Côte d’Ivoire : Le PDCI-RDA dans une deuxième vague de tourments, « Valérie Yapo égraine les maux du parti depuis l’avènement de Tidjane Thiam »
Face à la presse, à Cocody Angré 7eme Tranche, ce lundi 9 février 2026, madame Valérie Yapo, ex-déléguée d’Akoupé, est montée au créneau pour une fois de plus, tirée la sonnette d’alarme.
« J’ai décidé de prendre la parole ce jour par devoir politique, par loyauté envers mon parti, le PDCI-RDA, et par fidélité à l’héritage des Présidents Félix Houphouët-Boigny et Henri Konan Bédié, pour me prononcer sur la situation au sein de notre famille politique qui m’interpelle afin de tirer une fois de plus encore la sonnette d’alarme », a-t-elle déclaré.
Valérie Yapo a ensuite fait savoir que le parti fondé par feu le Président Félix Houphouët Boigny, traverse l’une des périodes les plus sombres de son histoire, depuis la disparition du président Henri Konan Bédié, et l’avènement de Monsieur Tidjane Thiam à la tête de ce parti.
Selon Valérie Yapo, ce constat n’est ni émotionnel, ni personnel, il est politique, factuel et mesurable.
« Jamais le PDCI-RDA n’a été aussi divisé et mal structuré qu’au cours de ces dernières années. Jamais le dialogue interne n’a été aussi absent, jamais les textes, les usages et les bonnes pratiques n’ont été autant piétinés« .
Au lieu de rassembler, selon elle, la direction actuelle a fracturé et continue ses pratiques qui émiettent le PDCI-RDA déjà en lambeaux.
Au lieu de consulter, elle impose, au lieu de convaincre, elle force, pas de Bureau politique, pas de décision prise dans les règles de l’art, pas de respect des textes et de nos us.

Les décisions majeures du parti sont prises en dehors des cadres habituels. Des Bureaux politiques et Congrès sont organisés en 48h avec des issus bien connus à l’avance. A savoir, imposer un homme, un messie, sans débat contradictoire à l’intérieur du parti dit ‘’démocratique’’, héritage politique de feu Félix Houphouët-Boigny, l’Apôtre du Dialogue et de son digne successeur, feu le Président Henri Konan Bédié, qui s’est illustré comme un homme de conciliation jusqu’à sa disparition.
Pour Valérie Yapo, depuis plus de deux ans, des alliances sont décidées au PDCI-RDA, sans mandat, sans débat, sans consultation préalable de nos instances dédiées. Les militants ont été pris en otage par une direction aux ordres, transformant un parti démocratique en un appareil verrouillé par une mafia.
Cette situation a eue pour conséquence la non non-participation du PDCI-RDA, à l’élection présidentielle du 25 octobre dernier, une troisième fois consécutive dont tout le monde présageait déjà des conséquences graves que cela allait infliger à cette grande famille politique et les résultats catastrophiquesaux élections législatives 27 Décembre 2025.
Ivoirnews24.net vous propose un extrait de la déclaration de madame Valérie Yapo ex-cadre du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire.
Depuis quelques jours, nous assistons tous à une crise profonde qui se vit au sein du groupe parlementaire PDCI-RDA, avec la désignation contestée de son président encore par des pratiques mafieuses et égocentriques. Le boycott par certains députés fait planer la menace sérieuse d’un danger avec la création possible et murmurée d’un groupe parlementaire dissident composé d’élus PDCI-RDA.
Les récents événements politiques nationaux viennent renforcer ce constat.
Après le retrait du COJEP, celui du Mouvement des Générations Capables (MGC) de la CAP-CI confirme une réalité politique préoccupante : le PDCI-RDA se retrouve de plus en plus isolé sur la scène de l’opposition, désavoué par des partenaires qui, hier encore, partageaient une vision commune.
Ce n’est pas un hasard. Ce n’est pas un complot. C’est la conséquence de choix stratégiques qui doivent aujourd’hui être réévalués.
Le PDCI-RDA n’est pas un parti de repli, encore moins un parti d’isolement. Il est historiquement un parti de dialogue, de rassemblement et d’équilibre. Lorsqu’il s’éloigne de cet ADN, il s’affaiblit. C’est pourquoi je le dis avec gravité et loyauté : le PDCI-RDA a besoin d’un sursaut.Il a besoin d’une pause stratégique au sommet.Il a besoin d’un large dialogue interne, inclusif et apaisé.
Ce n’est ni une attaque personnelle, ni une remise en cause d’un homme.
C’est une exigence politique dictée par l’intérêt supérieur du parti.
Dans l’histoire du PDCI-RDA, les grandes figures ont toujours su, lorsque les circonstances l’imposaient, prendre du recul pour permettre au parti de se ressourcer et de se réorganiser. Cette sagesse houphouëtiste doit nous inspirer aujourd’hui.
Je refuse que le PDCI-RDA devienne un parti refermé sur lui-même, coupé de sa base, dominé par des cercles restreints et des pratiques qui éloignent les militants du terrain. Je refuse que les défaites successives soient banalisées ou maquillées par des discours d’autosatisfaction.
Le combat que je mène n’est pas un combat contre quelqu’un.
C’est un combat pour la survie, la réforme et la renaissance du PDCI-RDA.
