Côte d’Ivoire : Green Tech Mobility, « l’Afrique se dote d’un programme d’excellence pour former ses futurs leaders de la transition écologique »

L’Université Nangui Abrogoua a abrité ce mardi 28 juillet 2026 la cérémonie de lancement officiel du projet Green Tech Mobility, une initiative financée par l’Union européenne qui ambitionne de former une nouvelle génération de talents africains capables de concevoir des solutions innovantes pour une Afrique durable. Porté par un consortium de sept établissements d’enseignement supérieur de Côte d’Ivoire, du Ghana, du Kenya et du Rwanda, le projet mise sur la mobilité académique et la recherche pour répondre aux défis climatiques et énergétiques du continent.

C’est dans l’amphithéâtre Aïdara Daouda de l’Université Nangui Abrogoua (UNA) que s’est tenue, ce mardi 28 juillet 2026, la cérémonie de lancement du projet Green Tech Mobility. Devant un parterre d’universitaires, de représentants diplomatiques, de partenaires institutionnels et d’étudiants, les acteurs de cette initiative ont détaillé les ambitions d’un programme appelé à devenir une référence en matière de coopération universitaire africaine.

« J’ai réalisé que l’Afrique ne manquait pas de talents. Nos universités regorgent d’étudiants brillants, nos laboratoires produisent des recherches de qualité. Ce qui nous manque parfois, ce n’est pas l’intelligence, c’est la possibilité de connecter les talents et de leur permettre d’apprendre les uns des autres, de construire ensemble et de répondre collectivement aux grands défis de notre continent. »

C’est par ces mots que le professeur Djéni N’dédé Théodore, coordonnateur du projet Green Tech Mobility.Pour lui, Green Tech Mobility est bien plus qu’un simple programme financé par l’Union européenne : « C’est une vision, celle d’une Afrique où la circulation des connaissances devient aussi naturelle que la circulation des idées. »

Le projet entend en effet briser les frontières académiques pour permettre aux étudiants et chercheurs ivoiriens, ghanéens, rwandais et kényans de se former, d’échanger et de collaborer au sein d’un réseau d’excellence. Concrètement, Green Tech Mobility prévoit plusieurs types de mobilités :

  • Des mobilités de master pour permettre à des étudiants de se former dans des institutions partenaires,
  • Neuf bourses de formation doctorale pour mener des recherches de qualité sur des thématiques environnementales,
  • Des stages professionnels pour de jeunes diplômés, en lien direct avec les besoins des entreprises et des territoires,
  • Des mobilités pour le personnel académique, afin de renforcer les compétences pédagogiques et les capacités de recherche des enseignants-chercheurs.

« Nous travaillons avec les entreprises pour recevoir leurs problématiques et formaliser des thématiques de recherche qui résolvent directement des problèmes concrets de la société », a précisé le professeur Djéni.

« L’Université Nangui Abrogoua est particulièrement fière de coordonner ce projet financé par l’Union européenne. Cette responsabilité honore notre institution et traduit la reconnaissance de son engagement en faveur de la recherche, de l’innovation et de l’ouverture internationale. »

C’est en ces termes que la présidente de l’Université Nangui Abrogoua, le Professeur Yoboué Véronique, a accueilli les participants. Elle a souligné que Green Tech Mobility réaffirme l’ambition de son établissement de former une nouvelle génération de talents africains capables d’innover et d’apporter des solutions aux enjeux environnementaux du continent.

« Ce projet est aussi une formidable opportunité de renforcer les échanges scientifiques, la mobilité académique et les partenariats entre les universités africaines », a-t-elle ajouté, avant de remercier chaleureusement l’Union européenne pour sa confiance, ainsi que l’ensemble des universités partenaires.

La présidente de l’UNA a également tenu à saluer la présence des représentants diplomatiques, en particulier ceux des ambassades d’Allemagne, du Ghana et du Kenya, dont la présence illustre, selon elle, « l’importance que vous accordez à la coopération scientifique et au renforcement des liens entre nos institutions ». Elle a enfin adressé ses remerciements au ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique pour son soutien constant à l’internationalisation des universités ivoiriennes.

La cérémonie a également été marquée par la signature d’un mémorandum d’entente entre les sept établissements du consortium, officialisant leur engagement commun. Des protocoles d’accord avec des partenaires industriels et institutionnels ont également été paraphés, afin de garantir l’alignement entre la formation, la recherche et les besoins du secteur économique.

« Green Tech Mobility n’a pas été conçu uniquement pour les universités. Il a été conçu pour rapprocher le monde académique du monde économique, parce que les innovations n’ont de valeur que lorsqu’elles répondent à des besoins réels », a insisté le professeur Djéni, appelant les entreprises et les institutions publiques à s’engager pleinement dans cette dynamique partenariale.

