Côte d’Ivoire : À Adjamé-Bingerville, deux écoles préscolaires expérimentent une nouvelle approche de l’environnement scolaire

Végétalisation, potager pédagogique, réemploi de matériaux, BTP vert et sensibilisation aux valeurs : à l’occasion de la rentrée scolaire 2026-2027, deux établissements préscolaires d’Adjamé-Bingerville expérimentent une approche visant à rapprocher éducation, environnement et bien-être de l’enfant.

C’est dans un cadre entièrement rénové que les élèves des deux établissements préscolaires d’Adjamé-Bingerville ont été accueillis ce lundi 14 septembre 2026, jour de la rentrée scolaire en Côte d’Ivoire. Et si l’école ne se limitait plus à ses salles de classe ? Et si les arbres, les plantes, le potager, les espaces aménagés et même les matériaux réemployés pouvaient contribuer à l’éducation des enfants ?

C’est l’expérience engagée dans deux établissements préscolaires d’Adjamé-Bingerville à l’occasion de la rentrée scolaire 2026-2027. Le préscolaire Akouai Djemin 2, dirigé par Mme N’DRI TOWA PÉLAGIE AFFOUÉ, vice-présidente du COGES d’Adjamé-Bingerville, et le préscolaire Akwè 1, dirigé par Mme ETTE BÉATRICE, accueillent une initiative portée par BMT COMPANY, en collaboration avec l’ONG Lueur d’Espoir.

L’objectif affiché est de repenser l’environnement scolaire en associant plusieurs dimensions : BTP vert, végétalisation, aménagement paysager, réemploi, éducation environnementale et bien-être.

Les espaces extérieurs des deux établissements ont ainsi fait l’objet d’aménagements intégrant notamment des plantations et des zones végétalisées autour des salles de classe et des cantines.

À Akouai Djemin 2, l’expérience va plus loin avec la mise en place d’un potager pédagogique. Les enfants peuvent ainsi être sensibilisés au vivant et découvrir, à leur niveau, les plantes, le sol, la croissance et l’entretien des cultures.

L’idée est simple : transformer certains éléments du cadre scolaire en supports d’apprentissage.

Une plante peut être observée et entretenue. Un potager peut permettre de comprendre le cycle du vivant. Un espace vert peut devenir un point de départ pour aborder la biodiversité, la responsabilité et la protection de l’environnement.

La démarche intègre également la question du réemploi des matériaux. Certains matériaux récupérables, notamment des carreaux, ont été réutilisés dans les aménagements.

Il s’agit, selon les promoteurs, d’introduire progressivement dans l’environnement scolaire des notions liées à l’économie circulaire et à la consommation responsable.

Cette approche entend ainsi démontrer que la transition écologique peut également commencer par des gestes concrets et visibles dans les lieux fréquentés quotidiennement par les enfants.

La coordination de l’intervention a été assurée par Mme Anzoumane Aminata, cofondatrice du projet et directrice générale de BMT COMPANY. Elle a veillé à la cohérence des différentes composantes de l’initiative ainsi qu’à la coordination des intervenants.

La démarche bénéficie également de l’apport de BMT Green Academy, le pôle de formation de BMT COMPANY, qui intervient notamment dans les domaines du BTP vert, de l’écologie, du développement durable, de l’agriculture urbaine et du design durable.

À cette dimension environnementale s’ajoute une dimension éducative et comportementale avec le programme « La Noblesse du Cœur », consacré notamment au savoir-vivre, au respect et à la qualité des relations humaines.

Pour Dakoua Amelan Marie-Thérèse épouse Bayiha, PDG de BMT COMPANY et fondatrice de BMT Green Academy, cette vision s’inscrit dans une conviction résumée par une formule : « Bâtir sain ».

Cette expression dépasse la seule construction technique. Elle renvoie également à la manière de concevoir les espaces, de les utiliser et d’en mesurer les effets sur ceux qui les fréquentent.

Derrière les aménagements réalisés, les promoteurs défendent donc une idée plus large : l’environnement scolaire peut lui-même devenir un outil pédagogique.

L’enfant n’apprend pas uniquement à travers les livres ou les cours. Il apprend également par l’observation, la manipulation, l’expérience et son rapport à l’espace qui l’entoure.

Dans cette perspective, une école plus verte ne serait pas seulement une école plus agréable. Elle pourrait également contribuer à développer chez l’enfant des réflexes liés à la protection de la nature, au respect des espaces communs et à la responsabilité collective.

L’expérience menée à Adjamé-Bingerville pose ainsi une question qui dépasse les deux établissements concernés : quelle place l’environnement doit-il occuper dans la conception des écoles ivoiriennes ?

Pour BMT COMPANY et l’ONG Lueur d’Espoir, cette initiative constitue une première expérience concrète autour de l’articulation entre éducation, environnement, aménagement et bien-être.

L’ambition ne s’arrête d’ailleurs pas au préscolaire. La poursuite de la sensibilisation des jeunes aux valeurs, au respect et au savoir-vivre figure parmi les perspectives du programme La Noblesse du Cœur, dont un déploiement dans les établissements secondaires est envisagé pour la prochaine année scolaire, sous réserve des autorisations nécessaires.

À Adjamé-Bingerville, l’expérience invite ainsi à regarder l’école autrement. Il ne s’agit plus seulement de construire des murs pour accueillir des élèves, mais de concevoir des espaces capables, eux aussi, d’éduquer.

Car rendre une école plus verte n’est peut-être que la première étape. L’enjeu, à terme, est de faire de l’environnement scolaire un véritable lieu d’apprentissage de la vie et de la responsabilité envers les générations futures.

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