Côte d’Ivoire : Entrepreneuriat des jeunes, Le programme d’appui aux startups passe à la vitesse supérieure »

Le samedi 28 mars 2026, une ambiance solennelle mais résolument tournée vers l’avenir, à la Maison de l’Entreprise (CGECI) au Plateau. La Caisse des Dépôts et Consignations de Côte d’Ivoire Capital (CDC-CI Capital) et l’Agence Emploi Jeunes (AEJ) ont officiellement lancé la deuxième édition du Programme d’Appui à l’Écosystème des Startups. Placée sous la présidence de Mamadou Touré, ministre de la Promotion de la Jeunesse, de l’Insertion Professionnelle et du Service Civique, la cérémonie a réuni près de 300 acteurs des secteurs public et privé, des universités et de l’écosystème entrepreneurial.

Ce programme, mis en œuvre dans le cadre du Projet des Chaînes de Valeur Compétitives pour l’Emploi et la Transformation Économique (PCCET), ambitionne de faire de l’entrepreneuriat innovant un véritable moteur de création d’emplois durables en Côte d’Ivoire.

Avant de dévoiler les ambitions de cette nouvelle édition, les organisateurs ont dressé un bilan plus qu’encourageant de l’année 2025. Le programme a permis de mobiliser plus de 4 000 étudiants, de former 1 300 jeunes et d’accompagner 118 startups. Treize Structures d’Appui à l’Entrepreneuriat (SAE) ont été renforcées, et plusieurs lauréats ont bénéficié d’immersions internationales, une ouverture sur le monde jugée cruciale pour l’essor des pépites ivoiriennes.

Dans son allocution, Arthur Coulibaly, Directeur Général de CDC-CI Capital, a détaillé les piliers de ce succès. Il a notamment souligné l’importance de la première édition de la compétition étudiante Design Sprint Universitaire qui a vu 4 000 étudiants mobilisés et 40 meilleures équipes se distinguer. « Nous avons mobilisé 42 structures d’accompagnement et 185 experts. Cet ensemble constitue un vivier important de savoir-faire pour accompagner les étudiants et les startups dans leurs projets », a-t-il ajouté, saluant la collaboration avec des experts internationaux venus de Suisse.

L’un des temps forts de ce bilan a été le témoignage de Docteur Ousmane Soumahoro, fondateur du UMED, représentant les startups lauréates. Ému, il a raconté l’impact de l’immersion internationale à Paris : « On a passé deux semaines à pitcher cinq fois par jour. Cela nous a permis de sortir de nos routines, de déconstruire nos préjugés et de nous concentrer sur la stratégie. Aujourd’hui, j’ai eu la chance de signer un protocole d’amorçage avec CDC-CI Capital à hauteur de 350 millions de FCFA pour passer à l’échelle. » Son projet, dans le domaine de la télémédecine, illustre la volonté du programme de soutenir des solutions à fort impact social.

Forte de ces résultats, l’édition 2026 se veut plus ambitieuse et plus médiatique. L’objectif affiché est de sensibiliser plus de 15 000 étudiants à travers le pays via une caravane Campus Startups, de former 2 000 étudiants dans le cadre du Design Sprint Universitaire, et d’accélérer 150 startups.

Deux grandes innovations marquent cette montée en puissance : le lancement de deux émissions télévisées dédiées. Campus Startups Ivoire mettra en lumière la compétition étudiante, tandis que Le Grand Pitch offrira une vitrine nationale aux startups en compétition, leur garantissant visibilité, accompagnement et accès au financement.

« Avec cette édition 2026, nous franchissons une étape importante dans notre capacité à structurer, financer et accompagner les startups ivoiriennes, tout en leur offrant une exposition à l’international », a insisté Arthur Coulibaly. Il a également révélé que les thématiques prioritaires de cette année seront la souveraineté alimentaire et la souveraineté numérique, des enjeux cruciaux pour le développement du pays.

L’originalité du programme réside dans sa capacité à créer un pont entre le monde académique et les réalités du marché. Jean-Louis Kouadio, administrateur de l’Agence Emploi Jeunes, a rappelé la mission de son institution : « Notre rôle est d’être au plus près des jeunes, de comprendre leurs besoins, et de leur apporter des réponses concrètes. L’entrepreneuriat est une voie d’insertion de plus en plus prisée. Ce programme offre un cadre, un accompagnement et des financements. »

Ce lien entre théorie et pratique a été concrètement illustré par le témoignage de Raymond Tagouya, Directeur du Développement Agricole et de l’Approvisionnement de PALMCI, filiale du groupe SIFCA. Partenaire de la première édition, l’entreprise agro-industrielle a soumis une problématique concrète à une équipe d’étudiants. Le résultat a dépassé leurs attentes. « Il y a de cela un mois, l’équipe étudiante est venue nous présenter un prototype. J’avoue que ça a été un effet ‘wow’. Leur solution répondait à environ 80 % de nos attentes. Ce projet est un véritable pont entre les universités et les problématiques des entreprises », s’est félicité M. Tagouya, réaffirmant l’engagement du groupe SIFCA pour l’édition 2026.

Le ministre Mamadou Touré, visiblement impressionné par les résultats et les témoignages, a conclu la cérémonie en réaffirmant l’engagement du gouvernement. « Le gouvernement fait de l’entrepreneuriat des jeunes un levier central de transformation économique. À travers ce programme, nous accompagnons concrètement les jeunes Ivoiriens pour qu’ils créent des entreprises solides, innovantes et génératrices d’emplois », a-t-il martelé.

Prenant acte du succès de l’approche, il a appelé à une synergie accrue entre les différents ministères et dispositifs existants. « On fait beaucoup de choses de qualité, mais ce n’est pas forcément connu de l’opinion. Pour l’édition prochaine, nous ferons quelque chose de beaucoup plus grand, beaucoup plus médiatique. Je souhaite échanger avec mes collègues ministres pour que, lorsqu’un segment donne des résultats, on se greffe dessus et on lui donne plus d’écho », a-t-il promis, annonçant la mobilisation de ressources supplémentaires pour soutenir ce dispositif qui change concrètement la vie de milliers de jeunes.

La cérémonie s’est achevée par le lancement officiel du programme, scellant le début d’une nouvelle aventure pour l’écosystème startup ivoirien, désormais bien décidé à faire entendre sa voix et à peser dans le développement économique national.

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