Intervenant à la cérémonie de lancement, l’ambassadeur d’Allemagne en Côte d’Ivoire, Matthias Veltin, a expliqué que le soutien de son pays au projet Green Tech Mobility s’inscrit dans la stratégie Global Gateway de l’Union européenne, qui vise à renforcer le partenariat avec l’Afrique en investissant non seulement dans les infrastructures, mais aussi dans le capital humain. Il a souligné que la participation d’une université allemande, la TH Köln (Université technique de Cologne), illustre l’engagement de l’Allemagne à contribuer au transfert de technologies, au partage d’expertises et au développement de solutions dans les domaines des énergies renouvelables, de la mobilité durable et de l’économie circulaire.

Pour le diplomate, la principale valeur ajoutée du programme réside toutefois dans le renforcement de la coopération entre les universités et les centres de recherche africains. Selon lui, Green Tech Mobility n’a pas vocation à promouvoir un modèle de coopération Nord-Sud classique, mais à favoriser les échanges entre institutions africaines afin qu’elles développent ensemble des réponses adaptées aux défis du continent. Il a enfin précisé que l’appui allemand se traduit à la fois par sa contribution au financement de l’Union européenne et par l’implication directe de la TH Köln au sein du consortium.

Prenant la parole au nom du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le Professeur Adama Diawara, M. Siaka Dr Bamba Barthélémy a transmis les félicitations du gouvernement à l’université Nangui Abrogoua, au professeur Djéni et à l’ensemble des partenaires du consortium.

« Cette initiative est une fierté pour notre pays », a-t-il déclaré, avant de souligner que l’événement illustre l’évolution du rôle des universités africaines : « Elles ne sont plus seulement des lieux de transmission des connaissances, elles sont désormais des acteurs essentiels de la recherche, de l’innovation et du développement économique. »

M Bamba a rappelé que le gouvernement ivoirien investit massivement dans les infrastructures, les énergies renouvelables et la transition vers une économie durable. Mais, a-t-il prévenu, « ces investissements ne produiront leurs effets que si nous disposons de femmes et d’hommes qualifiés pour les concevoir, les développer et les faire prospérer ». À cet égard, Green Tech Mobility répond parfaitement à l’ambition nationale de renforcement du capital humain.

Il a également salué l’engagement de l’Union européenne et la présence des ambassades, avec une mention particulière pour l’Allemagne : « Grâce à l’engagement constant de l’Allemagne, notamment à travers ses nombreuses coopérations universitaires, des générations d’étudiants et de chercheurs africains ont pu renforcer leurs capacités et développer des collaborations durables. »

Le professeur Djéni N’dédé Théodore a tenu à adresser une reconnaissance particulière à Son Excellence l’ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne, présent à la cérémonie. Il a rappelé que l’Allemagne est, depuis des années, un partenaire majeur de la recherche et de l’enseignement supérieur en Afrique, contribuant à former des générations de chercheurs à travers ses universités, ses organismes de coopération et ses programmes de mobilité.

« Ces acquis ont non seulement enrichi mes activités de recherche, mais ils m’ont également permis de développer des collaborations internationales et aujourd’hui de coordonner une initiative d’envergure », a-t-il confié, avant d’exprimer un vœu personnel : « Nous espérons sincèrement que ces programmes de soutien à la recherche et au renforcement des capacités en Afrique pourront être préservés et continuer à accompagner la prochaine génération de chercheurs africains. »

Le coordonnateur du projet a également adressé un message direct aux étudiants, premiers bénéficiaires de l’initiative. « Ne considérez jamais une mobilité comme un simple voyage. Considérez-la comme une responsabilité, celle d’apprendre, de découvrir, de partager et de revenir enrichir votre pays de ce que vous avez appris ailleurs. L’Afrique a besoin de femmes et d’hommes capables de construire des ponts entre les savoirs et les cultures, entre les nations. »

Il a conclu son allocution par une conviction personnelle : « Dans quelques années, peu de personnes se souviendront du montant du financement. En revanche, nous espérons tous nous souvenir des chercheurs que nous aurons formés, des collaborations que nous aurons créées, des innovations qui auront vu le jour et des vies que ce projet pourra contribuer à transformer. C’est cela la véritable réussite. »

Au-delà des discours, c’est une véritable dynamique collective qui s’est dessinée au fil des interventions. Tous les acteurs, universités, pouvoirs publics, partenaires diplomatiques et secteur privé ont partagé la même conviction : les défis du changement climatique, de la transition énergétique, de la sécurité alimentaire et de l’économie circulaire dépassent les frontières. Les réponses doivent donc, elles aussi, les dépasser.

« Ensemble, nous démontrons que les défis de demain ne pourront être relevés que par des partenariats solides entre les universités, les pouvoirs publics et le secteur privé », a résumé la présidente Yoboué Véronique.

Un pari ambitieux, mais qui repose sur une certitude, rappelée par le professeur Djéni : « Les compétences ne s’achètent pas. Elles se construisent, elles se transmettent, elles se cultivent. Et c’est précisément la mission des universités. »

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