Côte d’Ivoire : Election Présidentielle, 37 Organisations de la Société Civile préviennent, « Que ceux qui comptent sur la violence, le braquage des urnes, les intimidations ou les armes pour se proclamer vainqueurs, se détrompent »

Dans une déclaration rendue publique, dont Ivoirnews24.net a reçu copie, la Plateforme de 37 Organisations, ONG Associations et Mouvements de la Société Civile Ivoirienne, s’est insurgé contre la sortie médiatique du Président de la CEI, Ibrahime Coulibaly-Kuibiert avant de lancer un appel à la revision de la liste électorale et mettre en garde.

Chers invités ;
Permettez-moi au nom du Conseil d’Administration de la Plate-Forme des 37 Organisations,
Associations, ONG et Mouvements de la Société Civile ivoirienne (PEC-CI) que nous présidons,
de vous adresser nos vifs remerciements pour avoir répondu massivement à cette première
conférence de presse de l’année 2025. Nous formulons à l’endroit de vos différentes familles nos
vœux de santé de fer et surtout une année de Grâces Divines, afin que nous puissions tous ensemble faire face aux nombreux défis qui nous attendent en cette année électorale.

Suite à la première réunion extraordinaire du Conseil d’Administration ce dimanche 26 janvier 2025, et au regard de l’urgence de l’actualité sociopolitique et les nombreux défis qui nous attendent à moins de 09 mois des échéances présidentielles d’octobre 2025, nous avons décidé de vous convier à cette 1ère conférence de presse de l’année pour nous prononcer sur des sujets fondamentaux qui concernent la vie de notre nation.
Les points sur lesquels nous allons nous prononcer sont au nombre de deux et sont entre
autres :

La révision de la liste électorale en cette année 2025 conformément à la Loi électorale, qui en son article 6 mentionne clairement que la liste électorale est tenue à jour annuellement par la Commission Electorale Indépendante (CEI), pour tenir compte des mutations intervenues dans le corps électoral.

Avant de revenir sur ce point pour vous donner nos analyses, observations et propositions, je voulais relever ici, qu’à cause du délai très court qui nous a été imposé par la Commission Electorale Indépendante lors de la dernière opération qui s’est tenue en fin d’année 2024, nombreux sont les nouveaux majeurs qui n’ont pas pu s’inscrire sur la liste électorale et qui sont toujours dans l’attente.

Le deuxième point sur lequel nous allons nous prononcer au cours de cette conférence de ce jour, va porter sur les conditions à remplir pour avoir un minimum de garantie pour des élections inclusives, transparentes, crédibles et apaisées qui ne souffriront d’aucune contestation des résultats qui sortiront des urnes au soir du 31 octobre 2025.

Mesdames et Messieurs, avant de nous prononcer sur ces deux points pour lesquels vous avez été conviés à cette conférence de presse, permettez-moi de vous relayer des actions concrètes qui ont été menées par la Plate-Forme des 37 organisations de la société civile ivoirienne (PEC-CI) que nous présidons au niveau du processus électoral ces dernières années, et qui méritent que le Gouvernement ivoirien porte une attention particulière à nos différentes observations et propositions.

Nous relevons ici nos dernières missions en tant qu’observateur indépendant accrédité par la
Commission Electorale Indépendante (CEI) le 03 septembre 2022 au cours des élections partielles
Sénatoriales et Législatives et la dernière en date du 02 Septembre 2023 lors des élections locales
couplées Régionales et Municipales, où nous avons déployé plus de 715 Observateurs indépendants,
et qui nous a permis de déceler toutes les forces et faiblesses du processus électoral mis en
place par la CEI.

Nous revenons sur ces faits car l’année 2025 est une année de tous les défis, où nous avons décidé d’être au-devant du combat pour avoir des élections transparentes, inclusives et démocratiques, alors nous refusons que la Commission Electorale Indépendante prenne en otage les ivoiriens et nous conduise droit au mur à une énième crise pré et post-électorale.

