Côte d’Ivoire : Conférence de lancement du projet SAC-CI, « Quand les médias s’engagent pour vulgariser les agendas féministes paix et sécurité »
Le Réseau des Journalistes et professionnels de la communication pour la Paix et la Sécurité (RJPS) a officiellement lancé, ce jeudi au siège du RASALAO-CI à Adjamé, le projet intitulé « Appui à la vulgarisation des Agendas féministes paix et Sécurité auprès des communautés en Côte d’Ivoire », dénommé SAC-CI.
Cette cérémonie, qui a réuni des représentants d’organisations de la société civile, des partenaires techniques et financiers ainsi que des autorités nationales, visait à présenter les contours de cette initiative aux parties prenantes afin d’obtenir leur implication effective pour une mise en œuvre efficiente.

Porté par le RJPS en partenariat avec le Réseau d’Action sur les Armes Légères en Afrique de l’Ouest, section Côte d’Ivoire (RASALAO-CI), qui en assure la responsabilité contractuelle et financière, le projet s’inscrit dans un programme régional plus vaste. Il est financé par un consortium composé de l’Agence française de développement (AFD), EQUIPOP, Diakonia, FAD Niger et l’Institut Gorée.
Dans son discours d’ouverture, Mme Michèle Pépé, présidente du conseil d’administration du RJPS, a retracé l’historique de son organisation, née le 23 mars 2007 à Abidjan, dans les locaux de Fraternité Matin. « Le RJPS est une organisation non gouvernementale d’hommes et de femmes des médias, ouverte à tous les professionnels de la communication. Il prend sa source dans un processus sous-régional initié en 2003 à Bamako, visant à créer une synergie entre les organisations de journalistes ouest-africains œuvrant pour la sécurité humaine », a-t-elle rappelé.
Mme Pépé a souligné l’engagement historique du réseau dans la sensibilisation sur la problématique des armes légères et de petit calibre, notamment à travers le plaidoyer pour la ratification par la Côte d’Ivoire de la convention de la CEDEAO en la matière. « Ce projet est une continuité logique de nos actions. Il s’agit désormais d’aller vers les communautés pour vulgariser les agendas féministes, paix et sécurité », a-t-elle ajouté.

Prenant la parole au nom des partenaires financiers, Mme Pascaline Koffi, représentante d’EQUIPOP, a situé le projet SAC-CI dans le cadre du grand programme des agendas féministes « Solidaire pour la Paix », un consortium couvrant six pays : la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Togo, le Niger, le Burkina Faso et le Tchad.
« En Côte d’Ivoire, dix organisations bénéficient de ce programme. Aujourd’hui, c’est le RJPS qui nous représente. Nous avons confiance en notre partenaire et au RASALAO. Nous souhaitons que ce projet aille jusqu’à son terme, c’est notre priorité », a déclaré Mme Koffi, saluant la synergie entre les acteurs impliqués.

L’honorable Thomas Alexis, député national du Tonkpi et vice-président de la commission sécurité et défense de l’Assemblée nationale, a procédé à l’ouverture officielle de la conférence. « Au nom du président de l’Assemblée nationale et du président de la commission sécurité et défense, je déclare ouverte cette conférence de lancement. À l’issue de ces travaux, nous aurons des résultats qui serviront véritablement notre pays, pour l’égalité des sexes et pour que la lutte contre les armes légères soit une réalité », a-t-il martelé.

M. Victorien Aka, president du RASALAO Côte d’Ivoire, chef du projet, a ensuite présenté les fondements et les objectifs de SAC-CI. S’appuyant sur le rapport d’ONU-Femmes de septembre 2024, qui souligne la lenteur des progrès en matière d’égalité des genres, il a rappelé qu’au 24e anniversaire de la Résolution 1325 des Nations Unies, le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) a défini sept piliers visant à garantir une représentation inclusive des femmes et des jeunes dans les instances de décision.
« En Côte d’Ivoire, malgré les efforts de l’État et du système des Nations Unies, l’intégration des femmes et des jeunes dans les discussions sur la paix et la sécurité reste limitée. La méconnaissance des mécanismes nationaux et internationaux de promotion de leurs droits est toujours d’actualité », a expliqué M. Aka.
L’objectif général du projet est précisément de contribuer à remédier à cette méconnaissance auprès des communautés. Pour ce faire, les actions se déploieront autour de plusieurs axes : le renforcement des capacités des membres du RJPS, l’animation d’émissions radiophoniques, l’organisation d’espaces d’échanges thématiques et des séances de plaidoyer aboutissant à la remise d’un manifeste.

Selon lui, le projet cible directement les membres du RJPS, les communautés (notamment les femmes et les jeunes) ainsi que les autorités de la région du Kabadougou. Les zones d’intervention couvrent Abidjan, Bonoua et la région de Kabadougou (Odienné), pour une période d’exécution courant du 1er mars au 30 juin 2026, avec une rencontre bilan prévue en août.
Le budget alloué à cette initiative s’élève à 16 398 925 francs CFA (25 000 euros).
Pour monsieur Aka, avec ce projet, le RJPS et ses partenaires entendent faire des médias et des professionnels de la communication des vecteurs essentiels de transformation sociale, afin que l’égalité des sexes et la participation inclusive à la sécurité ne soient plus seulement des aspirations, mais une réalité tangible pour les communautés ivoiriennes.



