Côte d’Ivoire : Connect Côte d’Ivoire mise sur l’économie orange pour créer de la valeur dans les territoires
Le rideau est tombé ce vendredi, au parc des expositions d’Abidjan, sur la 7ᵉ édition de Connect Côte d’Ivoire. Ouverte le mercredi 30 septembre, la manifestation s’est clôturée avec un troisième panel de haut niveau consacré à « L’économie orange, moteur de croissance des territoires », avant un concert de clôture.
La commissaire générale, Mme Nadine Bla, a défini l’économie orange comme une économie de talents, de compétences, d’innovation, d’emploi, de transmission et de rayonnement. Selon elle, le patrimoine, la gastronomie, l’artisanat, la musique, le cinéma, la mode, le design et le numérique constituent un potentiel à structurer, et non un simple héritage à préserver. « Faire d’un talent un métier, d’un savoir-faire une entreprise, d’une création une marque, d’une passion une activité durable » : tel est le défi qu’elle a fixé. Elle a formé le vœu que le panel rapproche la formation de l’emploi, la création de l’entrepreneuriat et les territoires de leurs partenaires.

Mme Bla a dressé le bilan de ces trois journées : projets présentés, expériences partagées, contacts noués, perspectives de partenariat. Elle a remercié la Première Dame, Mme Dominique Ouattara, pour le haut patronage de cette édition, ainsi que le Premier ministre, M. Robert Beugré Mambé, parrain de l’événement. Elle a salué les délégations des régions et des districts, l’Assemblée des régions et districts de Côte d’Ivoire (ARDCI), partenaire institutionnel depuis 2017, et le PNUD, qui portait cette troisième journée.
Elle a aussi souligné la signature d’un protocole d’accord entre le PNUD et Capital Connect, initiateur de Connect Côte d’Ivoire, qu’elle a qualifiée de grande fierté et de responsabilité. Sur un ton plus personnel, elle a présenté, au nom du Commissariat général, ses excuses aux participants affectés par les difficultés et manquements survenus. Elle a promis d’en tirer les enseignements pour les prochaines éditions.
La Représentante résidente du PNUD en Côte d’Ivoire, Mme Blerta Cela, s’est dite « profondément impressionnée » par la puissance créative du pays. Elle a rappelé que les exportations mondiales de services créatifs dépassent 1 000 milliards de dollars, et que la Côte d’Ivoire a une formidable carte à jouer.

Pour illustrer l’approche territoriale, elle a cité le projet de Musée-École du Balafon, développé avec le Conseil régional du Bélier et les ministères de la Culture et de la Construction. À partir du patrimoine, il vise à faire émerger l’artisanat, le tourisme culturel, l’éco-construction et l’entrepreneuriat. Elle a aussi évoqué le cinéma, qui fait travailler scénaristes, techniciens, costumiers, hôtels, restaurants et artisans. « Pourquoi pas davantage en Côte d’Ivoire ? », a-t-elle demandé.
Le PNUD et le ministère de la Culture s’engagent à bâtir les « passerelles » entre talent et compétences, créativité et financement, territoires et marché. Mme Cela a filé la métaphore du tissage : les territoires, les entreprises, le financement et le marché doivent être tissés ensemble.

La ministre de la Culture et de la Francophonie, Mme Françoise Remarck, a replacé l’économie orange dans le Plan national de développement 2026-2030. Elle a cité l’UNESCO, selon laquelle les industries culturelles et créatives représentent 3 % du PIB mondial et 6,2 % de l’emploi, soit près de 50 millions d’emplois. La Banque mondiale y voit, pour l’Afrique, une voie vers des emplois plus inclusifs et résilients pour les jeunes.
Le pays compte plus de 300 biens patrimoniaux inventoriés et plus de 700 fêtes et festivals patrimoniaux. Pour en faire un levier économique, la ministre a présenté « Côte d’Ivoire Orange 2035 ». Ce programme prévoit des pôles créatifs complémentaires dans la peinture, la musique, l’artisanat, la mode et le textile, l’audiovisuel, le design, le jeu vidéo et la création numérique. Il agira simultanément sur la gouvernance, l’entrepreneuriat, les compétences, les données, le numérique et la mobilisation des investissements. Sa trajectoire se résume ainsi : « du talent à la compétence, de la compétence à l’entreprise, de l’entreprise au marché, du marché à l’investissement, et de l’investissement à l’emploi ».
Au terme de la cérémonie, les trois intervenantes ont insisté sur la même idée : le talent existe déjà, il reste à bâtir l’écosystème qui le transformera en emplois et en richesse locale. « Dans quelques heures, les lampions vont s’éteindre », a conclu Mme Bla, en appelant à ce que les projets avancent et que les partenariats se concrétisent.