Nous rappelons à toutes fins utiles que tout au long de l’année 2024, la Plate-Forme que nous présidons a eu des échanges constructifs avec tous les partis politiques de l’opposition ivoirienne, et notre seul regret résulte dans le fait que, malgré nos nombreuses sollicitations auprès du Parti au pouvoir le RHDP, nos différentes demandes d’audience n’ont eu aucune suite favorable pour leur faire part de nos observations et inquiétudes quant aux nombreux problèmes qui minent le processus électoral en Côte d’Ivoire.

Mesdames et Messieurs, l’objectif prioritaire de notre engagement et de tous nos sacrifices consentis dans le processus électoral est d’éviter à notre pays d’autres crises pré et post-électorales au cours des prochaines échéances présidentielles d’octobre qui suscitent déjà de vives tensions et qui pourraient entrainer de nombreuses pertes en vies humaines et des dégâts importants de matériels comme celles de 2010 et de 2020.

Mesdames et Messieurs, en ce qui concerne le premier point de notre conférence de presse de ce jour,
à savoirla révision de la liste électorale, notre analyse reste toujours la même, la Commission Electorale
Indépendante (CEI) doit permettre à la majorité de nos concitoyens qui sont en âge de voter, et qui n’ont pas pu s’inscrire à temps sur la liste électorale à cause du délai très court qui leur a été imposé au cours de la dernière opération de révision en fin d’année 2024, de le faire avant les échéances présidentielles de 2025.

Par ailleurs, nous venons d’apprendre que le budget prévu pour cette opération en 2025 a été voté par
l’Assemblée Nationale, alors nous demandons à Monsieur Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, Président de la
Commission Electorale Indépendante (CEI), qui est un homme de droit et qui ne cesse à longueur de journée de dire aux ivoiriens qu’il ne fait qu’appliquer la loi, de se soumettre au code électorale qui régit l’Institution qu’il préside et surtout d’éviter de mettre de l’huile sur le feu, car nous n’accepterons plus jamais en Côte d’Ivoire l’exclusion.

En effet, tous les ivoiriens qui sont en âge de voter doivent être sur la liste électorale. Nous avons lu à travers les lignes d’une maison de presse en l’occurrence : « OPERA NEWS » paru le mardi 27 janvier 2025, que Monsieur Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, Président de la
Commission Electorale Indépendante (CEI) a affirmé au cours d’une rencontre avec le barreau de
l’ordre des avocats le 23 janvier, qu’aucune LOI n’oblige son Institution à effectuer la révision de la liste
électorale avant les élections d’octobre 2025.

Comment pouvez-vous comprendre, que pour une opération aussi importante que la révision
de la liste électorale en 2025, pour laquelle un budget a été voté et qui doit permettre à ces
milliers d’ivoiriens qui ont fait mains et pieds au cours de la dernière opération de 2024 pour
avoir leurs documents (Extrait de naissance, certificat de Nationalité, ou carte nationale d’identité),
mais qui malheureusement n’ont pu s’inscrire sur la liste électorale à cause du délai très court qui avait
été imposé par la CEI, ne puissent pas avoir la chance d’être pris en compte avant les échéances
présidentielles d’octobre 2025 pour choisir librement leur futur Président de la République.

En tant qu’acteur important de la société civile ivoirienne et défenseur des Droits de l’Homme, nous
estimons qu’il y’a un poids deux mesures, voire un projet de sabotage bien orchestré et bien préparé.
Sinon rien ne peut justifier aujourd’hui le refus de la Commission Electorale Indépendante de
procéder à la révision de la liste électorale avant les élections d’octobre 2025.

Au regard de la jurisprudence, car en nous référant aux présidentielles de 2015 et de 2020, la
même Commission Electorale Indépendante (CEI) a réalisé l’opération de révision de la liste
électorale et les élections ont pu se tenir dans le délai. Nous pouvons donc en déduire que la
Commission Electorale Indépendante dispose aujourd’hui des mêmes ressources humaines et
l’expertise nécessaire pour réaliser la même opération en 2025 avant les présidentielles.

