Côte d’Ivoire : MASS 2026, « l’Afrique accélère sa souveraineté technologique grâce aux solutions spatiales »
Ce mardi 07 juillet, au parc des expositions d’Abidjan, s’est tenue la cérémonie d’ouverture de la deuxième édition du Marché Africain des Solutions Spatiales (MASS 2026) , un rendez-vous panafricain qui entend faire des technologies spatiales un levier opérationnel au service de la transformation socio-économique du continent.

Pendant trois jours, du 07 au 09 juillet, exposants, décideurs, investisseurs, chercheurs et innovateurs venus de toute l’Afrique et d’ailleurs vont plancher sur un thème ambitieux : « L’espace au service du développement : accélérer la transformation socio-économique de l’Afrique ».
« Lorsque nous parlons de solutions spatiales, nous parlons d’agriculture plus intelligente, de villes mieux planifiées, de communes plus résilientes, de connectivité dans les zones reculées, de systèmes d’alerte précoce, de suivi environnemental, de sécurité, de transport, de cadastre, de finance, d’assurance, de commerce et d’innovation », a déclaré avec conviction Fabrice Irié Bi Irié, commissaire général du MASS, en ouverture de la cérémonie.

Pour lui, l’enjeu est clair : passer de la démonstration technologique à l’impact concret. « Nous parlons donc de la vie quotidienne de nos populations, de la performance de nos entreprises et de l’efficacité de nos politiques publiques », a-t-il insisté, saluant la présence nombreuse et qualifiée des délégations officielles, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des acteurs du secteur privé.
Lancée en 2025, la première édition du MASS avait déjà convaincu avec plus de 12 000 visiteurs, 25 délégations officielles, 31 exposants et plus de 100 experts mobilisés, avec un taux de satisfaction de plus de 90 % sur les objectifs atteints. « Mais au-delà des chiffres, ce qui nous encourage le plus, ce sont les rencontres créées, les partenariats engagés, les idées devenues projets et les projets devenus opportunités », a rappelé le commissaire général.
L’ambition pour 2026 est de franchir un cap : faire du MASS un véritable marché africain où les solutions sont non seulement présentées, mais comprises, adoptées et financées. « Un marché où l’Afrique ne se contente pas de regarder les grandes transformations du monde, mais y prend pleinement sa place », a-t-il ajouté.
C’est au nom de M. Djibril Ouattara, ministre de la Transition Numérique et de l’Innovation Technologique, retenu par une mission hors du pays, que Hyacinthe Séka, conseiller technique, a procédé à l’ouverture officielle des travaux.

Dans une allocution remarquée, le représentant du ministre a rappelé que les solutions spatiales ne sont plus un luxe technologique réservé aux pays dits développés . Il a invité l’assistance à lever les yeux vers l’espace et à résoudre les problèmes en les baissant, soulignant que les satellites, les drones et l’intelligence artificielle sont désormais à la portée des pays africains.
Il a également détaillé les sept piliers de la stratégie nationale de développement du numérique de la Côte d’Ivoire, qui intègrent pleinement les solutions spatiales :
- Connectivité et infrastructures : utilisation des constellations de satellites LEO et MEO pour connecter les zones blanches.
- Transformation numérique de l’administration : cartographie des infrastructures et planification des politiques publiques via les données géospatiales.
- Écosystème de l’innovation technologique.
- Déploiement de l’IA dans les secteurs d’activité, avec un exemple frappant : la ville chinoise de Shenzhen, où les drones traitent 44 000 accidents avec un gain d’efficacité de 70 %.
- Cyber-sécurité et confiance numérique.
- Développement des compétences numériques : renforcement des cursus en traitement d’images satellitaires et géomatique.
- Redynamisation de l’écosystème postal et du e-commerce grâce à la géolocalisation et à la traçabilité en temps réel.
Le MASS 2026 se veut une plateforme de convergence entre institutions publiques, agences spatiales, décideurs, partenaires techniques et financiers, entreprises, startups, universités, centres de recherche, investisseurs, médias et grand public.
Au programme : expositions, démonstrations, rencontres stratégiques, sessions B2B, rendez-vous jeunesse et innovation, séquences protocolaires et activités de réseautage. L’objectif est de créer des opportunités commerciales, technologiques et institutionnelles entre fournisseurs de solutions et utilisateurs finaux.
Pour les organisateurs, l’Afrique fait face à des défis majeurs : sécurité alimentaire, gestion des ressources naturelles, changement climatique, urbanisation, connectivité, souveraineté technologique et inclusion territoriale. Les technologies spatiales offrent des capacités déterminantes d’observation, d’aide à la décision, de connectivité et d’anticipation.

En conclusion de son discours, le commissaire général a lancé un appel vibrant : « À nos exposants, je souhaite de belles opportunités. À nos partenaires institutionnels, je souhaite des projets concrets. À nos collectivités, je souhaite des solutions adaptées à leurs réalités. À nos jeunes et à nos startups, je souhaite de l’audace. À tous, je souhaite un MASS fécond, dynamique et porteur d’avenir. »
Représentant le président de l’Assemblée des Régions et Districts de Côte d’Ivoire (ARDCI), N’Guessan Koffi Lataille a souligné que les technologies spatiales constituent désormais un levier stratégique pour le développement des collectivités territoriales. Selon lui, elles offrent des solutions concrètes pour optimiser l’aménagement du territoire, sécuriser le foncier, anticiper les risques liés aux catastrophes naturelles et améliorer la gouvernance locale. Une vision partagée par l’Union des Villes et Communes de Côte d’Ivoire (UVICOCI), qui encourage les collectivités à intégrer ces innovations dans la gestion de l’urbanisation, de l’assainissement, de la mobilité urbaine et de l’adaptation aux effets du changement climatique.

De son côté, le Comité national de pilotage des partenariats public-privé (CNPPP) a appelé à un renforcement de la coopération entre les pouvoirs publics, les investisseurs et le secteur privé afin de transformer les innovations spatiales en projets viables, financés et pérennes. Pour la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI), ces technologies représentent un véritable catalyseur de croissance. Elles sont susceptibles d’accroître la compétitivité des entreprises, de moderniser les chaînes de valeur et de favoriser l’émergence de nouveaux marchés, aussi bien en Côte d’Ivoire que sur l’ensemble du continent africain.
Le représentant du ministre a, pour sa part, déclaré officiellement ouverts les travaux de cette 2ᵉ édition, invitant l’ensemble des participants à faire de ce marché une fabrique de solutions africaines.
Rendez-vous est pris jusqu’au 09 juillet pour que les idées deviennent des projets, et les projets, des réalités au service du développement du continent.



