Côte d’Ivoire : MGC, « 107 démissions en moins de deux mois, le parti de Simone Gbagbo secoué par une importante crise interne »

Du sommet à la base, les départs se multiplient au sein du Mouvement des générations capables (MGC). Depuis fin juin 2026, la formation politique dirigée par Simone Ehivet Gbagbo est confrontée à une série de démissions qui touchent aussi bien sa direction que ses structures locales et celles de la diaspora.

Le Mouvement des générations capables (MGC) traverse une période particulièrement mouvementée. Depuis le 29 juin 2026, date du départ de son Premier Vice-président, le Professeur Klognimban Dominique Traoré, une succession de démissions a progressivement gagné plusieurs niveaux de l’organisation du parti.

Selon les informations disponibles, 107 responsables et militants auraient quitté le MGC en moins de deux mois, dans un mouvement qui concerne la direction nationale, les districts, les coordinations régionales et départementales, les structures de base ainsi que plusieurs représentations de la diaspora.

Le premier événement majeur de cette série intervient le 29 juin 2026 avec la démission du Professeur Klognimban Dominique Traoré, alors Premier Vice-président et numéro deux du MGC.

Son départ marque un tournant dans la vie interne de la formation politique. Quelques semaines plus tard, le 10 août, plusieurs membres de son ancien cabinet lui emboîtent le pas. Parmi eux figurent notamment Konaté Ibrahim, Vice-président du District du Béré et Directeur de Cabinet, ainsi que Gbocho Syntiche, Vice-présidente de la Jeunesse et assistante.

Le mouvement s’étend ensuite à d’autres responsables. Le 12 août, Mme Agnero Yeblé épouse Meless, Vice-présidente du District des Lagunes, annonce à son tour son départ.

C’est toutefois le 17 août que la vague de démissions prend une dimension nationale, notamment dans le nord de la Côte d’Ivoire.

Plusieurs responsables régionaux quittent leurs fonctions, parmi lesquels Coulibaly Hermès, Vice-président du District des Savanes, Ouattara Irayoumon, Coordonnateur régional du Tchologo, Camara N’Klo, Coordonnateur régional du Hambol, Coulibaly Fatou, Coordonnatrice régionale du Poro, et Koné Souleymane, Coordonnateur régional de la Bagoué.

Les structures départementales sont également affectées. Les départs concernent notamment les responsables de Ferkessédougou, Ouangolodougou, Kong, Katiola, Dabakala, Niakara, Korhogo, M’Bengué, Dikodougou, Sinématiali et Tengréla.

À cette série de départs s’ajoutent ceux de 30 Coordonnateurs fédéraux et de 31 Animateurs de base, traduisant l’ampleur du mouvement jusque dans les structures locales.

« Nous avons choisi de partir ensemble, après de longues discussions », aurait confié un ancien responsable du Hambol, évoquant un mécontentement qui se serait progressivement installé au sein de certaines structures.

La dynamique se poursuit le 24 août avec de nouveaux départs. Mme Gohourou Irène, Vice-présidente chargée de la Politique nationale de solidarité, et le Dr Ago Marthe Zadi, Vice-présidente du District du Gôh, annoncent également leur retrait.

À Abobo 3, 45 militants officialisent eux aussi leur départ, accentuant davantage la pression sur l’appareil organisationnel du parti.

La crise ne se limite pas au territoire ivoirien. Dès le mois de juillet, plusieurs responsables des structures de la diaspora avaient déjà quitté le MGC.

Dans la zone Amériques, les départs concernent notamment le Vice-président du District Diaspora Amériques, la Coordonnatrice pays USA, le Délégué du Conseil de la Communication Diaspora Amériques, ainsi que la Déléguée du Conseil des Femmes Capables des USA et plusieurs membres de son bureau.

Le Coordonnateur sectoriel de Boston, son bureau et des militants de la coordination locale auraient également quitté le mouvement.

En Europe, le Vice-président chargé des relations avec les Organisations de l’Union européenne a lui aussi démissionné. Sur le plan national, Konan Norbert, Coordonnateur régional de Yamoussoukro, avait déjà annoncé son départ.

Malgré l’ampleur de ces démissions, les raisons précises qui motivent ces départs restent, pour l’heure, diversement évoquées.

Divergences internes, questions de gouvernance, désaccords stratégiques ou encore orientations politiques en perspective des prochaines échéances électorales : plusieurs hypothèses circulent, sans qu’une explication officielle et globale n’ait été communiquée.

La direction du MGC et sa présidente, Simone Ehivet Gbagbo, n’ont, à ce stade, pas publiquement détaillé les causes de cette succession de départs ni présenté de dispositif de restructuration en réponse à la situation.

Avec 107 démissions annoncées en moins de deux mois, le MGC se retrouve ainsi confronté à un défi organisationnel majeur. Du sommet de la direction aux structures de base, en passant par le Nord, Abobo et la diaspora, le mouvement touche plusieurs pans de l’appareil du parti.

Reste désormais à savoir si cette série de départs constituera une crise durable ou si la direction du MGC parviendra à réorganiser rapidement ses structures et à préserver sa dynamique politique.

Source: webenquetemedia.info

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