Côte d’Ivoire : 1er Mai 2026 à Abidjan , « La centrale syndicale Humanisme et gouvernement célèbrent les acquis sociaux, mais des revendications restent sur la table »
Le vendredi 1er mai 2026, c’est dans le cadre solennel de la Bibliothèque nationale, au Plateau, que le syndicat Humanisme a choisi de célébrer la Fête du Travail ce vendredi. Devant une salle comble et sous un climat de dialogue social affiché, le secrétaire général Soro Mamadou a dressé un bilan positif des avancées de l’année écoulée, tout en martelant plusieurs revendications claires à l’attention du gouvernement et des employeurs.

Selon les chiffres communiqués par l’organisation, 2 455 adhérents étaient réunis au cœur de la capitale économique, tandis que dans les 32 circonscriptions électorales, des dizaines de milliers de travailleurs ont célébré la journée du 1er mai à travers le pays. Une mobilisation que Soro Mamadou a saluée comme un signe de la vitalité de la centrale syndicale humaniste.
Le secrétaire général a d’abord tenu à remercier le dialogue social tripartite, gouvernement, patrons et syndicats pour les avancées obtenues entre mai 2025 et mai 2026. Il a notamment énuméré quatre conventions de l’Organisation internationale du Travail (OIT) récemment ratifiées par l’État ivoirien :
- La convention n° 122 sur la politique de l’emploi, destinée à créer un environnement sain pour les investissements et un marché du travail plus dynamique.
- La convention n° 176 sur la santé et la sécurité dans les mines, un secteur jugé porteur d’emplois et de richesses.
- La convention n° 188 sur le travail dans la pêche, afin de structurer une filière encore désorganisée mais au fort potentiel.
- La convention n° 189 sur le travail domestique, qui instaure pour la première fois une grille de carrière et une évolution professionnelle pour les employés de maison.

Soro Mamadou s’est également félicité de la revalorisation de la prime spéciale des retraités, passée d’un tiers à deux tiers de la pension mensuelle, ainsi que de la mise en place du Régime social des travailleurs indépendants (RSI), permettant aux acteurs du secteur informel de cotiser à la journée, à la semaine ou au mois pour prétendre à une retraite et à des indemnités en cas d’accident du travail.

Cependant, le ton est monté d’un cran lorsque le secrétaire général a listé les demandes non satisfaites :
- La gestion des dockers-transit : « Il faut que l’organisme tripartite prévu par le décret du 30 janvier 2019 soit enfin mis en place, sept ans après. Nous disons non à une délégation de cette gestion aux seuls employeurs manutentionnaires. Ce serait l’exploitation continue. »
- La biologie médicale : Soro Mamadou réclame une révision des articles 1, 9 et 27 du projet de loi sur la biologie médicale, afin d’autoriser les techniciens à ouvrir des laboratoires de premier niveau et les ingénieurs à déployer des outils de proximité dans les quartiers.
- Le ramassage des ordures à Abidjan : Les contrats avec les sociétés de nettoyage doivent être signés sans délai pour éviter un licenciement collectif massif.
- La maison du travailleur : À l’image de la maison de l’entreprise offerte au patronat, le secrétaire général a plaidé pour que l’État accompagne les syndicats dans la construction d’un lieu dédié aux travailleurs, afin de renforcer le dialogue social et la prospective.
Mme Boni Isabelle épse Coffi, conseillère technique du ministre de l’Emploi et de la Protection sociale, représentant Me Adama Camara, a pris la parole pour saluer « le leadership de M. Soro Mamadou » et l’engagement de Humanisme en faveur de la paix sociale. Elle a rappelé les efforts du gouvernement en matière d’emploi, de protection sociale et de formation professionnelle, citant notamment :
- Le passage du nombre d’enrôlés à la Couverture maladie universelle (CMU) de 18 à 24 millions de personnes.
- La promotion active du RSI, « après dix ans de cotisation seulement, vous bénéficiez d’une retraite à vie ».
- L’extension prochaine du régime de retraite complémentaire aux salariés du privé.

« Les revendications du secrétaire général trouveront, j’en suis sûre, une oreille attentive cet après-midi même à la primature », a-t-elle assuré, tout en invitant les travailleurs à poursuivre le dialogue constructif.
La cérémonie s’est achevée sur une note volontariste. « Plus le pouvoir d’achat des travailleurs s’améliorera, mieux ce sera pour notre marché et pour notre pays », a martelé Soro Mamadou, appelant à bâtir une Côte d’Ivoire qui accompagne ses travailleurs. En ce 1er mai 2026, Humanisme a montré sa capacité à conjuguer reconnaissance des acquis et fermeté revendicative. Reste à savoir quelles suites le gouvernement réservera à ces doléances.



