Côte d’Ivoire : Fini n’est pas fini, « Godey Sandy brise le silence et livre un album de résilience »

Ce mercredi 18 février 2025, l’atmosphère de la salle de conférence L’Allocodrome, à Niangon (Yopougon), était empreinte d’émotion et de spiritualité. L’artiste Godey Sandy y présentait officiellement son nouvel album, Fini n’est pas fini. Un retour aux sources attendu, vingt-deux ans après son dernier projet majeur, marqué par la maturité et la foi.

Ce n’est pas un simple lancement d’album qui s’est tenu hier à Yopougon. C’était une véritable profession de foi. Devant un parterre de journalistes, de mélomanes et de personnalités du monde culturel, Godey Sandy, de son nom civil Godé Tagbo Jérôme, a levé le voile sur « Fini n’est pas fini », une œuvre qu’il porte comme un témoignage.

Né en 1971 à Bada, dans la région de Divo, originaire de Lakota, Godey Sandy a toujours été habité par la parole. Issu du peuple Dida, il baigne dès l’enfance dans les valeurs de la tradition orale. Après des études au CEG de Sassandra, où il cultive déjà un art pluriel alliant musique et arts martiaux, il fonde le groupe Phare Système. Leur passage remarqué dans l’émission Variétoscope de la RTI lui ouvre les portes du Village Ki-Yi en 1990.

C’est au sein de cette institution qu’il affine son style, une parole chantée profonde et habitée, participant à des projets collectifs comme Carnet A et Carnet B. En 2002, il rejoint le maître Lohoré Gnagra au sein du groupe Sakoloh pour enregistrer Au commencement était la parole Volume 2, avant de rendre hommage à son mentor disparu en 2003.

Alors, pourquoi ce titre, « Fini n’est pas fini » ? Godey Sandy s’en explique avec la sagesse de l’aîné, « Si j’ai choisi ce titre, ce n’est ni par provocation, ni par nostalgie. C’est par conviction profonde. Tant qu’il y aura un Père Céleste qui me donne le souffle de vie et me rend capable de produire des œuvres d’art, je chanterai. »

À travers cet album, l’artiste enraciné dans sa culture Dida mais tourné vers l’avenir, adresse un message universel de résilience. « Quand certains pensent que tout est terminé, la parole, elle, continue. Quand les chemins se ferment, la foi ouvre d’autres voies », a-t-il ajouté.

Composé de titres forts tels que La voix de la paix, Ayra Toh, Africa Tchoutchoué ou encore Zehimago, ce disque se veut une adresse à l’Afrique, à ceux qui doutent, à ceux qui tombent et se relèvent.

La conférence de presse a également été marquée par la présence émouvante du parrain de l’artiste, monsieur Émile Lalié. Avec des mots simples et touchants, il a retracé son rôle de soutien : « Chacun a son don. Mais pour que le don prenne forme, il faut toujours un soutien. Moi, j’ai vu le talent de mon frère, et je me suis dit qu’il fallait l’aider. Aujourd’hui, je suis fier de lui. »

M. Lalié a tenu à adresser un message d’espoir à tous les jeunes talents de l’intérieur du pays, « Je le considère comme un gardien du trône, un gardien du pays. Sa sortie aujourd’hui me fait chaud au cœur. Il ne faut jamais baisser les bras. Il y a toujours quelqu’un pour vous tendre la main un jour. »

L’artiste a également tenu à remercier chaleureusement tous ceux qui l’ont accompagné depuis ses débuts : les maîtres, les frères de scène, les médias, et le public.

Avec Fini n’est pas fini, Godey Sandy ne fait pas que marquer son retour. Il prouve que l’art peut guérir, que la parole peut rassembler et que les gardiens de la tradition ont encore des choses essentielles à dire au monde moderne. L’album est d’ores et déjà disponible, porté par une voix que le temps n’a pas entamée, celle d’un homme debout.

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