Côte d’Ivoire : ASCOM 2026, « La communication s’impose comme un levier stratégique de performance en Afrique »

La communication ne se résume plus à la visibilité ou à la promotion d’une marque. Elle s’affirme désormais comme un véritable outil de croissance, de compétitivité et de création de valeur pour les entreprises et les institutions africaines. C’est le principal enseignement de la 13ᵉ édition des ASCOM, tenue ce jeudi 17 septembre 2026 au CRRAE-UMOA, au Plateau, autour du thème : « Communicants et entreprises : bâtir ensemble la performance ».

Réunissant professionnels de la communication, entreprises, institutions, agences, experts, jeunes talents et acteurs du digital, cette nouvelle édition a placé au cœur des échanges une question devenue incontournable : comment faire de la communication un véritable moteur de performance économique et organisationnelle ?

Depuis 19 ans, les ASCOM se sont progressivement imposés comme une plateforme majeure de réflexion et de valorisation des métiers de la communication, du marketing, des médias et de l’événementiel sur le continent africain. Pour cette 13ᵉ édition, les organisateurs ont choisi de rapprocher davantage les communicants des réalités économiques des entreprises.

Les travaux ont démarré avec une Masterclass consacrée à Influence : de la visibilité à la performance. L’objectif : montrer comment l’audience, les contenus, l’influence et l’engagement peuvent être transformés en résultats concrets, notamment en matière de notoriété, de confiance, d’acquisition et de fidélisation des clients.

Cette session a permis aux participants d’explorer des approches pratiques pour mieux mesurer l’impact des stratégies d’influence et dépasser la seule logique de visibilité.

Les échanges se sont poursuivis autour des grandes mutations qui traversent le secteur. La contraction des budgets, l’intensification de la concurrence, l’essor de l’intelligence artificielle, la transformation numérique, l’évolution des métiers et la recherche de nouveaux modèles économiques ont alimenté les discussions.

Dans son mot de bienvenue, Michel Russel Lohoré, Président-Fondateur des ASCOM, a rappelé la vision qui accompagne l’événement depuis sa création. « La communication n’est pas une dépense accessoire. Elle est un investissement, un levier de réputation, de compétitivité et de performance. »

Pour lui, les métiers ont profondément évolué au cours des dernières années. Au-delà de la communication traditionnelle, le digital, les réseaux sociaux, l’influence, la création de contenus, la data et désormais l’intelligence artificielle ont redéfini les pratiques et fait émerger de nouveaux profils.

Le thème retenu pour cette édition traduit donc une volonté de rapprochement entre les décideurs et les professionnels de la communication. L’ambition est de permettre aux communicants de mieux appréhender les enjeux économiques et stratégiques des organisations qu’ils accompagnent.

Michel Russel Lohoré a également salué le soutien des ministres Amadou Coulibaly et Françoise Remarck, ainsi que la participation du Keynote Speaker Didier Acouetey et de l’ensemble des intervenants.

La grande conférence inaugurale a été animée par Didier Acouetey, Fondateur du Groupe AfricSearch. Créé en 1996, le cabinet s’est développé autour des questions liées aux talents, au recrutement et aux ressources humaines en Afrique. Didier Acouetey est également le fondateur de l’Africa SME Champions Forum, une initiative consacrée notamment à la promotion de l’entrepreneuriat africain.

Dans son intervention, il a défendu une conception de la communication directement connectée aux enjeux de développement. « Il faut remettre au cœur des économies africaines ce puissant levier de la transmission d’informations qu’est la communication », a-t-il déclaré, regrettant que la communication puisse parfois être réduite à sa seule dimension artistique sans parvenir à démontrer son impact sur la performance des entreprises.

Pour Didier Acouetey, la performance dépasse d’ailleurs la seule dimension financière. Elle concerne également l’organisation, l’image, les relations, les partenariats et la capacité à construire des écosystèmes durables.

Une place particulière a été accordée aux PME, considérées comme des acteurs essentiels de la transformation économique du continent. Pour l’expert, les communicants doivent davantage s’intégrer à cet écosystème afin d’accompagner les petites et moyennes entreprises dans leur développement.

Didier Acouetey estime que le continent dispose d’un patrimoine culturel et historique suffisamment riche pour construire des stratégies de communication originales et puissantes.

Il invite ainsi les entreprises africaines à puiser dans les traditions, les proverbes et les figures historiques de la transmission orale, notamment dans l’héritage des griots et des grands maîtres de la parole.

Pour lui, raconter l’histoire d’une entreprise, c’est aussi raconter une trajectoire, une identité et une vision du futur.

L’expert a également attiré l’attention sur la responsabilité des dirigeants, dont le comportement peut avoir des répercussions directes sur l’image de l’entreprise. D’où, selon lui, la nécessité d’une cohérence entre l’image portée par les dirigeants et celle que l’organisation souhaite construire.

Invité spécial de cette édition, Dr Kanigui M. Hyacinthe Ouattara, Président du Conseil d’administration de la Fédération Ivoirienne des PME, a apporté un éclairage spécifique sur les réalités des petites et moyennes entreprises.

Son message est clair : la communication ne produit pas mécaniquement la croissance, mais elle permet à la valeur créée par une entreprise d’être connue, comprise et reconnue.