Lorsque nous prenons le cas des présidentielles d’octobre 2020, où sur une population ivoirienne
de plus de 25 millions d’habitants, le nombre d’inscrits sur la liste électorale était de 7.495.082, et
ceux qui ont voté avoisinaient juste les 3 millions. Ces chiffres doivent amener Monsieur
Ibrahime Coulibaly-Kuibiert à créer toutes les conditions de sorte que la révision de la liste
électorale pour laquelle un budget a été déjà voté pour l’année 2025 soit une réalité.

Mesdames et Messieurs, nous savons tous que selon l’article 9 de la LOI Organique relative à la
Commission Electorale Indépendante, le Président de cette Institution est élu pour un mandat de
06 ans non renouvelable. Monsieur Ibrahime Coulibaly-Kuibiert a été élu à la tête de cette Institution
depuis le 30 septembre 2019 et son mandat prend fin le 30 septembre 2025, aussi nous savons qu’il
y a une clause spécifique dans son article 5 qui stipule qu’en cas d’élection dans les 12 mois suivant
l’expiration de leur mandat, les membres de la Commission Centrale demeurent en fonction pour
l’organisation des dites élections. Mais au regarde des nombreuses critiques dont cette Institution
fait l’objet, nous nous posons donc les questions suivantes :

Quel intérêt Monsieur Ibrahime Coulibaly-Kuibiert a-t-il en cette période très sensible de l’histoire
de notre pays où toutes nos populations ivoiriennes ont la peur au ventre à l’approche des
présidentielles d’octobre 2025, d’avoir à dos la classe politique de l’opposition ivoirienne et la
société civile ? sachant très bien qu’en Côte d’Ivoire les élections présidentielles sont sources de
conflits et de graves crises qui débouchent toujours sur de nombreuses pertes en vies humaines
et des dégâts importants de matériels.

Pourquoi Monsieur Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, s’opposerait-t-il à l’inscription sur la liste
électorale des ivoiriens qui désirent prendre une part active aux futures échéances électorales
pour faire le choix de leur futur Président de la République ?

Pourquoi une telle sortie dans la presse pour mettre de l’huile sur le feu, sachant très bien que la grande majorité des ivoiriens n’ont pas du tout confiance à l’Institution qu’il préside ?

Au regard des enjeux aussi importants que représentent ces élections présidentielles d’octobre 2025, qui suscitent déjà de vives tensions entre les partis politiques de l’opposition ivoirienne et cette Institution chargée des élections que préside Monsieur Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, nous estimons qu’il doit privilégier la voie de l’apaisement pour rassurer les ivoiriens qui n’ont plus confiance en cette Institution qu’il dirige. Nous avons eu la chance d’être observateurs indépendants au cours des deux dernières élections qui se sont tenues le 03 septembre 2022 et le 02 septembre 2023, où nous avons déployé plus de 715 Observateurs indépendants. Nous avons donc eu à échanger avec de nombreuses populations ivoiriennes qui aspirent à la PAIX et elles sont fatiguées des élections mal organisées qui entrainent toujours de nombreuses pertes en vies humaines. Il découle de toutes nos analyses et observations que la faiblesse qu’exploite aujourd’hui cette Commission Electorale Indépendante que préside Monsieur Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, réside dans le seul fait que, ni la classe politique de l’opposition ivoirienne, ni les organisations de la société civile ne sont soudées pour dire non à l’exclusion et à des élections mal organisées en 2025.

Mesdames et Messieurs, notre jeune démocratie est à dure épreuve, oui notre démocratie est en danger si la minorité doit dicter sa LOI à la majorité et s’imposer par la force des armes ou la violence, alors où se trouve donc la démocratie ?

