Côte d’Ivoire : Les Syndicalistes marches pour dénoncer l’endettement des pays Africains, qui freine leur développement et détériore les conditions de vie des travailleurs

Plus de 3 000 syndicalistes, vêtus de rouge et de noir, ont convergé le vendredi 28 février 2025 dernier, vers l’entrée de Grand-Bassam pour participer à la Marche Citoyenne de la 15ᵉ édition du Forum de la Rentrée Syndicale de la CSI-Afrique. Organisée par la Confédération Syndicale Internationale-Afrique (CSI-Afrique) et ses partenaires, cette marche de 5,2 kilomètres a relié le carrefour principal de la ville à la préfecture. L’objectif était clair : dénoncer l’endettement excessif des pays africains, qui freine leur développement et détériore les conditions de vie des travailleurs.

Brandissant des pancartes et scandant des slogans comme « Non à la dette, Oui aux emplois et à la justice sociale », les manifestants ont exprimé leur rejet des politiques d’endettement qui, selon eux, entravent la croissance économique et accroissent les inégalités.

Soro Mamadou, secrétaire général de la centrale syndicale HUMANISME, a souligné l’urgence d’une réforme en profondeur. « L’Afrique ne peut plus être otage d’une dette qui appauvrit ses travailleurs, réduit les investissements publics et creuse les inégalités. Il est temps d’agir pour une véritable justice économique ! », a-t-il déclaré devant une foule mobilisée.

L’impact de la dette sur l’économie et les travailleurs

Le surendettement des nations africaines atteint des niveaux préoccupants. En Côte d’Ivoire, la dette publique représentait 55,8 % du PIB en 2023, frôlant le seuil critique de 60 % fixé par le Programme de Coopération Monétaire Africaine (PCMA). Cette situation entraîne des coupes budgétaires drastiques, un gel des salaires et une privatisation accrue des services publics.

Akhator Joel Odigie, secrétaire général de la CSI-Afrique, alerte sur les conséquences sociales de cette crise : « L’austérité imposée par la dette fragilise l’emploi, limite les salaires et affaiblit la protection sociale ». Dans le secteur public, les enseignants et les professionnels de santé voient leurs revenus stagner, tandis que les infrastructures hospitalières et scolaires souffrent d’un manque criant de financement.

Les syndicats présents à Grand-Bassam réclament une renégociation équitable de la dette, une réduction des mesures d’austérité et des politiques favorisant l’investissement social. Ils dénoncent également l’impact néfaste des programmes d’ajustement structurel du FMI et de la Banque mondiale, qui imposent des privatisations et une diminution des dépenses publiques au détriment des citoyens.

Un représentant de la Confédération Générale des Travailleurs de Côte d’Ivoire (CGT-CI) appelle à une refonte des accords financiers internationaux : « Nos gouvernements doivent exiger des conditions de remboursement plus justes et prioriser le bien-être des populations avant celui des créanciers étrangers ».

Cette manifestation s’inscrit dans une vaste campagne menée par la CSI-Afrique depuis 2023, visant à sensibiliser à l’impact du surendettement sur les travailleurs et à promouvoir des alternatives durables. Pour les participants, cette mobilisation marque le début d’un combat de longue haleine : la souveraineté économique de l’Afrique passe nécessairement par une réforme en profondeur du système d’endettement international.

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