Côte d’Ivoire : L’Excellence Chirurgicale Africaine à l’Ère du Numérique, « Le 6e Congrès du COSA-CMF S’ouvre à Abidjan »
Sous le thème « Défis contemporains : De l’intelligence diagnostique à la performance thérapeutique », l’élite de l’odontologie et de la chirurgie maxillo-faciale du continent se réunit pour trois jours de travaux au Radisson Blu.
Le 28 janvier 2026, c’est dans une atmosphère de solennité et d’ambition partagée que s’est ouverte, ce mercredi au Radisson Blu Hôtel d’Abidjan, la sixième édition du Congrès du Collège d’Odonto-stomatologie Africain et de Chirurgie Maxillo-Faciale (COSA-CMF). L’événement, qui rassemble pour trois jours des experts de plus d’une douzaine de pays, a placé la barre haute en se saisissant des enjeux les plus pressants de la spécialité : l’intégration raisonnée de l’intelligence artificielle et des technologies de pointe au service d’une médecine humaine et performante.

Devant un parterre de personnalités académiques, médicales et politiques, le Professeur Aboudramane Sangaré, Président du Comité d’Organisation, a souhaité la cordiale bienvenue en Côte d’Ivoire, terre d’hospitalité à tous les congressistes. Rappelant la mission confiée il y a deux ans, il a souligné la pertinence du thème choisi, qui interroge l’impact de l’intelligence artificielle sur « notre intelligence professionnelle, j’allais dire humaine ». Il a salué la transformation du COSA-CMF en une société scientifique moderne, digitale et incontournable, dont la mission est de renforcer les échanges Sud-Sud et de participer au rayonnement de la spécialité en Afrique et dans le monde. Le Pr Sangaré a rendu hommage aux pionniers de la discipline et remercié les autorités ivoiriennes pour leur soutien indéfectible.
La Présidente de l’Association Sénégalaise de Chirurgie Orale (ASCO), Mme Dia-Tine Soukéyé, a magnifié la longue tradition d’échange entre les écoles sénégalaise et ivoirienne. « Nos racines sont au Sénégal, mais notre vision est panafricaine », a-t-elle affirmé, présentant l’ASCO comme un instrument au service de tous les spécialistes africains. « Nous partageons les mêmes réalités de terrain, les mêmes espoirs, mais aussi les mêmes défis techniques », a-t-elle rappelé, appelant à faire de l’excellence chirurgicale la norme standard continentale grâce à la mutualisation des compétences.
Représentant le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, le Professeur Gnagne Koffi a transmis les salutations du Ministre Adama Diawara, co-parrain empêché. Il a salué un congrès qui réunit les meilleurs experts du continent et d’ailleurs, soulignant l’importance cruciale du thème pour l’Afrique. Il a invité à une appropriation critique des progrès technologiques comme l’impression 3D, la télémédecine et les biomatériaux, pour des interventions « plus précises, moins invasives et plus efficaces ».

Monsieur Samba Mamadou, Directeur Général de la Santé, représentant le Ministre de la Santé Pierre Dimba, a rappelé les défis immenses de l’Afrique en santé bucco-dentaire et maxillo-faciale : « morbidité élevée, contraintes d’accessibilité aux soins, insuffisance des ressources humaines spécialisées ». Face à cela, il a appelé à la recherche de solutions pratiques adaptées à nos réalités. Il a souligné l’importance d’une formation de qualité, ouverte à l’innovation, pour bâtir « une expertise africaine forte et crédible sur la scène mondiale ».
Le parrain de la cérémonie, le Docteur Aka Eugène Aouélé, Président du Conseil Économique, Social, Environnemental et Culturel (CESEC), a mesuré la portée scientifique et humaine de ce rassemblement. À travers son parrainage renouvelé, c’est toute l’institution du CESEC qui se positionne comme un partenaire attentif et proactif des acteurs de la santé. Dans un discours dense, il a salué la dimension panafricaine du congrès et son alignement avec la vision d’intégration du Président de la République, S.E.M. Alassane Ouattara.
Le Dr Aka Aouélé a particulièrement insisté sur la révolution numérique en cours, tout en lançant un appel à la vigilance : « La technologie doit demeurer un outil au service du praticien et non se substituer à son jugement clinique, à son sens critique et à son éthique ». Il a identifié trois défis majeurs : l’intégration raisonnée de la tech, l’adaptation de la formation du patient . « La performance thérapeutique ne se mesure pas uniquement à la sophistication des techniques, mais aussi à la capacité à offrir des soins personnalisés, accessibles et durables », a-t-il conclu, avant de déclarer officiellement ouvert les travaux du 6e Congrès du COSA-CMF.

Cette cérémonie d’ouverture a ainsi planté le décor de trois jours d’échanges intenses. Elle a démontré la maturité d’une communauté scientifique africaine déterminée à prendre en main son destin, à fusionner tradition d’excellence et innovation de rupture, pour relever ses défis spécifiques et offrir à ses populations des soins de classe mondiale. Le congrès s’annonce comme un catalyseur décisif pour l’avenir de la spécialité sur le continent.



