Côte d’Ivoire : Journée de l’Enfant Africain 2026, « Le Gouvernement ivoirien et l’UNICEF mobilisent la jeunesse à La Mé pour le droit universel à l’eau potable »
Face aux défis sanitaires et à l’urgence climatique, 50 enfants s’allient aux décideurs pour soutenir l’accès aux services d’eau, d’assainissement et d’hygiène.

Ce mardi 16 JUIN 2026, à l’occasion de la Journée de l’Enfant Africain (JEA) célébrée ce jour, le Gouvernement ivoirien, à travers l’action conjointe du Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant et du Ministère de l’Hydraulique, de l’Assainissement et de la Salubrité, participe avec l’UNICEF Côte d’Ivoire à une initiative inédite. Une cinquantaine d’enfants âgés de 10 à 17 ans visitent ce matin le site de production d’eau potable de La Mé. Ce groupe, représentatif de la diversité de la jeunesse ivoirienne, est composé de membres du Parlement des enfants, de Conseils communaux, de pensionnaires des orphelinats de garçons de Bingerville et de filles de Grand-Bassam, d’enfants du Centre d’écoute des enfants de la rue de Yopougon, ainsi que d’élèves de l’École des enfants sourds et malentendants d’Abobo. Accompagnés de Jeunes Reporters et de U-Reporters, ils découvrent de manière concrète les processus techniques de potabilisation.
Placée cette année sous le thème : « Garantir l’accès universel à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène pour chaque enfant en Afrique » , la Journée de l’Enfant Africain met en lumière un enjeu majeur pour le continent. L’accent mis par l’Union africaine sur le secteur EAH (Eau, Assainissement, Hygiène) en 2026 consacre une réalité macroéconomique : la gestion durable de l’eau est le moteur de la croissance, de l’industrialisation et de la transformation sociale du continent.

L’UNICEF se félicite des progrès significatifs impulsés par l’État ivoirien pour atteindre l’accès universel à l’eau. Grâce à des investissements continus, le taux de couverture en hydraulique urbaine a franchi le cap des 78 %. En milieu rural, une politique ambitieuse d’investissement a permis le déploiement de systèmes multi-villages interconnectés.
Parallèlement, la modernisation du secteur Eau, Assainissement et Hygiène s’accélère à travers des leviers institutionnels majeurs :
- Des réformes structurelles de l’Office National de l’Eau Potable (ONEP) pour optimiser la distribution.
- Le déploiement du PASEA (Projet d’Amélioration des Performances du Secteur Eau et Assainissement) pour renforcer la gestion des eaux usées.
- La mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Promotion de l’Hygiène, ciblant les changements de comportements des ménages.
- La transformation environnementale à Abidjan, matérialisée par de nouveaux centres de valorisation et d’enfouissement technique des déchets solides.
Si la trajectoire est ascendante, les défis à relever restent complexes, notamment face à une croissance démographique rapide et une urbanisation galopante. L’accès à un assainissement adéquat affiche encore de fortes disparités (74 % en milieu urbain contre 32 % en milieu rural selon les données JMP, 2024).

Mme Koutouan C.T., Ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, a rappelé l’engagement de l’État : « C’est un devoir pour l’État de vous garantir l’accès à l’eau, mais c’est à vous d’être les garants des ressources en eau » , s’adressant directement aux jeunes visiteurs. Les représentants des ministères ont réaffirmé que « le Gouvernement ivoirien place le bien-être et les droits de l’enfant au sommet de ses priorités nationales. Les performances de notre réseau urbain à 78 % et les réformes de l’ONEP démontrent notre engagement. Relever le défi EHA dans nos communautés et au sein de nos écoles est un impératif pour le développement de notre capital humain. Nous intensifierons les investissements structurels et le déploiement du PASEA pour bâtir des systèmes équitables, résilients au changement climatique et adaptés aux besoins de chaque enfant. »
Mme Dalli, chargée de projet à l’ONEP, a expliqué aux enfants l’évolution des modes d’approvisionnement : « Avant, l’eau était tirée du sol ; maintenant, on prend les eaux de surface car la population est grandissante et les besoins sont plus importants. »
Quant au Représentant Résident de l’UNICEF en Côte d’Ivoire, Monsieur Jean-François Basse, il s’est réjoui du fait qu’en ouvrant les portes d’une infrastructure aussi stratégique que le site de La Mé à ces enfants, l’autorité publique réaffirme que leur voix reste au cœur des politiques publiques. Garantir l’accès universel au WASH est une question de justice sociale. Il a ajouté : « Lorsqu’on garantit l’eau potable aux enfants, on participe au développement, à l’industrialisation du pays mais aussi à la santé des enfants. »

Prenant la parole au nom des enfants participants, le jeune Anoi, 12 ans, a lancé un appel direct aux autorités : « Aujourd’hui, nous avons compris tout le chemin que fait l’eau pour arriver jusqu’à nous. Au nom de tous les enfants, je demande aux autorités de faire de l’eau à l’école une priorité. C’est notre droit d’étudier dans de bonnes conditions. »
En phase avec la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, l’UNICEF lance un appel aux collectivités locales, au secteur privé et aux partenaires financiers pour accentuer la convergence des ressources. Investir dans les services EAH, c’est garantir à chaque enfant le droit de survivre, d’apprendre et de bâtir l’avenir durable de la nation.



