Côte d’Ivoire : Péage de Mondoukou, « Les chauffeurs professionnels appelés à la responsabilité et au civisme »

Le Conseil supérieur des fédérations des syndicats des chauffeurs professionnels de transports des marchandises, voyageurs et assimilés de Côte d’Ivoire (COSFEESSYNCPROTRAMAVA-CI) a tenu une conférence de presse ce samedi 4 avril 2026 en son siège de Yopougon. L’ordre du jour : l’imminente ouverture officielle du poste à péage de Mondoukou, sur l’axe stratégique menant à Assini.

Devant une assemblée attentive de camarades chauffeurs et de représentants du secteur, le président du conseil supérieur, Sanogo Issa, également administrateur du FER, a livré un discours à la fois informatif et solennel.

« Camarades chauffeurs professionnels, à chaque ouverture officielle d’un poste à péage, le Président de la République nous fait toujours un cadeau », a rappelé Sanogo Issa. Ce cadeau, c’est le traditionnel passage à blanc  une période de gratuité de plusieurs mois. Pour Mondoukou, cette phase a débuté en décembre 2025. « Ceux qui empruntent régulièrement l’axe d’Assini peuvent en témoigner : le passage est totalement gratuit depuis décembre », a-t-il confirmé.

Mais la gratuité prendra fin. La date officielle d’entrée en vigueur du péage a été annoncée : mardi 7 avril 2026. « Je suis là ce matin pour vous annoncer cette date. Je vous exhorte à vous approprier ce nouveau poste à péage qui, à n’en point douter, permettra d’améliorer l’entretien du réseau routier », a insisté le président.

M. Sanogo Issa n’a pas éludé les difficultés du métier. « À nos camarades chauffeurs de gros camion : la route coûte cher, très cher. Évitons de la dégrader en respectant le règlement 14 de l’UEMOA. » Ce texte limite la charge des véhicules pour préserver les infrastructures et la sécurité.

Aux transporteurs de voyageurs, il a lancé une mise en garde à l’approche des fêtes de Pâques : « Demain, c’est Pâques. Il y a des passagers partout à transporter. Chacun veut tirer le maximum de gain en cette période de traite. Mais nous devons garder une idée importante en tête : il faut être en vie, en bonne santé et en liberté pour jouir de son salaire ou de ses gains. »

Dans un registre plus personnel, le président a invoqué la foi et la responsabilité. « Croyons au destin et respectons le code de la route, car c’est Dieu qui donne l’argent. Tu auras, vaille que vaille, ce que Dieu a réservé pour toi, même en dormant. Évitons les gestes qui ne riment pas avec notre métier. Évitons d’endeuiller des familles et notre chère nation du fait de notre incivisme. Rien ne vaut la vie. »

Il a tenu à saluer l’action du président Alassane Ouattara : « Son excellence, en trois petits mandats, a transformé positivement la Côte d’Ivoire. Les chauffeurs professionnels sont les grands bénéficiaires, au regard des infrastructures routières mises à notre disposition. Excellence, merci pour ce travail colossal abattu en si peu de temps. »

En marge de la conférence, Sanogo Issa a accordé une interview aux journalistes, revenant plus concrètement sur les défis quotidiens.

« La route, c’est notre bureau. Si tu ne prends pas soin de ton bureau, c’est que tu n’as rien compris. On t’a donné un bureau climatisé, on l’a meublé : il faut en prendre soin. Sinon, avec les pluies, on va retomber dans ce que nous avons vécu il y a dix ou vingt ans. Personne ne souhaite cela. »

Le fléau de la surcharge a été dénoncé avec force : « Quand une société fabrique un véhicule pour transporter 30 tonnes, et que tu le charges à 50 tonnes, ne sois pas étonné de te retrouver dans le ravin. Et si tu ne finis pas dans le ravin, tu dégrades la route. Les ingénieurs ont calculé les charges. Respectons le règlement 14 de l’UEMOA. Chacun a sa carte grise, chacun connaît le poids que son camion peut transporter. »

Il a conclu par un avertissement pragmatique : « Il y a des dispositions, des pénalités. On le sait. Évitons même d’en arriver là. Ce n’est pas bon. »

La conférence s’est achevée sur une note d’espoir et de recueillement : « Que Dieu bénisse le président, lui donne longévité, santé de fer, éclaire et guide ses pas. Vive la Côte d’Ivoire pour que vivent les chauffeurs professionnels. »

À partir du 7 avril, les usagers de l’axe d’Assini devront donc s’acquitter du péage de Mondoukou. Mais au-delà de la question financière, c’est un appel à la conscience collective qu’ont lancé les représentants des chauffeurs : la route est un bien commun, et sa préservation dépend d’abord de ceux qui l’empruntent chaque jour.

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