Côte d’Ivoire : Réconciliation nationale, « Anciens adversaires de la crise ivoirienne unis dans une caravane pour la paix »

La réconciliation nationale a franchi une nouvelle étape avec le lancement officiel de la caravane conjointe des ex-belligérants de la crise postélectorale ivoirienne. Initiée par Babily Dembélé, président de l’Alliance pour la République (APR), cette action citoyenne s’inscrit sous le thème : « Les enjeux de la réconciliation entre les Ivoiriens ». L’événement a réuni d’anciens acteurs du conflit, des représentants de la société civile, des autorités politiques, religieuses et coutumières, ainsi que de nombreux participants venus de différentes localités du pays.

Dès l’ouverture de la cérémonie, la présidente du comité d’organisation, Sangaré Mada, a placé la rencontre sous le signe de la paix et du vivre-ensemble. Elle a rappelé que la cohésion sociale constitue l’un des fondements de l’héritage politique du Président Félix Houphouët-Boigny et a appelé les Ivoiriens à poursuivre les efforts engagés pour tourner définitivement la page des divisions nées de la crise de 2010-2011.

L’un des moments marquants de cette rencontre a été la présence côte à côte d’anciens protagonistes du conflit. Ex-détenus proches de l’ancien président Laurent Gbagbo et ex-combattants favorables au président Alassane Ouattara ont affiché publiquement leur volonté de privilégier le dialogue et le pardon. Une image forte qui traduit, selon les organisateurs, la possibilité d’une coexistence pacifique au-delà des divergences politiques du passé.

S’exprimant au nom des ex-détenus, Fred Agnès Meledje a salué une initiative susceptible de renforcer la confiance entre les citoyens. « Nous restons debout pour que le pays reste debout », a-t-il déclaré, invitant les Ivoiriens à faire de l’unité nationale une priorité. Dans le même esprit, Yssouf Ouattara, porte-parole des ex-combattants, a plaidé pour une réconciliation sincère, inclusive et durable, seule capable selon lui de consolider la stabilité du pays.

La société civile a également marqué son adhésion à cette dynamique. Représentée par la Plateforme Initiative de la Société Civile Ivoirienne pour la Réconciliation (ISCIR), elle a insisté sur la nécessité de transformer les discours en actions concrètes. Sa vice-présidente, Edith Pulchérie Gbalet, a souligné que la paix durable repose sur des engagements tangibles et sur l’implication de toutes les composantes de la nation.

Prenant la parole à son tour, Babily Dembélé a réaffirmé sa détermination à œuvrer pour le dialogue et le rapprochement des Ivoiriens. Revenant sur les tensions de 2017 liées aux revendications des démobilisés à Bouaké, il a rappelé les initiatives de médiation qu’il avait entreprises afin de favoriser les échanges entre les différentes parties et de prévenir une aggravation de la situation. Selon lui, cette démarche avait contribué à préserver un climat de stabilité et de confiance.

Le président de l’APR a également développé sa conception de l’ivoirité, qu’il présente comme un facteur de rassemblement fondé sur la fraternité, la diversité culturelle et l’inclusion. Il a insisté sur le fait que la Côte d’Ivoire appartient à tous ses citoyens, indépendamment de leurs origines, de leurs croyances ou de leurs sensibilités politiques. « Pour la paix en Côte d’Ivoire, rien ni personne ne pourra me faire reculer », a-t-il affirmé devant l’assistance.

Au-delà des interventions, cette caravane a surtout envoyé un signal fort en faveur du vivre-ensemble. En réunissant d’anciens adversaires autour d’un même idéal de paix, elle a mis en lumière la nécessité de privilégier le dialogue, la compréhension mutuelle et l’intérêt supérieur de la nation. Pour les participants, la consolidation de la réconciliation demeure une condition essentielle pour renforcer l’unité nationale et bâtir un avenir apaisé pour les générations futures.

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