Côte d’Ivoire : Coopération Yopougon-Bâle, « Un modèle de coopération internationale fondé sur la confiance et l’innovation »

Ce mercredi 1er avril 2026, c’est dans une salle comble de la mairie de Yopougon que s’est tenu, ce mercredi, un atelier stratégique d’une importance capitale pour l’avenir de la coopération décentralisée ivoiro-suisse. Véritable trait d’union entre la plus grande commune d’Abidjan et le canton de Bâle-Ville, cette rencontre visait à poser les jalons de la deuxième phase (2026-2029) d’un partenariat social unique en son genre, désormais recentré sur deux piliers majeurs du développement local : la santé et la culture.

Présidé par le Député-Maire de Yopougon, Adama Bictogo, et en présence de l’Ambassadeur de Suisse en Côte d’Ivoire, Dominique Favre, cet atelier a réuni autorités locales, experts techniques, chercheurs et acteurs communautaires autour d’un objectif commun : transformer l’essai réussi d’une première phase (2021-2024) en un programme pluriannuel structurant et durable.

Selon les organisateurs, depuis 2021, la coopération entre Bâle et Yopougon a permis des avancées concrètes. La construction d’un centre de santé, salué par le professeur Coulibaly pour la qualité de ses soins, a considérablement réduit la mortalité infanto-juvénile dans la commune. Dans le domaine de l’éducation, la réhabilitation d’écoles et la création d’une cantine scolaire ont favorisé une hausse de la fréquentation scolaire, tandis que des projets théâtraux conjoints ont jeté des ponts culturels entre les deux villes.

« Ce partenariat constitue un exemple concret de coopération décentralisée basée sur la confiance et le partage d’expériences, » a souligné Adama Bictogo dans son discours d’ouverture. « Ensemble, nous avons amélioré le service rendu aux populations. Aujourd’hui, il s’agit d’aller plus loin en identifiant des priorités adaptées aux besoins immenses de Yopougon, cette commune au taux de natalité le plus élevé de Côte d’Ivoire. »

L’atelier s’inscrit dans une dynamique de maturation institutionnelle. En 2025, une évaluation externe menée par le bureau KEK-CDC a confirmé la pertinence du partenariat tout en recommandant une concentration thématique et une clarification des rôles. Parallèlement, l’adoption en mai 2025, par le parlement bâlois, de la Loi sur la coopération internationale a offert un nouveau cadre stratégique à cette collaboration.

C’est ainsi que la phase II, en cours de planification depuis janvier 2026, se concentrera exclusivement sur deux axes répondant aux critères stricts de cette nouvelle loi :

  • La santé : Renforcement du système de santé, santé maternelle et infantile, santé mentale, et lutte contre les inégalités.
  • La culture comme levier de réduction de la pauvreté : Inclusion sociale, promotion de la jeunesse, prévention des violences et développement de compétences et de revenus dans le secteur créatif.

« Pour Bâle, il est essentiel de réfléchir ensemble à la valeur ajoutée que nous pouvons apporter. Nous devons collaborer non seulement avec la commune, mais aussi avec les partenaires scientifiques et du secteur privé, » a affirmé Tandiwé Erlmann, directrice générale du développement et de coopération de Bâle-Ville, soulignant l’importance de la co-construction.

Au-delà des chiffres et des projets, c’est la qualité de la relation entre les deux parties qui a été mise en avant. L’Ambassadeur Dominique Favre a rappelé les racines profondes de cette amitié, ancrée dans l’histoire du Centre Suisse de Recherches Scientifiques (CSRS), présent à Yopougon depuis 1951.

« Ce qui donne sa richesse à ce partenariat, ce sont nos différences. Bâle n’est pas Yopougon, et Yopougon n’est pas Bâle. Mais nous travaillons d’égal à égal, en échangeant nos savoirs, » a-t-il déclaré, évoquant l’excellente collaboration entre l’Institut Tropical de Bâle et les chercheurs ivoiriens. « Ce respect mutuel permet de bâtir des ponts et de contribuer à un monde plus juste. »

La dimension institutionnelle du partenariat a été saluée par la Direction Générale de la Décentralisation et du Développement Local (DGDDL). Représentant le Directeur Général, Mme Kouibéon Née Kokora a insisté sur la nécessité d’une planification rigoureuse et d’un alignement sur les politiques publiques nationales.

« Une chose est de signer des accords, une autre est de les traduire en initiatives concrètes, » a-t-elle rappelé. « Cet atelier est exemplaire. Le succès de ce partenariat repose sur trois piliers : la confiance, la transparence dans la gestion et la durabilité des projets. La DGDDL soutiendra toutes les initiatives issues de cette dynamique. »

Au terme de la journée, les participants ont validé les conclusions de l’analyse de situation dans les secteurs de la santé et de la culture, ont priorisé les domaines d’intervention et obtenu un consensus sur le concept stratégique de la phase II. Les conditions de mise en œuvre, les facteurs de succès et les modalités opérationnelles ont également été clarifiés.

Ce travail de planification aboutira, dans les prochains mois, à l’élaboration d’un programme pluriannuel 2026-2029, sous réserve d’un accord final sur les principes de collaboration. Pour les habitants de Yopougon, cette dynamique laisse entrevoir la promesse de services publics modernisés, d’opportunités culturelles renforcées et d’un avenir construit en commun, entre les rives de la lagune Ébrié et celles du Rhin.

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