Côte d’Ivoire : Journée africaine de lutte contre la corruption 2026, « l’Etat Ivoirien fait de l’intégrité un levier stratégique de développement »

La Côte d’Ivoire a réaffirmé, ce jeudi 09 juillet 2026 à l’auditorium du centre de conférence du ministère des Affaires étrangères dans la commune du Plateau, son engagement résolu en faveur de l’intégrité, de la transparence et de la conformité, à l’occasion de la célébration de la Journée Africaine de Lutte contre la Corruption.

Placée sous la haute présidence de Son Excellence Monsieur Robert Beugré Mambé, Premier Ministre, Chef du Gouvernement, cette conférence internationale de haut niveau, organisée par la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance (HABG), a réuni des membres du Gouvernement, des présidents d’institutions, des dirigeants d’entreprises, des représentants du secteur privé, des organisations internationales, des partenaires techniques et financiers, des universitaires, des organisations de la société civile ainsi que des experts nationaux et internationaux.

Pour l’édition 2026, l’Union africaine a retenu le thème : « Intensifier la promotion de l’intégrité et des actions anti-corruption à travers l’Afrique ». En cohérence avec cette orientation, la HABG a choisi comme thème national : « Intégrité, transparence et conformité : piliers d’une gouvernance publique et privée résiliente »

Ce thème met en évidence le rôle central des dispositifs d’intégrité, de conformité et de transparence dans la prévention des risques de corruption, le renforcement de la gouvernance des institutions publiques et privées, l’amélioration du climat des affaires ainsi que la consolidation de la confiance des citoyens, des partenaires techniques et financiers et des investisseurs.

Dans son allocution, Dr Ladislas Nzé Békalé, représentant spécial de la Commission de l’Union africaine en Côte d’Ivoire, a souligné que malgré les progrès accomplis, la corruption demeure un défi majeur qui entrave le développement économique, fragilise les institutions et mine la confiance des citoyens. Il a rappelé que depuis l’adoption de la Convention de l’Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption en 2003, l’organisation continentale n’a cessé de promouvoir une approche collective et structurée contre ce fléau.

« La corruption n’est pas une fatalité. Elle peut être combattue à condition que nous agissions ensemble avec rigueur, transparence et détermination », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de renforcer la coopération entre les États africains et avec les partenaires internationaux.

M. Epiphane Zoro Bi Ballo, président de la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance, a présenté un bilan encourageant des actions menées par l’institution. Il a notamment annoncé que 1 615 cadres issus du secteur public, du secteur privé et de la société civile ont été formés entre avril 2025 et juillet 2026 au sein de l’Académie de la bonne gouvernance et du leadership anticorruption. Par ailleurs, 450 élèves magistrats et greffiers ont été formés à l’Institut national de formation judiciaire sur l’éthique, la probité, l’intégrité et les mécanismes anticorruption.

Sur le plan des signalements, 451 alertes ont été recueillies entre le 1er janvier et le 31 décembre 2025 grâce aux mécanismes de dénonciation sécurisée. Le dispositif de déclaration des patrimoines a également enregistré des résultats encourageants avec un taux de conformité de plus de 90 %.

Dans le volet répressif, la HABG a transmis au pôle pénal économique et financier 45 procès-verbaux d’enquête et a mis à la disposition des instances judiciaires plus de 39 cadres du secteur public et privé, soupçonnés d’actes de corruption.

M. Ahoua N’Doli Théophile, Inspecteur Général d’État et représentant du Premier Ministre, a salué les progrès significatifs accomplis par la Côte d’Ivoire. Il a rappelé qu’en 2013, le pays affichait un score de 27 sur 100 à l’indice de perception de la corruption de Transparency International, avec un classement de 136ᵉ place au niveau mondial. Dix ans plus tard, la Côte d’Ivoire est passée à la 69ᵉ place avec un score de 45 sur 100.

« Si l’on peut se féliciter que sous la haute égide du président Alassane Ouattara, de nombreux progrès ont été accomplis, le thème continental de cette année constitue un appel clair à franchir une nouvelle étape, celle de la consolidation irréversible des acquis et la maturation des systèmes de gouvernance publique et privée », a-t-il souligné.

L’un des temps forts de cette édition a été la conférence inaugurale animée par Michel Sapin, ancien Ministre français de l’Économie et des Finances, initiateur des lois Sapin 1 et 2, expert reconnu en matière de conformité et de prévention de la corruption. Son intervention a porté sur le thème : « Promotion de l’intégrité, de la transparence et de la conformité : piliers d’une gouvernance publique et privée résiliente et efficace dans la lutte contre la corruption et le blanchiment de capitaux ».

Le président de la HABG a salué la présence de M. Sapin, dont le nom demeure étroitement associé aux réformes ayant conduit à l’adoption des lois anticorruption françaises, contribuant ainsi à faire évoluer les dispositifs de transparence, de conformité et de lutte contre la corruption dans les secteurs publics et privés.

Cette conférence s’inscrit dans la dynamique de mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Lutte contre la Corruption 2024-2028, qui constitue le cadre de référence de l’action publique en matière de prévention et de lutte contre la corruption. Elle contribue à renforcer la crédibilité des institutions, à consolider l’État de droit et à créer un environnement favorable à un développement économique durable, inclusif et compétitif.

La célébration se poursuivra le 11 juillet 2026 avec la Déclaration officielle du Président de la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance, qui réaffirmera les engagements de l’Institution en faveur d’une gouvernance exemplaire et d’une mobilisation accrue de l’ensemble des parties prenantes contre la corruption.

Par cette initiative, la Côte d’Ivoire confirme sa détermination à faire de l’intégrité, de la transparence et de la conformité non seulement des exigences éthiques, mais également des leviers stratégiques de transformation de l’action publique, de compétitivité économique et de développement durable.

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