Côte d’Ivoire : Droits de l’enfant, « À Korhogo, l’UNICEF et l’Université Péléforo Gon Coulibaly font de la science un levier d’action »

Cérémonie signature MoU UPGC UNICEF Korhogo

Ce jeudi 8 octobre 2026, la salle de conférence de l’Université Péléforo Gon Coulibaly (UPGC) a été le théâtre, d’un acte fondateur. Dans le cadre du Programme de coopération 2026–2030 entre le Gouvernement de Côte d’Ivoire et l’UNICEF, l’institution onusienne et l’université publique du Nord ont signé un Mémorandum d’Accord (MoU) destiné à unir leurs expertises au service des droits de l’enfant et du développement du capital humain. Un partenariat qui ambitionne de transformer la recherche académique en levier concret de protection de l’enfance.

La Côte d’Ivoire peut se prévaloir de progrès indéniables. La mortalité des enfants de moins de cinq ans est passée de 96 à 74 pour 1 000 naissances vivantes entre 2016 et 2021, et la couverture vaccinale a progressé. Mais ces avancées masquent une réalité plus sombre : de fortes disparités territoriales persistent. Le district des Savanes et les régions du Nord demeurent confrontés à de multiples défis en matière d’accès à l’éducation, à la santé, à la nutrition et à la protection.

C’est précisément ce décalage que le nouveau partenariat entend corriger. L’objectif affiché est limpide : faire en sorte que le lieu de naissance d’un enfant ne détermine plus ses chances de développement. Un principe d’équité qui donne tout son sens à l’ancrage de cette alliance dans le Nord ivoirien.

Le Mémorandum d’Accord constitue une avancée stratégique majeure pour les deux parties. Pour l’UNICEF, il s’agit de s’appuyer sur l’ancrage territorial, l’expertise scientifique et les capacités d’analyse de l’UPGC afin de produire des données probantes indispensables à l’élaboration de politiques de protection plus efficaces et mieux adaptées aux réalités locales. Pour l’Université Péléforo Gon Coulibaly, ce partenariat renforce son positionnement en tant que pôle scientifique de référence et acteur clé du développement socio-économique du Nord ivoirien.

Sur le plan pédagogique et de la recherche, l’alliance insuffle une dynamique nouvelle à l’enseignement supérieur. Elle offre aux enseignants-chercheurs l’opportunité d’orienter leurs travaux vers des thématiques appliquées à fort impact social, tout en enrichissant les programmes académiques par des cas pratiques issus du terrain. Pour les étudiants, ce cadre ouvre des perspectives concrètes d’apprentissage, d’innovation et d’engagement citoyen, notamment grâce au déploiement de projets d’entrepreneuriat social et à l’accès aux plateformes d’engagement des jeunes telles que U-Report et Yoma.

La Présidente de l’Université Péléforo Gon Coulibaly, la Professeure Aoua Sougo Coulibaly, n’a pas caché son enthousiasme : « L’Université Péléforo Gon Coulibaly ne saurait être un simple lieu de transmission du savoir théorique ; elle doit être un moteur de transformation sociétale. Ce partenariat avec l’UNICEF constitue une opportunité historique pour nos enseignants-chercheurs et nos étudiants de mettre la science et l’innovation directement au service de nos communautés. En rapprochant la recherche universitaire des défis réels de la protection de l’enfance, nous réaffirmons notre mission d’ancrage territorial et faisons de l’UPGC un pôle d’excellence dédié au développement du capital humain dans le district des Savanes. »

Pour le Représentant Résident de l’UNICEF en Côte d’Ivoire, Jean François Basse, l’enjeu dépasse le cadre du simple protocole. « La connaissance ne prend tout son sens que lorsqu’elle améliore concrètement et durablement la vie des enfants. Une donnée enfermée dans un rapport demeure une information ; lorsqu’elle améliore un service, oriente une politique ou protège un enfant, elle devient un instrument de transformation. »

La collaboration s’articule autour de six piliers complémentaires :

  • La production de connaissances et de données probantes : mener des recherches appliquées pour éclairer la prise de décision publique.
  • Le renforcement des compétences : adapter la formation des étudiants et des professionnels aux enjeux contemporains du développement.
  • Le dialogue et le plaidoyer : mobiliser la communauté universitaire, les décideurs politiques et les autorités locales autour des droits de l’enfant.
  • L’innovation sociale : concevoir et expérimenter des solutions durables adaptées au contexte régional.
  • La communication et l’engagement : sensibiliser et favoriser la participation active des communautés.
  • La participation des jeunes : placer les étudiants au cœur de la conception, de la mise en œuvre et du suivi des initiatives.

Organisée sous la présidence d’honneur du Préfet de la région du Poro, la cérémonie a réuni environ 100 participants issus du corps préfectoral, des services déconcentrés de l’État, du corps professoral, des organisations de la société civile et de la jeunesse. Les temps forts de la journée ont été marqués par une présentation poétique des axes du partenariat sous forme de slam, la signature officielle du document par les responsables des deux institutions, ainsi qu’un panel d’échanges consacré au rôle du monde académique dans la protection de l’enfance.

Dans les prochaines semaines, un comité de gouvernance conjointe sera installé afin d’établir la feuille de route opérationnelle, de définir les indicateurs de suivi et de coordonner le lancement des premières activités sur le terrain.

Un pari sur l’avenir. En nouant cette alliance, l’UNICEF et l’UPGC ne signent pas seulement un document : ils posent les fondations d’un modèle où la science devient un instrument de justice sociale. Reste désormais à transformer l’essai sur le terrain, au plus près des enfants du Nord ivoirien qui attendent des actes.

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