Côte d’Ivoire : Orpaillage clandestin à Bouaflé, « Les députés de la Marahoué appellent à traquer les réseaux »

La lutte contre l’orpaillage clandestin s’est imposée comme l’un des principaux sujets de la restitution parlementaire organisée le vendredi 11 septembre 2026 à la préfecture de Bouaflé. Face à la persistance de cette activité illégale et à ses conséquences sur l’environnement, la santé des populations et l’économie locale, les députés de la Marahoué ont réaffirmé leur détermination à soutenir les actions engagées par les pouvoirs publics.

La rencontre, organisée dans le cadre de la mission nationale de restitution initiée par le Groupe parlementaire RHDP, a rassemblé le corps préfectoral, des sénateurs, des députés, des élus locaux, des autorités administratives, politiques et coutumières, ainsi que plusieurs représentants des communautés. Elle visait notamment à rapprocher davantage l’Assemblée nationale des populations en permettant aux élus de rendre compte de leur activité parlementaire, mais aussi de recueillir les préoccupations exprimées par les différentes composantes de la société.

Prenant la parole, l’Honorable Adama Koné, député de Bouaflé et président du Groupe parlementaire RHDP, a insisté sur la nécessité pour les parlementaires de rendre compte de leur mandat. Selon lui, cette démarche de proximité constitue un exercice de redevabilité envers les citoyens et permet aux élus de mieux faire remonter les réalités et les attentes des territoires au niveau national.

La question de l’orpaillage illégal a particulièrement retenu l’attention au cours des échanges. Le préfet de la région de la Marahoué, préfet du département de Bouaflé, Gonbagui Gueu Georges, a affiché une position ferme face à la poursuite des activités clandestines.

Pour l’autorité préfectorale, la lutte ne doit pas uniquement viser les personnes présentes sur les sites d’exploitation. Elle doit également remonter jusqu’aux différents acteurs qui alimentent et entretiennent ces réseaux, notamment les financeurs, les facilitateurs et les personnes impliquées dans l’achat de l’or provenant de l’exploitation clandestine.

Le préfet a, dans ce sens, invité les populations à prendre une part active à cette lutte en signalant aux autorités les situations suspectes dont elles pourraient avoir connaissance. Une mobilisation collective apparaît, selon lui, indispensable pour venir durablement à bout du phénomène.

Au-delà de la question de l’exploitation illégale des ressources minières, les autorités ont également mis en avant les conséquences environnementales et sanitaires de l’orpaillage clandestin. La destruction des terres, la dégradation des cours d’eau et l’exposition des populations à certaines substances dangereuses utilisées dans les procédés d’extraction constituent autant de menaces pour les communautés.

La responsabilité des autorités coutumières et des chefs de village a également été évoquée, notamment lorsque des activités clandestines continuent de se développer dans leur ressort malgré les mesures prises par l’administration.

Face à ces défis, Adama Koné et les autres parlementaires de la Marahoué ont renouvelé leur engagement à accompagner le Gouvernement dans les efforts visant à combattre l’orpaillage clandestin et à préserver les ressources naturelles de la région.

La restitution de Bouaflé ne s’est toutefois pas limitée aux questions liées à l’exploitation minière. Les parlementaires ont également présenté aux populations plusieurs textes adoptés au cours de la première session ordinaire de l’Assemblée nationale en 2026.

Sur les 27 projets de loi examinés et votés durant cette session, douze textes présentant un intérêt particulier pour la Marahoué ont été sélectionnés pour être expliqués aux populations. Cette démarche vise à rendre plus accessibles les décisions prises au Parlement et à permettre aux citoyens de mieux mesurer leurs effets sur la vie quotidienne et sur le développement économique et social.

Parmi les textes présentés figurent notamment celui relatif à la commande publique, la loi portant sur l’amélioration génétique dans les secteurs de l’agriculture et de l’élevage, ainsi que le texte consacré à la biologie médicale et à l’encadrement des laboratoires.