Le deuxième point de notre conférence de presse nous emmène tout simplement à faire des propositions constructives, dans l’optique d’avoir des élections inclusives, transparentes et apaisées. Nos propositions sont donc les suivantes :

1- Nous demandons à la Commission Electorale Indépendante (CEI), l’application effective du code électoral en son article 6 alinéa 3 qui lui fait obligation de révision annuelle du fichier électorale. Nous estimons que la révision de la liste électorale constitue un instrument de Paix, alors œuvrons tous ensemble pour que sa mise en œuvre partisane ne conduise à ouvrir les sillons d’un processus électoral conflictuel. A ce titre, nous proposons que cette opération de révision de la liste électorale soit lancée dès le mois de février 2025 pour une période de deux mois ;

2- Nous demandons instamment au Président de la République, Son Excellence Alassane Ouattara, de peser de tout son poids pour ouvrir sans délai un Dialogue politique inclusif pour permettre à tous les acteurs qui prennent une part active au processus électoral en Côte d’Ivoire (Partis politiques, société civile) de trouver des compromis et un consensus pour régler définitivement les problèmes cruciaux qui minent le processus électoral en Côte d’Ivoire. Aussi, estimons-nous que ce Dialogue politique que nous sollicitons de tous nos vœux permettra de trouver des solutions aux problèmes suivants :

Le forma actuel de la Commission Electorale Indépendante qui suscite de vives contestations de la part des partis politiques de l’opposition ivoirienne et de la société civile, nécessite un consensus et des compromis afin d’éviter des blocages politiques ; L’inscription des Noms du Président Laurent Gbagbo et du Président du COJEP, Monsieur Charles Blé GOUDE sur la liste électorale ; Une loi d’amnistie de la part du Président Alassane Ouattara pour permettre à tous ces frères et sœurs qui désirent être candidats aux échéances présidentielles de l’être, car l’exclusion en Côte d’Ivoire a toujours été l’une des sources de toutes les crises électorales que nous avons connu ces 20 dernières années.

3- Nous demandons avec insistance des élections apaisées, libres, transparentes et surtout inclusives qui ne souffriront d’aucune contestation des résultats qui sortiront des urnes au soir du 31 octobre 2025 ;

4- Nous demandons à la Commission Electorale Indépendante et au Gouvernement d’accepter que la proclamation des résultats sortis des urnes de tous les bureaux de vote soit publique et affichée automatiquement pour éviter le vol des urnes et d’éventuels tripatouillages des Procès-verbaux.

Mesdames et Messieurs, la vision de la Plate-forme des 37 Organisations de la société civile ivoirienne que nous présidons pour l’année 2025, est que le jeu démocratique soit une réalité au cours des échéances présidentielles d’octobre prochain, pour mettre fin aux nombreuses crises pré et post-électorales qu’a traversé notre pays ces dernières années.

Nous estimons aujourd’hui et plus que jamais qu’il est du devoir des acteurs importants de la société civile ivoirienne que nous sommes, de tirer sur la sonnette d’alarme, de sensibiliser et d’interpeller la Commission Electorale Indépendante (CEI) dont la crédibilité est mise en cause par les acteurs politiques et la société civile. Aussi, les partis politiques tous bords confondus doivent comprendre que nous devons tout mettre en œuvrer pour éviter qu’il y ait des élections calamiteuses en 2025 qui pourraient entrainer de graves crises sociopolitiques.

Nous mettons en garde tous ceux qui se prépareraient dans l’ombre pour un hold-up électoral de se détromper. Oui, les élections présidentielles de cette année 2025 seront différentes des autres, nous nous battrons de toutes nos forces et de toute notre âme pour qu’il y ait des élections transparentes démocratiques et inclusives qui ne souffriront d’aucune contestation.

Que ceux qui comptent sur la violence, le braquage des urnes, les intimidations ou sur les armes pour se proclamer vainqueur au cours de ces présidentielles d’octobre 2025, sachent que nous sommes prêts à prendre tous les risques pour qu’elles soient plus démocratiques et inclusives que les précédentes dont les résultats sortis des urnes avaient été contestés. Que DIEU Tout Puissant, Maitre du Temps et de la Vérité, touche les cœurs des différents acteurs politiques afin qu’ils puissent donner une chance au DIALOGUE et à cette denrée rare qu’est la PAIX.

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