Côte d’Ivoire : Sport et développement local, « Les AGORAS ont enregistré plus de 514 000 visites en 2025 »

Réunis ce 30 juin 2026 à l’Agora de Koumassi, les responsables de win win Afrique et d’Ivoire AGORA ont présenté le Rapport d’activité 2025 du programme AGORA, dressant un bilan en nette progression et dévoilant les perspectives de développement du réseau pour les années à venir.

Six ans après l’ouverture de la première AGORA à Koumassi, le modèle conçu par Winwin Afrique et exploité par Ivoire AGORA franchit un nouveau cap. Les quatre complexes d’Abidjan ont totalisé plus de 514 000 visites en 2025, dont 321 171 liées à une pratique sportive régulière, soit une hausse de 94% par rapport à 2024. Né dans le cadre du Programme d’Appui à la Promotion du Sport pour Tous du Ministère ivoirien des Sports, le dispositif s’est imposé comme un véritable espace de vie mêlant sport, culture, citoyenneté et formation.

Yopougon et Port-Bouët affichent la progression la plus marquée, tandis que Koumassi, premier site ouvert en 2019, conserve son statut de référence avec 65 clubs sportifs accueillis. À Abobo, plus de 50 000 pratiquants et 7 200 élèves fréquentent chaque semaine les installations.  Au total, les AGORAS reçoivent près de 19 000 élèves issus de 28 établissements scolaires partenaires.

Un déséquilibre persiste cependant entre hommes et femmes dans les réservations individuelles, ce qui justifie la poursuite du programme MoveHer, dédié à l’autonomisation des jeunes filles par le sport.

Au-delà du sport, les AGORAS se positionnent comme des plateformes de développement social, avec 61 625 participations enregistrées en 2025 autour de thématiques telles que la santé, l’éducation ou l’égalité des genres. Campagnes de vaccination, lutte contre les violences basées sur le genre, collectes de sang et formations de coachs illustrent cet engagement.

Sur le plan environnemental, le partenariat avec Recyplast a permis de collecter et recycler 960 tonnes de plastique. En matière d’emploi, le programme a généré 276 emplois en 2025, dont 68 postes permanents majoritairement pourvus par des habitants des quartiers concernés. Un partenariat avec la coopération allemande (Invest for Jobs) a par ailleurs permis de former 30 jeunes aux métiers d’agent de sécurité et d’entretien paysager, débouchant sur 27 insertions professionnelles, dont 12 femmes.

La diversification des revenus, sponsoring (42,1%), pratique sportive (23,1%), événementiel (19,5%) et gestion locative (12,7%), renforce la viabilité financière du réseau. Selon Ismaïla Siribé, directeur général d’Ivoire AGORA, la part du sponsoring a particulièrement progressé grâce au passage d’une logique de réception d’événements à une véritable production d’événements en interne.

Les grandes compétitions sportives confirment leur rôle de catalyseur : l’AGORA Betclic League a réuni 40 équipes et 400 joueurs pour un cash prize de 12 millions FCFA, tandis que l’AGORA Champions Quest by 1xBet, en cours, rassemble 32 équipes autour d’un prix de 5 millions FCFA, le vainqueur se qualifiant pour le Challenger FIBA 3×3 de Singapour en août.

Depuis le début de la Coupe du Monde de la FIFA 2026, les AGORAS de Yopougon, Abobo et Koumassi retransmettent l’ensemble des matchs de la Côte d’Ivoire, confirmant leur rôle de lieux de rassemblement populaire.

« Construire une AGORA est une étape. Le véritable enjeu commence ensuite : faire en sorte qu’elle soit fréquentée chaque jour », a déclaré Ismaïla Siribé. Quatre nouveaux sites sont en construction à Dimbokro, Guiglo, Dabou et Boundiali, avec des livraisons échelonnées entre l’automne 2026 et début 2027. Trois autres sites suivront à Songon, Béoumi et Touba en 2027.

Selon Régis Charpentier, PDG de Winwin Afrique, le ministère des Sports a identifié 91 sites potentiels à travers le pays pour étendre le réseau. Le modèle, né en Côte d’Ivoire, suscite désormais l’intérêt d’autres pays africains : des accords ont déjà été signés avec le Kenya et le Nigeria, tandis que l’Ouganda, la Namibie, le Ghana et la Guinée ont manifesté leur intérêt pour adapter ce dispositif de partenariat public-privé.

Vous aimerez aussi...