Côte d’Ivoire : Fréquences radioélectriques, « l’AIGF rassure sur les ondes et affiche ses résultats dans la gestion des fréquences »

Invité d’honneur de la rencontre « Tout savoir sur », organisée ce mardi par le Centre d’information et de communication gouvernementale (CICG) au siège de SIGFU, Bamba Aliou,  Directeur de la Gestion Nationale des Fréquences , a présenté les missions et les résultats de l’agence. Il a aussi répondu aux inquiétudes sur la santé et sur le brouillage. Thème : « La gestion et le contrôle des fréquences radioélectriques en Côte d’Ivoire ».

Pour M. Bamba, les fréquences sont une ressource « invisible » que l’on utilise sans y penser. Elles servent à passer un appel, écouter la radio, regarder la télévision, se connecter à Internet sans fil, mais aussi à la navigation aérienne et maritime, à la défense et à la sécurité. Une simple télécommande fonctionne grâce à elles. Cette ressource rare relève du domaine public de l’État.

Créée par l’ordonnance n° 2012-293 du 21 mai 2012, l’AIGF est placée sous la tutelle du ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique. Elle planifie, attribue et contrôle les fréquences sur l’ensemble du territoire national. Ses missions ont été confortées par la loi n° 2024-352 du 6 juin 2024 relative aux communications électroniques.

Entre 2022 et 2025, le nombre de stations radioélectriques autorisées chaque année est passé de 562 à plus de 2 000. Le nombre de sites est passé de 321 à près de 700. L’agence contrôle plus de 1 500 sites par an. Elle a aussi contrôlé 154 navires et plateformes en mer et notifié près de 770 assignations de fréquences à l’Union internationale des télécommunications (UIT).

Sur la question de la santé, le DG a rappelé que l’exposition du public est encadrée par le décret du 10 avril 2019. Ce texte fixe les valeurs limites d’exposition au rayonnement non ionisant, conformément aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé. En 2025, l’AIGF a réalisé plus de 3 400 points de mesure dans une cinquantaine de localités. Elle restitue ensuite les résultats aux populations avec sa caravane « AIGF Tour », qui explique dans un langage accessible les niveaux d’exposition et les précautions à prendre.

M. Bamba Aliou a rappelé que les ondes électromagnétiques existent depuis toujours, le soleil en émettant par exemple. Le spectre se divise en rayonnements ionisants et non ionisants. Les télécommunications relèvent des seconds, dont l’énergie est insuffisante pour ioniser l’atome et modifier la structure de l’ADN. Selon lui, malgré des recherches intensives menées depuis les années 2000, « aucune agence sanitaire » n’a mis en évidence d’effet nocif sur la santé.

Il a toutefois appelé à respecter la souffrance des personnes qui s’estiment affectées : ce qu’elles ressentent est réel, mais l’attribuer aux ondes ne relève pas de la science, qui n’a pas établi de lien de cause à effet.

Il a illustré son propos par une plainte reçue au deuxième trimestre, à Man. Une habitante attribuait ses maux de tête à une antenne installée près de son domicile. Une équipe de l’AIGF s’est déplacée et a effectué des mesures. Le niveau d’exposition s’est révélé très bas, très en dessous de la limite réglementaire de 61 volts par mètre. Si les seuils avaient été dépassés, a-t-il précisé, l’antenne aurait été démontée.

L’agence reçoit environ quinze plaintes par trimestre, contre 57 l’année dernière. Elle regroupe ses interventions en missions tous les deux à trois mois. Une prochaine mission couvrant cinq villes, dont Bouaké, est prévue sur 12 jours dès la semaine prochaine, si la direction générale l’autorise. Ces missions se terminent généralement par la satisfaction du plaignant, a indiqué M. Bamba, même si des riverains s’opposent parfois à l’implantation de sites par crainte des ondes.

Cette année, l’AIGF a reçu 54 cas de brouillage et les a tous traités, soit 100 %. Sans désigner de service en cause, M. Bamba a souligné leur gravité : ils dégradent la qualité des réseaux et, lorsqu’ils touchent le service aéronautique, ils posent un risque de sécurité. Il a évoqué le cas d’un pilote en approche qui entend de la musique au lieu des consignes de la tour de contrôle.

Le directeur a détaillé la chaîne d’attribution. L’UIT élabore, lors de la Conférence mondiale des radiocommunications tenue tous les quatre ans, le Règlement des radiocommunications, un traité international qui s’impose aux États. La Côte d’Ivoire en tire son Tableau national d’attribution des bandes de fréquences (TNAF), qui définit l’usage de chaque bande : téléphonie mobile, radiodiffusion, sécurité, GPS.

Selon lui, les affectataires demandent ensuite de grands blocs de fréquences à l’AIGF. Ce sont l’Autorité de régulation des télécommunications/TIC de Côte d’Ivoire (ARTCI), la Haute autorité de la communication audiovisuelle, l’Autorité nationale de l’aviation civile, les ministères de la Défense et de l’Intérieur, ou encore la Direction générale des affaires maritimes. L’AIGF vérifie la disponibilité de la bande, contrôle qu’elle est « saine », c’est-à-dire sans utilisation frauduleuse, puis la met à disposition par décision de son directeur général. Les affectataires assignent ensuite des fréquences à des tiers : opérateurs, sociétés de gardiennage, réseaux privés indépendants.

Pour terminer, le directeur de la gestion a réaffirmé l’engagement de l’agence : garantir un spectre sain, surveiller l’exposition des populations et accompagner la transformation numérique du pays d’ici 2030. Il a insisté sur le renouvellement des équipements et sur la formation continue des agents, priorité du directeur général de l’agence, le Dr Yakouba Coulibaly, car une agence performante repose sur des outils de pointe et un personnel qualifié.

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