Hélas, il faut qu’on en parle, tous ces soubresauts sont couronnés par un fait marquant que tout le monde le constate et s’interroge sans s’y prononcer ouvertement: l’absence prolongée et sans raison apparente du Président du parti à l’extérieur. Nous sommes présentement à un an dans quelques jours, que M. Tidjane Thiam, Président du PDCI-RDA, est cloîtré à l’extérieur du pays, sans explication claire donnée aux militants.
Le PDCI-RDA ne peut être dirigé à distance, par procuration ou via les réseaux sociaux, et de surcroît moins dans une phase aussi critique de son existence.
Plus grave encore, une prétendue “restructuration” du parti est initiée au cours de ces dernières semaines sur instruction du président persistant toujours dans son nomadisme à l’étranger, par des dépôts de contributions opaques, ouvrant la voie à toutes sortes de manœuvres, de pressions et de manipulations, menées par des bras séculiers toujours mandatés par ses soins, au détriment des instances formellement habilitées que sont le Bureau politique et le Congrès.
Ce n’est ni la vision du PDCI-RDA, ni sa tradition, ni son éthique.
Mesdames et Messieurs les journalistes,
Face à cette situation, le silence serait une complicité. Se taire, c’est donner caution au faux et à la forfaiture. C’est pourquoi, en toute responsabilité, j’en appelle au sursaut de tous les militants, de tous les cadres du PDCI-RDA afin que, tirant leçon de tout ce qui précède, nous passions à l’action.
Ce diagnostic appelle à des solutions concrètes, et je formule aujourd’hui les propositions qui suivent.
- D’abord, et avant tout, je demande la démission formelle de Monsieur Tidjane Thiam de la présidence du PDCI-RDA. J’invite M. Thiam à se mettre en congé pour laisser la place au Doyen d’âge du parti de prendre le relai conformément aux textes et aux usages du PDCI-RDA.
- De deux, je préconise qu’il soit diligenté un audit complet, indépendant et transparent de la gestion du parti depuis l’arrivée de M. Thiam en décembre 2023 jusqu’à ce jour.
- De trois, je demande la convocation diligente d’un Bureau politique, un vrai Bureau politique, dans les règles de l’art, afin de prendre les décisions indispensables à une restructuration effective, crédible et rassembleuse du parti.
Mesdames et Messieurs ;
Le PDCI-RDA est plus grand qu’un homme. Le PDCI-RDA n’appartient à personne. Il appartient à ses militants, à son histoire et à l’avenir de la Côte d’Ivoire.
Nous, fidèles militants du PDCI-RDA, héritiers des Présidents Houphouët-Boigny et Kona Bédié, nous n’avons pas d’autre famille politique. Nous n’avons que le PDCI-RDA.
Formée au moule du PDCI-RDA, je suis PDCI-RDA, et je le demeure, par fidélité à nos pères fondateurs.
Par conséquent, nous ne pouvons, et nous ne devons rester indifférents et regarder mourir le PDCI-RDA qui marque un recul sérieux, visible et palpable sur le terrain aujourd’hui, même dans ses bastions traditionnels.
Nous ne pouvons, et nous ne devons rester les bras croisés et regarder notre famille politique aller à sa perte sans rien faire.
C’est pourquoi j’ai décidé de parler, j’ai décidé une fois de plus encore de tirer la sonnette d’alarme, car je constate que nous continuons de nous complaire dans notre confort, dans une indifférence coupable et une inaction qui précipite le PDCI-RDA vers des lendemains incertains.
C’est le lieu pour moi, une fois encore, de m’adresser aux doyens et dignitaires du parti. En ces moments où notre parti navigue dans des eaux troubles, votre responsabilités est encore plus grandes. Combien de temps encore allez-vous laisser la forfaiture prospérer dans notre parti politique ?
Allez-vous continuer à regarder et assister indifférents que les morceaux restants du PDCI-RDA lui soient ravis pour tenter un hypothétique sursaut de relève ?
Non ! C’est plus que jamais le moment.
Nous avons le devoir de sauver le PDCI-RDA, notre PDCI-RDA à tous, maintenant et ensemble.
J’en appelle à tous les cadres, à tous les élus, à tous les militants sincères. Ouvrons le débat au PDCI-RDA. Ouvrons un nouveau chapitre, fondé sur l’écoute, la collégialité, le respect des structures et la reconquête du terrain.
Le PDCI-RDA vaut plus que nos personnes. Il vaut plus qu’une ambition personnelle. Il est une part essentielle de l’histoire et de l’avenir de la Côte d’Ivoire.
Cette année, dans deux mois, le PDCI a 80 ans. 80 ans, c’est l’âge de la maturité, l’âge de la sagesse. Il faut que cette sagesse habite tous les cadres, militants et sympathisants du PDCI-RDA.
Cet âge ne doit pas être celui de notre déclin, mais synonyme de notre résilience. Il est temps de remettre résolument sur les rails le plus partis bâtisseurs de la Côte d’Ivoire moderne.
Il nous faut faire la catharsis du PDCI-RDA et le remettre sur les rails comme le phénix qui renait de ses cendres. Ce n’est pas un rêve, c’est un challenge indispensable, j’y crois et je nous y invite tous.
Je vous remercie.