Avec la transformation numérique, les PME disposent désormais d’outils autrefois principalement accessibles aux grandes entreprises : réseaux sociaux, commerce électronique, référencement, vidéo, WhatsApp Business ou encore intelligence artificielle.

Mais l’enjeu, selon lui, n’est pas de multiplier les canaux sans stratégie. « L’enjeu n’est pas d’être partout. Trop de communication tue la communication. Une PME n’a pas besoin de communiquer plus, elle doit communiquer juste. », a-t-il dit.

Pour Dr Ouattara, la communication constitue désormais un véritable outil d’accès au marché. Elle peut permettre aux PME de conquérir de nouveaux clients, fidéliser leur clientèle, renforcer leur marque, développer leurs ventes en ligne, intégrer des chaînes de valeur ou encore préparer leur accès aux marchés internationaux.

Il a plaidé pour le développement de dispositifs accessibles aux PME, notamment des programmes d’accompagnement, des formations courtes en marketing digital, des agences spécialisées, des plateformes de visibilité et des campagnes collectives de promotion des produits locaux.

Il a également insisté sur la nécessité de construire la réputation dans la durée, en communiquant sur des éléments tangibles tels que la qualité des produits et services, la transparence, le respect des délais, les certifications, les références clients, la responsabilité sociale et environnementale ainsi que les résultats obtenus.

La journée s’est achevée avec la cérémonie des ASCOM Awards, consacrée à la reconnaissance des entreprises, institutions, agences, campagnes et professionnels ayant contribué à l’évolution des métiers de la communication en Afrique.

Une trentaine de lauréats issus de différents secteurs d’activité ont été distingués pour leur créativité, leur innovation et leur impact, en présence de Françoise Remarck, Ministre de la Culture et de la Francophonie.

Représentant le parrain de la cérémonie, Amadou Coulibaly, Ministre de la Communication et Porte-Parole du Gouvernement, Goore Bi Hué a salué la longévité et la contribution des ASCOM à la structuration de l’écosystème de la communication.

Il a rappelé que la communication est désormais devenue un levier stratégique pour les entreprises et les institutions, notamment dans la construction de la réputation, le développement de la croissance et le renforcement de la confiance.

Le représentant du ministre a également évoqué les réformes engagées dans le secteur publicitaire, notamment la dématérialisation des procédures d’autorisation, la cartographie des emplacements publicitaires et la mise en place d’un système intégré de gestion comprenant neuf modules numériques.« Nous travaillons à consolider un écosystème pour le renforcement de la performance dans notre secteur », a-t-il déclaré.

Il a par ailleurs rendu hommage aux professionnels du secteur, estimant que leur expertise, leur créativité et leur engagement demeurent indispensables à la performance des entreprises et des institutions.

À l’issue de la cérémonie, le Président-Fondateur des ASCOM s’est réjoui de la qualité et de la diversité des participants.

Il a notamment relevé la présence de profils issus de différents univers, des dirigeants et experts aux jeunes communicants et influenceurs, reflet, selon lui, des profondes transformations que connaît aujourd’hui le secteur.

Cette édition revêtait également une dimension particulière puisqu’elle marquait les 19 ans des ASCOM. « C’est une belle satisfaction parce que c’est 19 ans aujourd’hui. Il n’y a pas beaucoup de gens qui peuvent revendiquer une telle ancienneté, un événement axé sur la communication en Afrique et porté pendant 19 ans par un promoteur indépendant », a-t-il souligné.

Le regard est désormais tourné vers 2027.« Nous allons mettre les équipes en branle pour préparer la 20e édition des ASCOM qui aura lieu l’année prochaine. »

Après avoir reçu son trophée, Didier Acouetey a salué le travail accompli par les ASCOM au fil des années.

Il a notamment présenté l’événement comme une célébration des talents africains et de l’histoire du continent.

Pour lui, la communication dépasse la simple logique commerciale. Elle contribue à façonner les représentations, à raconter les trajectoires et à construire une vision collective de l’avenir.

Dans un contexte marqué par l’intelligence artificielle, il estime que les professionnels de la communication ont plus que jamais un rôle à jouer dans la construction et la transmission du récit africain.

Après cette 13ᵉ édition, les regards se tournent désormais vers 2027, année qui marquera le 20ᵉ anniversaire des ASCOM.

Pour cette édition anniversaire, le Country Branding sera au cœur des réflexions, avec une attention particulière portée au Soft Power, à l’image et au rayonnement international des pays africains.

L’enjeu sera notamment de réfléchir à la manière dont les États africains peuvent mieux maîtriser leurs récits, valoriser leurs réussites et renforcer leur attractivité.

Après 19 années consacrées à réunir les professionnels et à mettre en lumière les transformations du secteur, les ASCOM entendent ainsi poursuivre leur mission : créer des espaces de réflexion, connecter les talents, valoriser les initiatives et anticiper les évolutions des métiers.

La 13ᵉ édition aura, en définitive, placé une idée au centre des échanges : la communication africaine ne doit plus être pensée uniquement comme un outil de visibilité, mais comme un levier de performance, de croissance, d’identité et de rayonnement.

Un nouveau chapitre s’ouvrira donc en 2027, avec une édition anniversaire qui entend prolonger cette réflexion autour du rôle de l’Afrique dans la construction de ses propres récits et de son image à l’échelle internationale.

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