Côte d’Ivoire : Lancement officiel du salon LIFA, « La plume des femmes sort enfin de l’ombre », dixit Euphrasie Kouassi Yao
C’est dans une ambiance à la fois solennelle et empreinte d’émotion que s’est tenue, le lundi 16 février 2026 au siège de la Chaire UNESCO « Eau, Femmes et Pouvoir de Décisions » (CUEFPOD) à Cocody, la conférence de presse de lancement de la première édition du Salon du Livre et de la Création Féminine d’Abidjan (Salon LIFA). L’événement, prévu les 27 et 28 mars 2026 à la Bibliothèque nationale, s’annonce déjà comme le rendez-vous incontournable de la rentrée culturelle.
Difficile de rester insensible quand Madame Euphrasie Kouassi Yao, Ministre, Titulaire de la Chaire UNESCO et marraine de cette première édition, prend la parole. Le ton n’est pas celui d’un discours protocolaire, mais celui d’une confidence, d’une transmission.
« Partout en Afrique, des femmes écrivent. Elles écrivent tôt le matin, avant que le jour ne s’éveille. Elles écrivent tard dans la nuit, après avoir couché les enfants. Elles écrivent entre deux réunions, sur des pages invisibles ou sur des carnets froissés. »

La salle retient son souffle. Puis, pose deux questions : « Combien d’entre elles restent invisibles ? Combien de manuscrits sommeillent dans des tiroirs, faute d’une tribune pour résonner ? «
C’est pour répondre à cette urgence qu’elle a accepté ce parrainage. Et pour celles et ceux qui suivent son parcours depuis des années, l’évidence saute aux yeux. Comme elle le rappelle elle-même avec humour et fierté : « Écrire ne faisait pas partie de mes rêves. Je ne m’étais jamais imaginée écrivaine. Mais il arrive un moment dans la vie où le vécu déborde le silence. »
Porté par un collectif de femmes déterminées avec à la barre Maître Judith COULOUD et Mme ANGORAN Marie-Laure (CEO de IMC AFRIQUE) le Salon LIFA 2026 ne veut pas être un simple marché du livre version « NDLR » (Nous Défendons L’idée de Réussir, dirait-on dans nos rues). Non, ici, on vient avec des solutions concrètes.
Les organisatrices ont mis les petits plats dans les grands avec cinq innovations qui ont fait jaser dans les travées de la conférence :
- Les Résidences d’Écritures « De Lectrices à Autrices » : Des ateliers pour passer de l’autre côté du miroir. Que vous ayez 20 piges ou la cinquantaine bien tassée avec des mémoires de vie à coucher sur papier, y’a de la place pour tout le monde.
- Le Grand Prix EKY de l’Innovation Féminine : Là, on touche au symbole. « EKY », les initiales de la marraine, Euphrasie Kouassi Yao. Financé par les Éditions Égalité des Chances (sa maison d’édition, ndlr), ce prix va récompenser une femme dont le projet déchire par son impact social et son engagement pour l’égalité. « C’est un prix qui me touche profondément », a-t-elle confié, la voix légèrement voilée par l’émotion.
- Le Prix Fatou KEÏTA de la meilleure lectrice des lycées et collèges : Direction Yopougon. Les filles du Lycée Moderne des Jeunes Filles vont s’affronter autour de six ouvrages d’autrices ivoiriennes et africaines. La finale, le 28 mars 2026 à la Bibliothèque nationale, promet d’être chaude.
- Le Fonds Documentaire Ketty M. Liguer-Laubhoubet : Pour que les bibliothèques scolaires ne soient pas des déserts culturels. Un geste fort pour le même lycée de Yopougon.
- L’Annuaire 2026 des Autrices et Écrivaines de Côte d’Ivoire : Une première dans nos archives. Pour enfin savoir qui écrit quoi, et mettre fin à l’invisibilité systémique.
Autre info de taille révélée lors de cette conférence : le rôle des Éditions Égalité des Chances, dirigées par Madame Euphrasie Kouassi Yao elle-même, en tant que Partenaire Éditorial Officiel. Ici, pas de blabla. La maison d’édition, créée en 2024, a déjà trois publications à son actif, dont le best-seller « EKY ou le secret de la réussite », agréé par le Ministère de l’Éducation Nationale pour les classes de troisième.
L’engagement est clair : les textes des lauréats des concours et les recueils collectifs issus du Salon seront publiés. De quoi donner des ailes aux plumes en herbe. « Que la jeune fille de Bouaké à Conakry, de Korhogo à Bobo-Dioulasso, qui griffonne des poèmes dans son cahier, sache qu’il existe une maison d’édition qui l’attend », a lancé la marraine, fixant l’assemblée droit dans les yeux.

Le programme s’annonce chargé : conférences, tables rondes, ateliers d’écriture, stands d’exposition-vente d’ouvrages et d’objets créatifs réalisés par des femmes. La Bibliothèque nationale va vibrer pendant deux jours au rythme des voix féminines.
L’appel est lancé, et il est clair comme de l’eau de roche : « Chères sœurs, chaque femme porte en elle une histoire qui mérite d’être écrite, lue et partagée. Venez avec vos manuscrits, vos rêves, vos plumes. Ce Salon est le vôtre. » Et pour les amoureux de la lecture, les étudiants, les curieux, la porte est grande ouverte. Rendez-vous est pris.



