Côte d’Ivoire : Lutte contre l’extrémisme « L’AILCT et l’UNITAR réaffirment leur engagement à développer des cadres d’action concrets pour permettre aux femmes de jouer un rôle central »

L’hôtel Palm club d’Abidjan, a abrité le mardi 25 février 2025, un séminaire de haut niveau portant sur la participation accrue des femmes dans la lutte contre le terrorisme en Afrique. Cet événement placé sous le thème « Femmes et violences extrémistes en Afrique : comment renforcer le rôle des femmes dans la prévention et la lutte contre le terrorisme ? », rassemble pendant trois jours des experts, des chercheurs, des représentants d’institutions sécuritaires et des partenaires internationaux.

Au cours de son intervention, à la cérémonie d’ouverture, le Directeur de cabinet de la Ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant (MFFE), Diarassouba Moussa, a mis en avant les engagements du gouvernement ivoirien, notamment à travers le Plan d’Action National (PAN) de la Résolution 1325 des Nations Unies, qui vise à intégrer les femmes dans les dynamiques de paix et de sécurité. Ce plan repose sur quatre axes clés : la prévention, la participation, la protection et le suivi-évaluation.

Le général de brigade Allah Kouamé Joseph, directeur général de l’Académie Internationale de Lutte Contre le Terrorisme (AILCT), a insisté sur l’importance d’une approche inclusive pour contrer la montée du terrorisme. Il a souligné que les femmes doivent être mieux intégrées aux stratégies de lutte, non seulement comme victimes nécessitant une protection, mais aussi comme actrices majeures de la prévention et de la riposte sécuritaire.

Kerstin Bartsch, experte principale au sein de la Division pour la Paix de l’UNITAR, a mis en avant la complexité du lien entre terrorisme et genre. Selon elle, les femmes ne doivent pas être perçues uniquement comme des victimes du terrorisme, mais aussi comme des protagonistes actives de la lutte contre l’extrémisme violent. Elle a notamment évoqué leur capacité à proposer des initiatives locales efficaces et à contrer la propagande terroriste à travers des récits alternatifs et des actions de sensibilisation.

Pour renforcer leur implication, plusieurs recommandations ont été formulées :
• Sensibilisation et éducation : informer les femmes sur les méthodes de recrutement des groupes terroristes et promouvoir l’éducation des filles comme rempart contre l’endoctrinement.
• Renforcement des capacités : former les femmes à la médiation, à la gestion des conflits et aux enjeux sécuritaires pour leur permettre d’intégrer les dispositifs de lutte.
• Intégration des femmes dans les forces de sécurité : encourager leur présence dans les institutions de défense et dans les processus décisionnels liés à la lutte contre le terrorisme.
• Soutien aux victimes : améliorer les services d’assistance aux femmes affectées par les violences extrémistes.
• Coopération internationale : promouvoir l’échange de bonnes pratiques et le soutien aux initiatives régionales pour contrer l’endoctrinement.

L’AILCT et l’UNITAR, partenaires de longue date dans la lutte contre l’extrémisme, ont réaffirmé leur engagement à développer des cadres d’action concrets pour permettre aux femmes de jouer un rôle central dans la prévention du terrorisme. Ce séminaire, qui s’étendra sur trois jours, ambitionne d’aboutir à des recommandations stratégiques en vue d’une meilleure intégration des femmes dans les politiques antiterroristes en Afrique.

Comme l’a souligné le général Allah Kouamé Joseph : « Un changement durable ne peut se faire sans l’implication active de toutes et de tous, sans exception. »

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