Côte d’Ivoire : UNICEF et GGGI scellent une alliance stratégique pour faire de la jeunesse le moteur de la transition écologique

Cérémonie de signature du protocole d’accord UNICEF-GGGI

Dans un contexte où 73 % des 33 millions d’Ivoiriens ont moins de 35 ans et où les effets du changement climatique menacent déjà les perspectives d’avenir des nouvelles générations, l’UNICEF et le Global Green Growth Institute (GGGI) ont officialisé, ce mardi 06 octobre 2026 à Abidjan, au siège de l’Unicef Côte d’Ivoire la signature d’un Mémorandum d’Accord cadre.

Ce partenariat inédit vise à placer la jeunesse au cœur de la transition écologique et économique du pays, en transformant la contrainte environnementale en levier de capital humain, de création de valeur et d’inclusion sociale.

L’engagement a été paraphé par Madame Olola Vieyra, Représentante Pays du GGGI pour la Côte d’Ivoire, et Monsieur Jean-François Basse, Représentant Résident de l’UNICEF en Côte d’Ivoire, en présence de représentants du Gouvernement ivoirien, des partenaires techniques et financiers, ainsi que de délégués des mouvements de jeunesse.

L’accord scelle la synergie entre deux mandats complémentaires : celui du GGGI, spécialisé dans la modélisation de trajectoires de croissance sobres en carbone et la mobilisation d’investissements verts, et celui de l’UNICEF, garant de la protection des droits des enfants, de l’accès aux services sociaux essentiels et du développement du potentiel des jeunes.

« La transition écologique ne saurait se limiter à une transformation technologique ou infrastructurelle ; elle constitue fondamentalement un impératif d’équité sociale et de développement humain », a déclaré Monsieur Jean-François Basse. « Les jeunes ne doivent pas être de simples bénéficiaires des politiques climatiques, mais les concepteurs, les innovateurs et les dirigeants de cette économie résiliente. En unissant nos expertises avec le GGGI, nous veillons à ce que chaque investissement climatique devienne un investissement direct dans l’avenir de la jeunesse ivoirienne. »

Pour Madame Olola Vieyra, cette signature traduit la nécessité de renforcer nos liens, notamment sur la question de l’appui à la jeunesse ivoirienne pour s’assurer que les jeunes restent au cœur des politiques publiques et des investissements. Elle a rappelé que cette collaboration s’inscrit dans la stratégie 2030 du GGGI, qui vise à renforcer les capacités des pays partenaires, l’accès à la finance durable, aux technologies et à l’innovation, tout en intégrant les principes de genre, d’équité et d’inclusion sociale.

La feuille de route conjointe s’articule autour de trois axes prioritaires :

  • Le renforcement des compétences et l’anticipation des métiers d’avenir. Il s’agit de concevoir des parcours de qualification adaptés aux filières de l’économie verte, bleue et numérique : énergies renouvelables, économie circulaire, agroécologie résiliente, gestion durable des ressources et éducation financière.
  • La valorisation de l’innovation et l’incubation d’entreprises viables. Le partenariat entend structurer des passerelles entre les initiatives de terrain, hackathons, concours d’innovation, journées carrières et des mécanismes pérennes de mentorat, d’incubation et d’accès aux marchés pour les jeunes porteurs de projets.
  • La mobilisation de financements à fort impact social et environnemental. Les deux institutions élaboreront conjointement des projets bancables axés sur l’adaptation climatique des services essentiels (eau, santé, éducation) et l’entrepreneuriat vert, en sollicitant les mécanismes de finance climat, les fonds mixtes et le secteur privé. L’ambition affichée est d’identifier une première génération de deux à trois concepts prioritaires.

Le GGGI a d’ores et déjà engagé des actions structurantes en Côte d’Ivoire. Le projet « Génie », soutenu par la coopération internationale coréenne, prévoit le déploiement de 35 centres digitaux dans des écoles, universités et mairies, la formation de 300 jeunes à l’incubation en entrepreneuriat vert avec à la clé une subvention totale d’environ 300 000 dollars et la formation de 400 jeunes aux compétences numériques, incluant l’intelligence artificielle. Une Académie du leadership vert a également été créée pour sensibiliser les jeunes aux enjeux de l’économie verte et susciter des ambitions professionnelles.

À l’échelle mondiale, le GGGI accompagne 55 pays membres et a mobilisé, en 2025, 4 milliards de dollars d’investissements verts, tout en soutenant plus de 80 politiques de croissance verte. Depuis sa création, l’institution a facilité la mobilisation d’environ 18 milliards de dollars d’investissements pour ses pays partenaires.

L’exécution du mémorandum s’appuiera sur les réseaux et plateformes de mobilisation de l’UNICEF, notamment YOMA et U-Report, afin de garantir une portée nationale et inclusive, au plus près des populations vulnérables. L’objectif est de mettre en place un continuum d’accompagnement territorialisé reliant l’acquisition de compétences à l’incubation, au mentorat et au financement structuré pour assurer l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs écoresponsables.

« Nous voulons proposer aux jeunes un véritable parcours, allant de l’information à la formation, de la formation à l’incubation, de l’incubation au financement, puis du financement à la création d’entreprises et d’emplois durables », a expliqué Monsieur Jean-François Basse.

Un plan de travail conjoint assorti d’indicateurs de performance rigoureux fixera les jalons d’évaluation. « Notre réussite ne se mesurera pas au nombre d’activités organisées, mais au nombre de jeunes qui auront acquis une compétence, lancé une solution, accédé à un financement ou trouvé un emploi durable », a-t-il insisté.

Madame Olola Vieyra a profité de cette cérémonie pour saluer le leadership de l’UNICEF et rendre hommage à Monsieur Jean-François Basse, qui a été honoré la veille par l’État de Côte d’Ivoire au grade de Commandeur de l’Ordre du Mérite de l’Éducation Nationale. « Cette distinction reflète la conviction que nous partageons pleinement, que chaque enfant et chaque jeune doit avoir accès aux opportunités lui permettant de réaliser son plein potentiel et de contribuer au développement durable du pays », a-t-elle souligné.

Alors que près de 1,1 milliard d’enfants sont exposés à l’échelle mondiale à plusieurs risques climatiques majeurs, ce partenariat entend démontrer qu’investissement climatique et investissement dans le capital humain ne sont pas seulement compatibles, mais indissociables.

« La transition verte ne doit laisser personne de côté. Elle doit aussi être une transformation sociale, créatrice d’opportunités pour les jeunes femmes et les jeunes hommes, pour les populations vulnérables et pour les communautés les plus exposées aux conséquences du changement climatique », a conclu Monsieur Jean-François Basse.

En unissant l’expertise du GGGI à celle de l’UNICEF, les deux organisations entendent faire de la transition verte non seulement une réponse à l’urgence climatique, mais aussi une formidable source d’opportunités, d’innovation et d’espoir pour la jeunesse ivoirienne et les générations futures.

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