Côte d’Ivoire : Lancement du Kalamon Yépafori 2026 : « Quand la culture devient un levier de souveraineté alimentaire dans le Bounkani »
La cinquième édition du festival Kalamon Yépafori a été officiellement lancée ce mercredi 15 avril 2026 au centre sportif et culturel ivoiro-coréen Alassane Ouattara d’Adjamé. Prévu du 30 avril au 2 mai dans les localités de Kalamon et Doropo, l’événement entend dépasser le cadre festif pour devenir un levier stratégique de transformation territoriale, alliant patrimoine culturel, agriculture durable et souveraineté alimentaire.

L’effervescence était palpable, ce mercredi 15 avril 2026, au centre sportif et culturel ivoiro-coréen Alassane Ouattara d’Adjamé. Devant une assistance venue nombreuse, la cérémonie de lancement de la 5ᵉ édition du festival Kalamon Yépafori a débuté par une explosion de couleurs et de rythmes : les danses traditionnelles des communautés Lobi et Koulango ont enchanté l’assistance, rappelant avec force la richesse identitaire de la région du Bounkani.
Avant même les prises de parole officielles, un vibrant rappel des moments forts de l’édition précédente a plongé l’auditoire dans l’émotion. En 2025, le festival avait marqué les esprits par son engagement concret : plus de 150 forages réalisés, des campagnes de dépistage massives, des actions médico-sociales et un vaste programme de repeuplement écologique, sans oublier un soutien financier direct aux groupements de femmes et de jeunes, véritables piliers de l’économie locale.
C’est sur cette dynamique que Charles Kondé, président du comité général du festival, a ouvert le bal des allocutions. Visiblement ému par l’affluence, il a d’abord salué la mobilisation : « Votre présence nous touche sincèrement et nous encourage à aller plus loin dans cette belle aventure. Je remercie nos autorités, nos partenaires, et toutes celles et ceux qui, de près ou de loin, font grandir ce festival. »

Avant d’insister sur la vocation profonde de la manifestation : « Kalamon Yépafori, ce n’est pas seulement un événement. C’est un moment de partage, de retrouvailles. C’est aussi l’occasion de montrer ce que le Bounkani a de plus beau, d’authentique et de prometteur. »
Cette année, la promesse est d’aller encore plus loin : programme enrichi, activités pour tous (enfants, jeunes, femmes, populations), avec un accent particulier sur la culture, l’agriculture et le développement local. Sur le plan artistique, le public pourra compter sur la présence de grandes pointures du coupé-décalé : Serge Beynaud, DJ Léo et d’autres invités de marque feront vibrer Kalamon et Doropo.
Avant de céder la parole, Kondé a lancé un appel solennel aux médias : « Chers amis de la presse, vous êtes nos partenaires essentiels. Nous comptons sur vous pour que cette édition rayonne dans toute la région. »

Le discours du commissaire général, Hien Sansan Ludovic, par ailleurs Directeur des transports et de la mobilité urbaine du District autonome d’Abidjan, a ensuite élevé le débat. Après avoir rendu un hommage appuyé au ministre-gouverneur Cissé Ibrahima Bacongo, dont la confiance agit comme « un catalyseur d’excellence », il a invité à une rétrospective nécessaire.
« La quatrième édition, dédiée au brassage culturel et à la protection de notre environnement, ne fut pas seulement une célébration. Elle fut une démonstration de force et de fraternité. Grâce à une mobilisation populaire exceptionnelle, nous avons transformé la ferveur festive en progrès tangible : santé pour tous, forages, dépistages, actions médico-sociales, repeuplement écologique Autant de vies transformées, de cohésion sociale solidifiée. »
Puis, dévoilant le thème de cette année : « Le patrimoine culturel, l’agriculture durable, piliers de la souveraineté alimentaire et du développement rural dans le Bounkani », Hien Sansan Ludovic a annoncé une mutation stratégique. « Nous ne nous contentons plus de célébrer notre identité. Nous voulons faire de notre culture le moteur de notre autonomie économique. »
Trois piliers structureront l’édition 2026 :
- Les assises économiques et agricoles : mise en avant de l’innovation, systèmes d’implication modèles, promotion des commerces de proximité et valorisation des produits locaux.
- Les pays culturels et scientifiques : concours de danses ancestrales, dialogues entre racines et modernité.
- Le rassemblement par le sport : activités fédératrices pour la jeunesse, dans un esprit de dépassement et de fraternité.

« Plus qu’un festival, Kalamon Yépafori devient un instrument structurant du développement local, un pont entre notre héritage et notre avenir », a conclu le commissaire général sous les applaudissements.
Dernière intervention, et non des moindres, celle d’Ouattara Yaya, président des jeunes de Kalamon. Prenant la parole avec une émotion retenue, il a d’abord appuyé l’appel à l’accompagnement lancé par le commissaire général.
« Le frère a besoin de moyens pour aider la jeunesse. Aujourd’hui, on parle d’employabilité. Lui, il met les bases. Mais si la presse et les partenaires jouent le jeu, il pourra vraiment agir. »
Puis, témoignage poignant : « Dans la sous-préfecture de Kalamon, avant la naissance de ce festival, nos parents et nous-mêmes, jeunes, avions un souci majeur : comment aider nos femmes à avoir de l’eau ? La recherche de l’eau nous prenait tout notre temps. Depuis le festival, plusieurs localités ont été dotées de forages. Désormais, au lieu de s’inquiéter pour l’approvisionnement, notre jeunesse peut se lever le matin et vaquer à ses occupations. Cela nous permet aussi de nous croiser sereinement, sans les longues files d’attente. »

Au nom de la jeunesse et de tout le département du Bounkani, il a lancé un appel solennel : « Nous sollicitons tous les accompagnements possibles pour que ce festival continue de grandir et de transformer nos vies. »
La cérémonie de lancement s’est achevée sur une note résolument optimiste, mêlant danses et promesses d’avenir. Rendez-vous est pris du 30 avril au 2 mai 2026, entre Kalamon et Doropo, pour vivre une édition qui s’annonce déjà historique. Le Bounkani, par sa culture et son audace, entend bien montrer la voie d’un développement rural endogène, où la fête devient le ferment du progrès.



