Côte d’Ivoire : 1er mai 2026 à Yopougon, « Koudou Gnahoua plaide pour un SMIG à 100 000 F CFA et l’organisation d’élections professionnelles »

Sous un soleil de plomb, plusieurs centaines de travailleurs du secteur privé se sont rassemblés le vendredi 1er mai 2026 dans la zone industrielle de Yopougon pour répondre à l’appel de la Centrale syndicale honnête du collectif des secrétaires généraux et délégués du personnel du secteur privé de Côte d’Ivoire (CSH-COSEGEDEPCI). Loin d’une simple fête, la cérémonie a débuté par un vibrant hommage aux martyrs du monde du travail.

Dès son entrée en scène, le secrétaire général national Koudou Gnahoua a donné le ton. « Le 1er mai n’est pas une fête, mais un moment de pensée pieuse à nos camarades combattants qui ont perdu leur vie pour notre liberté », a-t-il martelé, invitant l’assemblée à se lever pour une minute de silence. Un recueillement solennel qui a marqué les esprits et installé une atmosphère de lutte déterminée.

Puis, cahier de doléances à la main, Koudou Gnahoua a déroulé une série de quatorze revendications, qualifiées « d’urgentes et vitales » pour des millions de travailleurs privés souvent laissés pour compte. « Le secteur privé est le plus gros pourvoyeur de richesses, mais il est oublié des grandes décisions syndicales. Cela cesse aujourd’hui », a lancé le leader syndical sous les acclamations.

Parmi les points les plus marquants du cahier revendicatif présenté :

  • Revalorisation du SMIG à 100 000 F CFA et du SMAG à 90 000 F CFA : « Le code du travail impose une revalorisation tous les trois ans. Cela fait plus de sept ans que rien n’a bougé », a dénoncé Koudou Gnahoua.
  • Prime de transport à 60 000 F CFA : face à l’explosion des prix aux heures de pointe et aux bouchons, le syndicat réclame une indemnité réaliste.
  • Indemnité de logement de 70 000 F CFA : « Le loyer, l’eau, l’électricité. Le travailleur du privé ne vit plus, il survit », a-t-il insisté.
  • Emploi décent : application stricte des quotas de nationaux dans les mines, le pétrole, le port et la pêche ; fin des CDD à vie et des journaliers avec plus de dix ans d’ancienneté ; instauration d’un profil de carrière tous les deux ans.
  • Élections professionnelles : conformément à l’article 54.1 alinéa 2 du code du travail, la CSH-COSEGEDEPCI exige l’organisation d’élections pour permettre un financement transparent des centrales syndicales.
  • Contrôle renforcé : affectation par l’État des DRH et conseillers juridiques (retour au système des années 60-90), octroi de véhicules de contrôle aux inspecteurs de la CNPS, mise en place d’assesseurs auprès des inspecteurs du travail.

Des militants présents sur le site ont également livré des témoignages marqués par la précarité et les difficultés du monde du travail. Une déléguée du personnel dans une unité de conditionnement a dénoncé sa situation contractuelle, affirmant être maintenue depuis plusieurs années sous des contrats à durée déterminée renouvelés régulièrement, sans aucune revalorisation salariale. Selon elle, les revendications portées lors de cette mobilisation traduisent le vécu quotidien de nombreux travailleurs qui refusent désormais cette précarité persistante.

Dans le même élan, un responsable d’atelier a estimé que le niveau actuel du SMIG ne permet plus de faire face au coût de la vie, notamment à la hausse des prix des denrées alimentaires et du logement. Il a ainsi réaffirmé son soutien à la revendication d’un SMIG fixé à 100 000 F CFA.

Par ailleurs, des responsables syndicaux ont également dénoncé les pratiques de certaines sociétés de travail temporaire, accusées d’opérer sans autorisation et de maintenir des travailleurs en mission pendant plusieurs années, en violation de la réglementation en vigueur. Ils ont appelé les autorités compétentes à appliquer des sanctions immédiates contre les structures concernées.

Dans une déclaration exclusive, Koudou Gnahoua a tenu à remercier la presse et a réaffirmé sa confiance dans les plus hautes autorités : « Je dis merci au président de la République, Son Excellence Alassane Ouattara. Aujourd’hui, nous sommes là pour déposer nos doléances. Les points les plus urgents : le SMIG à 100 000 F CFA, le SMAG à 90 000 F CFA, et les élections professionnelles. Nous réclamons aussi que l’État mette de l’ordre dans le travail temporaire. »

Et d’ajouter, la voix empreinte d’émotion : « Regardez-nous, nous sommes sous le soleil. Nous souffrons. Mais nous savons que le président est un bon père. Il l’a toujours montré. Nous lui demandons d’écouter la voix des travailleurs. »

Le meeting s’est achevé par une salve d’acclamations et les cris rituels : « Vive le président de la République, Son Excellence Alassane Ouattara ! Vive le Vice-Premier ministre et ministre de la Défense, Son Excellence Téné Birahima Ouattara ! »

En ce 1er mai 2026, Koudou Gnahoua a su incarner une opposition syndicale déterminée mais loyale, alliant le souvenir des combattants disparus à une exigence concrète de justice sociale. Reste à savoir si le gouvernement et le patronat accueilleront favorablement ces quatorze points. Une chose est sûre : la CSH-COSEGEDEPCI entend bien ne pas lâcher le morceau.

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