Russie-Europe : Le Premier-Ministre Arménien, Nikol Pachinian, sans détour, « L’Arménie ne peut pas être indépendante de la Russie et dépendre de l’Europe »

Dans un entretien qu’il a accordé au média Français, RFI, le Premier-Ministre Arménien, Nikol Pachinian, s’est prononcé sur les relations entre son pays et la Russie.

A la question de savoir s’il est possible de sortir l’Arménie de la dépendance qu’elle entretient avec la Russie Nikol Pachinian, est sans détour.

Vous savez, nous ne posons pas du tout la question en ces termes. J’ai employé un jour une expression qui, au départ, a suscité certains malentendus en Arménie. J’ai dit que l’indépendance consiste à remplacer la dépendance envers quelques-uns par une dépendance envers un grand nombre, et nous ne faisons qu’appliquer cette politique.

Voyez-vous, vous présentez les choses en parlant de la Russie, de s’affranchir de la Russie, etc. Mais ce n’est pas notre objectif. Nous ne voulons pas être dépendants de quelqu’un. Autrement dit, nous ne voulons pas cesser de dépendre de A pour dépendre de B. Ce n’est pas notre politique. Notre politique consiste à vouloir renforcer notre indépendance, la consolider et la développer.

C’est pourquoi nous avons adopté une politique étrangère équilibrée. Nous voulons que notre peuple ait des alternatives. Nous voulons que notre population ait le choix. Nous voulons aussi que nos producteurs de tomates aient des alternatives.

Nous voulons que nos producteurs de boissons aient eux aussi des alternatives. Nous voulons que tous nos acteurs économiques disposent d’alternatives, tant pour les exportations que pour les importations. C’est aussi pour nous une question économique très importante.

Je vais vous donner un exemple : ainsi, autrefois en Arménie, le marché des importations d’essence et de produits pétroliers était très concentré et, chaque fois que l’environnement extérieur changeait, nous rencontrions de graves difficultés.

Ces dernières années, les produits pétroliers sont importés en Arménie, non plus par quelques entreprises, mais par des dizaines d’entreprises. Et cette situation nous a permis de mieux faire face aux crises touchant les produits pétroliers sur le marché mondial, sans les subir plus durement que les autres pays.

Et je vais même vous dire davantage. Par exemple, en Russie, les opérations menées par l’Ukraine contre les infrastructures pétrolières ont provoqué des difficultés et, grâce à cette politique, grâce à notre politique intérieure, la République d’Arménie n’a pas ressenti ces problèmes. Nous voulons éviter ces difficultés ou être en mesure de les gérer.

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