Côte d’Ivoire : Alliance Stratégique pour l’Enfance, « L’UNICEF et Save the Children signent un accord majeur pour 2026-2027 »

Face à une pauvreté alarmante touchant plus de 60 % des mineurs et des millions d’enfants exclus du système scolaire, l’UNICEF et Save the Children ont signé ce mercredi 4 mars 2026 à Abidjan un accord historique. Ce nouveau partenariat stratégique pour 2026-2027 vise à mutualiser les ressources pour bâtir un bouclier de protection autour de chaque enfant ivoirien.

C’est un signal fort envoyé à la communauté humanitaire. Alors que la Côte d’Ivoire affiche une croissance économique soutenue, les fragilités sociales restent profondes. C’est dans ce contraste que le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) et l’ONG Save the Children International ont choisi de resserrer les rangs. Réunis au siège de l’UNICEF à Abidjan, les deux géants de l’enfance ont officialisé un Mémorandum d’Entente (MOU) pour la période 2026-2027, promettant une convergence stratégique sans précédent.

Derrière les discours protocolaires, l’urgence est chiffrée. Malgré les efforts du Gouvernement ivoirien, le tableau dressé par les deux organisations est celui d’une crise silencieuse. « Plus de 60 % des enfants et adolescents sont touchés par la pauvreté multidimensionnelle », a rappelé Jean-François Basse, Représentant Résident de l’UNICEF en Côte d’Ivoire.

Les indicateurs sont préoccupants :

  • Éducation : Environ 2,3 millions d’enfants sont encore privés d’école.
  • Nutrition : 79 % des enfants de moins de cinq ans souffrent d’un manque de diversification alimentaire.
  • Protection : Pas moins de 600 000 mineurs sont victimes du travail des enfants dans les seules zones cacaoyères.
  • Violences : 75 % des enfants subissent des pratiques de discipline violente.

« Bien que des progrès notables aient été réalisés, un grand nombre d’enfants continuent d’affronter des situations inacceptables », a abondé Akebou Sawadogo, Directeur Pays de Save the Children, soulignant la nécessité d’une réponse intégrée.

Pour endiguer ces fléaux, le nouvel accord ne se contente pas d’une simple déclaration d’intention. Il structure une réponse commune autour de trois axes d’intervention prioritaires pour 2026-2027.

  • Des systèmes de protection renforcés : Au-delà de la lutte contre le travail des enfants et les violences basées sur le genre, les deux organisations misent sur la technologie. Le déploiement du système numérique CPIMS+ (système de gestion de l’information pour la protection de l’enfance) doit permettre une meilleure gestion des cas et un suivi individualisé des enfants en danger.
  • Le pivot communautaire : Considérant les communautés comme le « premier rempart », le partenariat vise à renforcer les acteurs locaux sur les questions de santé, de nutrition et de gouvernance scolaire. L’accent sera mis sur l’autonomisation des adolescents et des jeunes déscolarisés.
  • Des approches transversales innovantes : Pour la première fois, la résilience climatique est intégrée au cœur du dispositif. L’égalité de genre et l’engagement responsable du secteur privé, notamment dans la filière cacao, seront également des moteurs de l’action commune.

Ce renforcement du partenariat intervient dans un contexte où Save the Children dresse un bilan 2025 encourageant, malgré un environnement financier mondial tendu. « Près d’un million d’enfants ont bénéficié de soutien pour accéder à des soins de santé », s’est félicité Akebou Sawadogo. L’organisation a également œuvré avec succès pour que les droits des enfants soient intégrés dans le document de la CDN 3.0 (Contribution Déterminée au niveau National), un levier clé pour réduire l’impact climatique sur les plus jeunes.

Ce MOU 2026-2027 s’inscrit dans une mécanique parfaitement huilée. Il fait le pont entre le Programme de coopération de l’UNICEF 2026-2030 et le Plan Stratégique 2025-2027 de Save the Children, eux-mêmes alignés sur le Plan National de Développement (PND) 2026-2030 de la Côte d’Ivoire.

« En renouvelant ce partenariat, nous faisons une promesse solennelle aux enfants de Côte d’Ivoire : celle d’unir nos forces pour que chaque enfant, quel que soit son village ou sa condition, puisse grandir en sécurité », a conclu Jean-François Basse.

À travers cette alliance renforcée, l’UNICEF et Save the Children entendent non seulement panser les plaies du présent, mais surtout construire un système de protection pérenne, capable de résister aux crises futures pour que les droits de l’enfant deviennent enfin une priorité indiscutable dans l’agenda de développement du pays.

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