Côte d’Ivoire : Eid al-Fitr 2026, « À Yopougon, l’imam Sougué Souleymane appelle à la préservation des acquis spirituels et à la consolidation de la paix »
Comme un souffle de sérénité après un mois de privations et de ferveur, la communauté musulmane de Côte d’Ivoire a célébré ce vendredi 20 mars 2026 la fête de l’Aïd el-Fitr.
Édifiée par feu Dramane Sanogo, la mosquée Al Nour de Yopougon-Micao, dans le quartier de Petit Bouaké, a accueilli la prière solennelle marquant la fin du mois béni du Ramadan.

Devant une assemblée recueillie, l’imam Sougué Souleymane a prononcé un sermon empreint de spiritualité, mettant en garde contre l’oubli des vertus acquises et plaidant pour un vivre-ensemble pacifique, loin des fléaux qui menacent la jeunesse.
Dans une atmosphère de recueillement et de joie contenue, l’imam a d’abord rappelé l’essence de ce mois sacré, décrit comme une école de patience, de piété et de partage. « Le Ramadan est achevé, mais l’adoration de Dieu, Lui, ne s’achève pas. Nous devons persévérer dans les bonnes pratiques et ne pas être comme celle qui défaisait brin par brin sa quenouille après l’avoir solidement filée », a-t-il martelé, citant la sourate 16, verset 92.
Pour le guide religieux, la véritable épreuve commence après le jeûne : il s’agit de préserver les acquis spirituels, de maintenir la rigueur dans les actes de dévotion et d’éviter que les efforts consentis ne soient réduits à néant par les comportements contraires aux préceptes divins. « Une chose est d’œuvrer, une autre de préserver ses bonnes œuvres », a-t-il insisté.
Saluant la symbolique de l’Aïd comme fête collective, l’imam Sougué a consacré une large part de son homélie à la cohésion sociale. Face à un monde en proie aux conflits, il a exhorté les fidèles à faire de la coexistence pacifique un comportement quotidien. « L’Islam nous enseigne que les différences entre les peuples sont une opportunité pour se connaître, non pour se haïr. Le bon comportement, le respect mutuel, l’abstention de nuire et le pardon sont les piliers de cette harmonie », a-t-il déclaré, appelant à soutenir les pauvres, entretenir les liens de parenté et répandre la bienveillance au sein des foyers et des voisinages.

« La paix est devenue une denrée rare. Partout où elle existe, les gens s’y réfugient ; là où règnent la guerre et les conflits, ils désertent. Protégeons-la », a-t-il plaidé, rappelant que la société idéale dans l’Islam est celle où la communauté forme, selon le hadith, un seul corps.
En marge de la prière, l’imam s’est livré à une interview sans détour, dressant un constat alarmant sur la situation de la jeunesse. « Nous avons dit la chose la plus importante : la vie, et après la santé », a-t-il confié. S’adressant directement aux jeunes, souvent tentés par les stupéfiants, la drogue ou les excès de toutes sortes, il a lancé une mise en garde paternelle : « Un bon jeune devient un bon vieux demain. Celui qui gaspille sa jeunesse dans de mauvaises pratiques deviendra un faux vieux. »
Il a ainsi exhorté la nouvelle génération à considérer la jeunesse comme un dépôt sacré, appelant les parents et les éducateurs à redoubler d’efforts pour préserver la convivialité, la stabilité et la sécurité dans les quartiers.

Au-delà des rites, l’Aïd el-Fitr restera pour les fidèles un moment de réconciliation des cœurs. Après la prières, l’heure était au partage, dans une atmosphère où résonnaient encore les paroles de l’imam : « Apportez de la joie à votre entourage, soutenez les nécessiteux. Cette fête est une occasion précieuse pour reconstruire les liens d’amour. »
Pendant que les familles se rassemblaient autour des plats traditionnels, les enseignements de ce sermon continueront d’inspirer, bien après cette journée de fête, la recherche d’une foi sincère et d’une paix durable en Côte d’Ivoire.



