Côte d’Ivoire : Énergie, « Inauguration de la centrale électrique à biomasse BIOVEA Énergie »

Ce jeudi 5 novembre 2026, la centrale électrique à biomasse BIOVEA a été officiellement inaugurée à Ayébo, dans la région du Sud-Comoé. Dotée d’une puissance installée de 46 MW, cette infrastructure pionnière transforme les résidus agricoles en électricité, marquant ainsi une avancée majeure dans la diversification du mix énergétique et la transition énergétique de la Côte d’Ivoire.

C’est un jour historique pour le secteur énergétique ivoirien et sous-régional. En présence des plus hautes autorités du pays et des partenaires internationaux, la Côte d’Ivoire a officiellement mis en service la centrale à biomasse Biovea. Située à Ayébo, dans la région du Sud-Comoé, cette installation est la première du genre en Afrique de l’Ouest à injecter sur le réseau national de l’électricité produite à partir de résidus agricoles.

Représentant le Chef du Gouvernement, la Ministre d’État, Ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération Internationale, Mme Nialé Kaba, a souligné l’importance de cette réalisation qui traduit « la volonté du Gouvernement de faire de l’énergie un levier de la transformation économique et sociale ». Elle a rappelé que cette infrastructure s’inscrit dans la dynamique de croissance soutenue initiée depuis 2011, permettant à la Côte d’Ivoire de porter son taux d’accès à l’électricité de 33,1 % à plus de 99 % aujourd’hui.

Portée par Biovea Énergie, un consortium réunissant EDF, Meridiam et le Groupe SIFCA, la centrale affiche des performances techniques de pointe. Selon son Directeur Général, Xavier de Charentenay, l’infrastructure dispose d’une puissance installée de 46 MW pour une production annuelle de 348 GWh. Elle est la plus grande centrale de biomasse d’Afrique de l’Ouest.

« Biovéa donne une nouvelle dimension à la relation entre le secteur de l’agriculture et celui de l’énergie », a déclaré pour sa part le Ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly. La centrale valorisera près de 450 000 tonnes de résidus issus de l’exploitation du palmier à huile, fournis notamment par PALMCI et les producteurs locaux.

L’impact environnemental est majeur. La production d’électricité à partir de biomasse permettra d’éviter l’émission de 4,5 millions de tonnes de CO₂ sur 25 ans. De plus, les cendres issues de la combustion seront réutilisées comme fertilisants naturels pour l’agriculture, s’inscrivant ainsi dans une logique d’économie circulaire. Cette initiative contribue directement aux engagements climatiques du pays, notamment l’objectif de porter la part des énergies renouvelables à 45 % dans le mix énergétique d’ici 2030.

Au-delà de la production électrique, Biovea est présentée comme un véritable levier de développement économique et social pour la région du Sud-Comoé. Le projet générera plus de 1 000 emplois directs et indirects pérennes, offrant de nouvelles perspectives à la jeunesse locale.

Les retombées concernent également le monde agricole. Plus de 12 000 planteurs verront leurs revenus augmenter grâce à la valorisation des résidus de leurs exploitations. Le Président du Conseil Régional du Sud-Comoé, le Docteur Eugène Aka Aouélé, a salué une infrastructure qui renforcera l’attractivité de la région pour les investisseurs et a réaffirmé l’engagement de la collectivité à accompagner la formation et l’insertion professionnelle des jeunes.

La réalisation de ce projet a nécessité un investissement de plus de 150 milliards de francs CFA, mobilisé par les actionnaires privés avec le soutien de partenaires financiers tels que Proparco et l’Emerging Africa Infrastructure Fund. La France, représentée par son Ambassadeur, figure également parmi les soutiens de premier plan.

Lors de son allocution, le Ministre Sangafowa-Coulibaly a indiqué que cette centrale arrivait à point nommé pour soutenir un système électrique sous contrainte face à la forte croissance de la demande. Il a annoncé que Biovea n’était que le début d’une série, avec la construction prochaine de deux autres centrales : l’une à base de résidus de cacao à Divo et l’autre à base de tiges de coton à Boundiali.

En déclarant officiellement la mise en service de la centrale, le gouvernement ivoirien confirme sa détermination à bâtir une Grande Côte d’Ivoire ambitieuse et prospère, où la valorisation des ressources nationales sert directement le bien-être des populations.

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