Côte d’Ivoire : FESTILAD 7 à Kaniasso, « Quand le livre et les arts deviennent des boucliers contre l’excision et le mariage forcé »

L’intellectuel ghanéen James Emman Aggrey résonnera avec force du 30 avril au 2 mai 2026 dans la ville de Kaniasso. À l’occasion de la 7e édition du Festival du Livre et des Arts du Denguélé (FESTILAD 7), l’ONG-Les Citoyens du Livre et des Arts du Denguélé (ONG-CILAD) et ses partenaires transforment cette localité stratégique du nord-ouest ivoirien en un véritable laboratoire de transformation sociale. Le thème: « Livre, Arts et Culture : Vecteurs de Protection et d’Autonomisation de la Jeune fille » n’a rien d’anodin. Dans une région où l’excision, les mariages forcés et l’abandon scolaire restent des fléaux tenaces, la culture devient une arme de sensibilisation massive.

Si le Festival couvre l’ensemble du District du Denguélé (régions du Kabadougou et du Folon), l’édition 2026 met l’accent sur le département de Kaniasso. « Sa situation géographique en fait un point stratégique pour le développement du capital humain, en particulier pour la protection et l’autonomisation de la jeune fille et de la femme, parfois laissées pour compte dans des situations de vulnérabilité », expliquent les organisateurs. En clair : agir là où les besoins sont les plus criants.

Pendant trois jours, conférences, dédicaces, concours de slam (sur le thème « Femme et Construction d’un monde de paix »), concours culinaire valorisant le Kabato et la sauce Gbanmougoudji, ateliers d’écriture et nuits de contes se succéderont. Quatre nouvelles bibliothèques seront inaugurées à Odienné et Kaniasso, pour offrir aux filles un espace d’évasion et d’apprentissage. Un débat central est prévu : « Excision et mariage forcé : quelles conséquences sur la vie scolaire, sociale et psychologique des jeunes filles ? » Sans oublier des projections de films et documentaires, suivies de discussions, pour lever le voile sur ces pratiques.

L’apothéose sera marquée par des performances artistiques (théâtre, danse, musique) portées par les jeunes filles elles-mêmes autour du cri de ralliement : « Ma voix, mes droits ».

Au-delà des trois jours de festivités, l’ONG-CILAD amorce des actions durables: 

  • Un programme d’alphabétisation ambitieux

Il cible deux publics : les femmes adultes non scolarisées et les jeunes déscolarisés. Objectif : leur offrir une seconde chance via des compétences de base en lecture, écriture et calcul. « Ce programme participatif et communautaire contribuera à la réduction des inégalités éducatives et à l’émancipation des femmes », souligne l’ONG, qui entend ainsi répondre aux Objectifs de Développement Durable (ODD).

  • Le Groupement des Artisans Paysans du Denguélé (GAP-DEN)

Cette structure transversale vise à promouvoir les arts et la culture, lutter contre l’immigration clandestine et la pauvreté, défendre la santé des enfants et des femmes, éduquer filles et garçons, et protéger l’environnement. Une approche holistique où l’économie et l’écologie se donnent la main.

Pour l’ONG-CILAD, l’ambition est claire : permettre aux jeunes, plus particulièrement aux filles de Kaniasso, d’être épanouies, de se sentir en sécurité et de participer à la construction d’une communauté forte et résiliente. Loin d’un simple festival, le FESTILAD 7 se veut un accélérateur de changement social, où l’éducation, la lecture et les arts ne sont pas des privilèges mais des droits appliqués.

Les autorités politiques, administratives et traditionnelles sont attendues nombreuses à Kaniasso fin avril. Pari tenu pour le Denguélé : faire de la jeune fille non plus une victime, mais un pilier du développement durable.

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