Côte d’Ivoire : Crise pétrolière, « Près de 200 milliards de FCFA d’efforts consentis par l’État »

Le Gouvernement ivoirien a annoncé un ajustement du prix des carburants à la pompe, applicable dès le 1er août 2026. Le litre de Super passe de 875 à 905 FCFA, soit une hausse de 3,43 %, tandis que le Gasoil augmente de 700 à 725 FCFA, soit 3,57 % de plus. Une mesure qui se veut le résultat de la persistance d’une crise pétrolière internationale majeure, mais dont l’impact réel sur les usagers a été fortement atténué par les efforts consentis par l’État.

À l’origine de cette hausse, un contexte géopolitique tendu. Depuis le 28 février 2026, le conflit armé au Moyen-Orient a provoqué la quasi-fermeture du détroit d’Ormuz, point de passage stratégique par lequel transite près d’un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde. Cette perturbation majeure de la chaîne d’approvisionnement mondiale a fait flamber les cours du baril, qui est passé de 71 dollars en février 2026 à un pic de 144 dollars en avril de la même année, avant de redescendre autour de 90 dollars fin juillet 2026, un niveau qui demeure très supérieur à celui d’avant-crise.

Face à cette flambée des cours internationaux, la Côte d’Ivoire n’a pas fait exception. En effet aucun pays n’a pu éviter la répercussion de la hausse du prix du baril sur les prix à la pompe. L’État ivoirien avait pourtant maintenu les tarifs inchangés jusqu’à fin avril 2026, avant de consentir un premier ajustement en mai, portant le Super de 820 à 875 FCFA et le Gasoil de 675 à 700 FCFA le litre.

La persistance de la crise aurait dû conduire, pour le mois d’août 2026, à des prix à la pompe de 1 120 FCFA pour le Super (contre 875 FCFA, soit une hausse de 245 FCFA) et de 894 FCFA pour le Gasoil (contre 700 FCFA, soit 194 FCFA de plus). Le Gouvernement a toutefois choisi de ne pas répercuter l’intégralité de cette hausse sur les consommateurs, limitant l’ajustement à 30 FCFA sur le Super et 25 FCFA sur le Gasoil. Au total, les efforts consentis par l’État pour amortir le choc des prix internationaux sont évalués à près de 200 milliards de FCFA à fin août 2026.

Si les récentes découvertes d’hydrocarbures, à l’image des gisements Baleine, Calao et même Murphy, alimentent l’espoir d’une plus grande souveraineté énergétique, la Côte d’Ivoire demeure aujourd’hui un producteur modeste, avec une capacité maximale actuelle de 75 000 barils par jour. Le pays ambitionne de porter cette production à 200 000 barils/jour à l’horizon 2030, puis à 500 000 barils/jour en 2035. En l’état, ce niveau de production ne permet pas encore de dégager des revenus suffisants pour absorber durablement les chocs exogènes sur le marché mondial. Les autorités rappellent d’ailleurs que les prix des produits pétroliers restent déterminés par l’équilibre mondial entre l’offre et la demande, et qu’aucun pays ne peut se prétendre définitivement à l’abri de telles pressions.

Cet ajustement mesuré au regard de l’ampleur de la crise internationale, illustre la volonté du Gouvernement de préserver le pouvoir d’achat des ménages tout en tenant compte des réalités du marché pétrolier mondial.

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