation exceptionnelle des communautés. « Cette grande mobilisation prouve votre attachement à la région du Tchologo. L’union, la cohésion, la fraternité et la solidarité ne sont pas des mots creux ici », a-t-il déclaré, avant de féliciter le nouvel intronisé : « Vous allez porter une charge lourde, mais tous les fils et filles du Tchologo sont convaincus que vous saurez être un vecteur d’union. »

L’originalité de cette cérémonie résidait dans sa volonté d’inscrire la tradition dans le temps long. Devant un parterre de personnalités, le président du comité d’organisation, l’Honorable Silué Jacques, a livré un plaidoyer pour une chefferie revisitée : « Cet acte dépasse les rites coutumiers et répond aux réalités contemporaines et aux aspirations profondes de notre communauté. »

Selon lui, l’institution du chef central à Abidjan, capitale économique, poursuit plusieurs objectifs : offrir un repère identitaire à la diaspora, renforcer la cohésion sociale dans un espace cosmopolite, et faire de la chefferie « un outil de gouvernance politique et de diplomatie culturelle ». « Sur le plan politique, la chefferie incarne une gouvernance de proximité. Elle garantit que les voix de nos communautés soient entendues », a-t-il ajouté, avant de remercier chaleureusement le ministre Adama Diawara pour sa présence constante aux côtés des populations.

Le co-parrain de la cérémonie, Djibril Ouattara, ministre de la Transition numérique et de la Digitalisation, a pour sa part tenu à rappeler le cadre national qui a permis cet élan. Il a salué la vision du Président Alassane Ouattara, qui a élevé la chefferie traditionnelle au rang d’institution nationale via la création de la Chambre nationale des chefs traditionnels. « Le développement d’une nation ne peut se bâtir durablement sans s’appuyer sur ses racines et sur ses chefs traditionnels », a-t-il martelé, avant de rendre hommage à Téné Birahima Ouattara pour son leadership naturel au Tchologo.

« Cette intronisation est un appel renouvelé à renforcer notre solidarité, à transcender nos divergences et à placer l’intérêt commun au-dessus de tout », a lancé le ministre à l’endroit des nouvelles autorités coutumières.

Tous les discours ont convergé vers un même impératif : l’unité comme levier de développement. Le Professeur Adama Diawara a conclu en invitant la communauté à rester soudée derrière ses deux barrages, le Président Alassane Ouattara et le Vice-Premier ministre Téné Birahima Ouattara, saluant au passage les réalisations socio-économiques accomplies sous leur impulsion.

« Donnons-nous la main, soyons unis pour le développement de notre région et au-delà pour le développement de la Côte d’Ivoire », a-t-il lancé, sous les acclamations d’une assemblée consciente d’assister à un moment fondateur.

Par ce sacre, la communauté Tchologo d’Abidjan se dote désormais, avec Doudjo Coulibaly, d’un repère moral et d’un gardien de la paix, tout en envoyant un signal fort : la tradition n’est pas un souvenir figé, mais une force motrice pour l’avenir.

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