Côte d’Ivoire : Insertion professionnelle des personnes handicapées, « Le FIPPSH, un levier opérationnel pour inverser la tendance »

Ce mardi 5 mai 2025, au siège du SIGFU, le Centre d’Information et de Communication Gouvernementale (CICG) a organisé sa traditionnelle conférence « Tout savoir sur » consacrée à l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap en Côte d’Ivoire. Face à un constat alarmant – seulement 0,7 % de personnes handicapées dans le secteur formel le président du comité de gestion du Fonds pour l’Insertion Professionnelle des Personnes en Situation de Handicap (FIPPSH), M. Konaté Ibrahim, a présenté un dispositif inédit pour transformer la loi en réalité.

« Parler d’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap, ce n’est pas parler de charité. C’est parler de droits, de dignité et de compétences. » C’est par cette déclaration forte que M. Konaté Ibrahim a ouvert les travaux, saluant l’engagement du Président Alassane Ouattara et du ministre de l’Emploi et de la Protection Sociale, Maître Adama Kamara.

La Côte d’Ivoire a ratifié la Convention n°159 de l’OIT (1999) et la Convention ONU relative aux droits des personnes handicapées (2014). Sur le plan national, la loi n°98-594 de 1998 et le Code du Travail de 2015 interdisent toute discrimination à l’embauche.

Selon le RGPH 2021, le pays compte environ 500 000 personnes en situation de handicap. Dans le secteur moderne formel (975 000 employés), seulement 6 500 d’entre elles occupent un emploi, soit 0,7 %, alors que la loi exige au moins 1 % (et 2 % pour les entreprises de plus de 100 salariés). « Voilà l’écart que nous avons collectivement la responsabilité de combler », a martelé M. Konaté.

Créé par le décret n° 2023-88 du 15 février 2023 et opérationnel depuis le 4 juillet 2024, le FIPPSH est logé à la Banque Nationale d’Investissement (BNI). Il vise à financer l’aménagement des postes de travail, l’accessibilité des locaux et l’acquisition d’équipements adaptés. Ses ressources proviennent des contributions des entreprises ne respectant pas le quota d’emploi, d’une allocation budgétaire de l’État, et de dons.

Le montant de la contribution annuelle a été fixé par arrêté interministériel du 23 avril 2024, calculé sur la base du SMIG horaire et du nombre de postes manquants. Elle est collectée par l’IPS-CNPS et reversée à la BNI.

M. Konaté a identifié quatre causes principales : les préjugés sur la productivité, l’inaccessibilité des locaux et transports, le déficit de formation qualifiante, et la méconnaissance des dispositifs d’accompagnement. « Aux employeurs qui hésitent, je dis : vous n’êtes pas seuls. Le FIPPSH est votre allié. »

Outre le quota dans le privé, l’orateur a rappelé l’existence des concours dérogatoires dans la fonction publique, signe de la volonté politique de l’État de montrer l’exemple. Il a également souligné le rôle central de la COTOREP pour la certification du statut de personne handicapée.

Appel à l’engagement collectif

En conclusion, M. Konaté a lancé trois appels :

  • Aux entreprises : la diversité est une force, et se conformer à la loi est aussi un choix de compétence.
  • Aux personnes handicapées : le FIPPSH est leur fonds, pensé avec leurs représentants (COPHCI) pour lever les obstacles concrets.
  • À la société : l’inclusion est l’affaire de tous, pas de quelques-uns.

Cinq messages à retenir: 

  • L’inclusion professionnelle est un droit, pas une faveur.
  • La Côte d’Ivoire dispose désormais d’un outil opérationnel : le FIPPSH.
  • Le respect de l’obligation d’emploi n’est pas négociable.
  • L’inclusion est l’affaire de tous.
  • L’engagement du Gouvernement est constant.

« Je remercie les personnes en situation de handicap pour leur courage, leur dignité et leur exemplarité. C’est pour vous que nous travaillons », a conclu M. Konaté, avant de saluer les journalistes, les étudiants, les internautes et l’ensemble des partenaires institutionnels (BNI, CNPS, COPHCI, etc.).

Désormais, le défi est de faire connaître le Fonds, d’instruire les premiers dossiers de financement d’ici 2027, et de mesurer l’impact sur le terrain. Le message est clair : la transition de la charité vers la compétence est en marche, et le FIPPSH en est le moteur.

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