Côte d’Ivoire : Queens Empire édition 3, « Quand les femmes passent de rivales à alliées pour bâtir leur empire »
Le samedi 11 juillet 2026, l’hôtel Capitol à Cocody a accueilli la troisième édition de Queens Empire, un événement dédié à l’autonomisation féminine. Après quatre ans de pause, le rendez-vous est revenu avec un thème fort et évocateur : « Femmes : De rivales à alliées. Comment briser les chaînes et construire votre empire ? »
Queens Empire est né d’une observation lucide : malgré les progrès des femmes dans les domaines de l’éducation et de l’entrepreneuriat, les rivalités inter-féminines freinent encore l’émergence d’une véritable solidarité. L’événement repose sur une conviction profonde : les femmes, unies, deviennent une force inégalable.
Après deux premières éditions qui ont rassemblé des dizaines de participantes autour de la confiance en soi, du leadership et de l’entrepreneuriat, la promotrice Coach Akram a choisi de marquer une pause de quatre ans. « Ce n’était pas voulu, mais il était important de revenir avec beaucoup de maturité », confie-t-elle. Une maturité qui se traduit aujourd’hui par une ambition claire : faire de Queens Empire la plateforme de référence pour l’autonomisation féminine en Côte d’Ivoire.
Pourquoi ce thème ? Parce que la rivalité féminine, silencieuse mais destructrice, se manifeste par le dénigrement et l’exclusion entre femmes. Un phénomène qui, selon les organisatrices, n’est pas inné mais le fruit d’un conditionnement patriarcal qui a opposé les femmes au lieu de les unir.
« Beaucoup de femmes entrepreneurs ont l’impression que donner un peu de lumière va ternir la leur. C’est faux. Ce sont des idées préconçues qu’il faut déconstruire », martèle Coach Akram.
L’événement s’articule autour de trois dimensions complémentaires :
- Briser les chaînes – Identifier et déconstruire les croyances limitantes, les blessures émotionnelles et les conditionnements culturels qui entretiennent la compétition.
- Construire son empire, Bâtir collectivement un écosystème où les opportunités circulent, les compétences se complètent et le succès de chacune devient une ressource pour toutes.
- De rivales à alliées, Une transformation à la fois interne (guérison, travail sur soi) et externe (alliances stratégiques, collaboration), vers une communauté féminine soudée et durable.
Dans son discours d’ouverture, le président du comité d’organisation, Coach Loba, a tenu à rendre hommage à celles et ceux qui ont œuvré dans l’ombre : « Si vous regardez autour de vous, vous découvrirez de magnifiques décorations, de belles compositions florales, une organisation soignée. Mais tout ce que vous admirez est le fruit du travail minutieux d’une véritable armée de femmes et d’hommes de l’ombre. »
Il a également salué la vision de la promotrice : « Face à cette grandeur et à cette noblesse de vision, nous nous sommes engagés à mettre notre temps, notre expertise et notre énergie au service de cette œuvre. »

Dans une allocution poignante, Coach Akram a retracé le parcours semé d’embûches des femmes africaines : mariage précoce, regards douteux sur leurs compétences, charge invisible du foyer. Mais aussi, et peut-être surtout, « la plus grande épreuve n’est pas venue des hommes, mais d’une autre femme : une rivalité apprise, héritée, entretenue par un système qui avait tout intérêt à nous voir nous mesurer entre nous plutôt que de nous voir nous élever ensemble. »
« Nous avons trop longtemps confondu la solitude imposée avec la force, alors que la vraie force africaine, celle de nos mères et de nos grand-mères, a toujours été communautaire. Le tissage, la tontine, le champ cultivé à plusieurs mains : nos traditions elles-mêmes nous rappellent que rien de grand ne s’est jamais construit seule. »
Et d’ajouter, en écho au thème : « L’heure n’est plus à la rivalité qu’on nous a imposée. L’heure est à l’alliance que nous choisissons. Ensemble, de rivales devenues alliées, bâtissons l’empire que nos filles hériteront sans avoir à le reconquérir. »
Invité à partager son éclairage sur le thème, le Dr Nour Bakayoko, psychologue-psychothérapeute, a développé la valeur de la sororité et les mécanismes psychologiques qui sous-tendent l’union et la prise de responsabilité collective.
« Pendant longtemps, on a réduit les femmes au statut d’éternelles assistées. Aujourd’hui, elles prennent les devants, elles essaient de se construire par elles-mêmes et pour elles-mêmes », a-t-il souligné.

Pour lui, cette troisième édition s’inscrit dans un voyage, non dans un combat : « L’arrêt, ce n’est pas pour abandonner. C’est pour se reposer et continuer le voyage. » Son message clé résonne comme une évidence : « Il est bien de réussir, mais il est encore mieux de réussir ensemble. Seul, on va vite ; ensemble, on va plus loin. »
Avec cette troisième édition, Queens Empire s’impose comme un espace de transformation personnelle et collective, où la parole est libérée et les alliances se tissent. L’objectif est clair : sensibiliser, guérir, connecter, inspirer et construire un écosystème durable pour les femmes ambitieuses de Côte d’Ivoire.
« Plus de pause, on est lancé. Plus rien ne nous arrêtera », promet Coach Akram. « C’est un carrefour, une invitation à toutes les femmes pour se rencontrer, pour tisser des alliances fortes. »
Rendez-vous est pris pour l’édition 2027. Une chose est sûre : l’empire se construit, brique par brique, alliance par alliance.