À travers cet exercice, les députés entendent renforcer le lien entre le travail parlementaire et les réalités vécues sur le terrain, en donnant aux populations une meilleure compréhension des lois adoptées au niveau national.

Les perspectives de développement de la région ont également constitué un autre temps fort des échanges. Les parlementaires ont présenté plusieurs investissements prévus dans le cadre du Plan national de développement (PND) 2026-2030.

Dans le domaine des infrastructures routières, l’Honorable Adama Koné a notamment évoqué le projet d’autoroute reliant Yamoussoukro à Daloa en passant par Bouaflé, ainsi que plusieurs axes routiers programmés, dont la liaison Sinfra-Oumé.

Les investissements annoncés concernent également l’accès à l’eau potable, avec notamment la réalisation de châteaux d’eau, ainsi que les infrastructures scolaires et les équipements sociaux. Des projets qui, selon les élus, devraient contribuer à améliorer les conditions de vie des populations et à renforcer l’attractivité économique de la Marahoué.

À cette occasion, le député de Bouaflé a renouvelé sa reconnaissance au Président de la République et président du RHDP, Alassane Ouattara, pour la confiance placée en lui. Il a également réaffirmé son engagement à défendre les intérêts de la Marahoué au sein de l’Assemblée nationale.

« Permettez-moi d’exprimer ma reconnaissance et ma profonde gratitude au Président de la République, Président du RHDP, Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara, pour cette confiance qu’il ne cesse de placer en ma modeste personne », a déclaré l’élu, avant de prendre l’engagement de poursuivre son action avec discipline, loyauté et efficacité au service de la région.

Après les échanges en salle, la délégation parlementaire s’est rendue sur plusieurs sites afin de constater l’état d’avancement de différents projets réalisés ou en cours de réalisation dans la localité de Bouaflé.

Les visites ont notamment concerné la route Bouaflé-Sinfra, un collège de proximité, le centre de traitement d’eau potable et le pont sur le fleuve Marahoué. Ces infrastructures illustrent les principaux enjeux de développement abordés lors de la restitution, notamment la mobilité, l’accès à l’éducation, l’approvisionnement en eau potable et le renforcement des infrastructures favorables à l’activité économique.

La délégation était conduite par le vice-président de l’Assemblée nationale, Aboubacar Ouattara, député de Sandégué. Elle comptait également Gueu Somalé, députée de Yopougon, et Georges Yves Monney, député de Marcory. Plusieurs autres parlementaires avaient effectué le déplacement, notamment Alain Ekissi, député-maire d’Azaguié et vice-président de l’Assemblée nationale, Traoré Fatoumata Diop, députée de Bouaké, Kouassi Kra Paulin, député de Sorobango et Tagadi, Yaya Ouattara, député de Yamoussoukro, ainsi que Konaté Moussa, député de Gagnoa sous-préfecture.

La restitution parlementaire de Bouaflé s’inscrit dans une démarche déployée dans plusieurs régions du pays du 7 au 12 septembre 2026. Des délégations ont notamment été dépêchées dans le Guémon, la Béré, le Moronou, la Nawa, le N’Zi, le Folon et le Poro.

À travers cette initiative, le Groupe parlementaire RHDP entend articuler son action autour de trois principaux objectifs : expliquer aux populations les lois adoptées et leurs implications, rendre compte du contrôle exercé par le Parlement sur l’action gouvernementale et recueillir les préoccupations exprimées sur le terrain.

À Bouaflé, la question de l’orpaillage clandestin aura ainsi illustré l’un des enjeux majeurs auxquels les élus et les autorités locales sont confrontés. Pour les députés de la Marahoué, la lutte contre ce phénomène devra désormais s’inscrire dans une approche plus large, associant action publique, mobilisation communautaire et responsabilisation de tous les acteurs impliqués.

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