Alors que le monde oublie Coronavirus, Hantavirus, une nouvelle maladie découvert à bord d’un bateau de croisière, l’OMS minimise le risque, « Voici ce qu’il faut savoir de cette maladie »

Contrairement au Covid-19, selon France 24, l’hantavirus ne se transmet habituellement pas entre humains : il est donc normalement très difficile de propager le virus loin du foyer d’infection initial.

Il y aurait cependant eu quelques rares exceptions en Amérique du Sud, chez des « patients pour lesquels les chercheurs ont considéré qu’ils avaient présenté une transmission interhumaine d’un type d’hantavirus [sud-américain] appelé Virus des Andes’« .

Le risque lié à l’apparition du foyer d’hantavirus à bord du bateau de croisière néerlandais MV Hondius « demeure faible » à ce stade pour la santé publique globale, a estimé le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, précisant que « l’OMS continue de collaborer avec les opérateurs du bateau afin de surveiller de près l’état de santé des passagers et de l’équipage, et travaille avec les pays pour assurer un suivi médical approprié et une évacuation si nécessaire ».

Un ressortissant français a été identifié comme cas contact d’un passager infecté par l’hantavirus, a indiqué le ministère de la Santé à BFMTV.

Ce Français aurait voyagé sur le même vol que l’un des deux malades évacué fin avril à Johannesburg pour hospitalisation. À ce stade, l’hypothèse principale reste une exposition environnementale.

Un traçage des contacts est toujours en cours autour des cas d’hantavirus confirmés, à bord du navire comme en Afrique du Sud.

La souche d’hantavirus détectée sur un des passagers de la croisière évacué en Afrique du Sud est celle des Andes transmissible entre humains, a déclaré le ministre sud-africain de la Santé, Aaron Motsoaledi, devant une commission parlementaire.

« Les premiers tests montrent qu’il s’agit bien de la souche des Andes. Il s’agit de la seule souche, parmi les 38 connues, à pouvoir se transmettre d’une personne à l’autre », a-t-il précisé.

Lors du compte-rendu du Conseil des ministres à la mi-journée, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon n’a pas donné d’informations supplémentaires sur les cas confirmés d’hantavirus et le Français identifié comme cas contact.

Elle assure néanmoins que « le gouvernement, et spécifiquement la ministre de la Santé, suit la situation avec attention ».

« Suivant les recommandations de l’Institut néerlandais de la santé publique et de l’environnement (RIVM), deux infectiologues, actuellement en route depuis les Pays-Bas, embarqueront à bord du MV Hondius et resteront avec le navire après son départ prévu du Cap-Vert. Un autre professionnel de santé se trouve déjà à bord du [bateau] », précise la compagnie Oceanwide Expeditions dans son dernier communiqué.

Un autre passager du navire, dont le cas n’avait encore pas été évoqué jusqu’ici, est hospitalisé à Zurich pour une infection au hantavirus, selon le ministère suisse de la Santé.

« Cet homme et son épouse revenaient d’un voyage en Amérique du Sud fin avril. Après avoir ressenti des symptômes de la maladie, il s’est rendu à l’hôpital universitaire de Zurich ; auparavant, il avait consulté son médecin de famille par téléphone », précise le ministère dans un communiqué. « Un test effectué dans le laboratoire de référence des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) s’est révélé positif au virus des Andes, un hantavirus présent en Amérique du Sud. »

Son épouse ne présente jusqu’ici aucun symptôme, mais s’est placée en isolement pour des raisons de sécurité. 

L’OMS a fait un récapitulatif de la situation et revu son bilan à la hausse : il existe à ce stade huit cas de personnes ayant des symptômes, dont trois ont été confirmés comme hantavirus par des tests de laboratoire.

Si peu d’informations filtrent sur la vie à bord du MV Hondius, CNN est parvenu à récolter quelques témoignages de passagers du navire de croisière.

« Si les passagers prennent la situation au sérieux, ils ne paniquent pas », raconte notamment Kasem Hato, un vidéaste de voyage à CNN. Celui-ci publie des stories sur son compte Instagram dans lesquelles il partage des bribes de son quotidien à bord.

« Nous essayons de suivre les recommandations que nous avons reçues, comme réduire les contacts directs avec les autres passagers et nous désinfecter les mains aussi souvent que possible », poursuit-il, ajoutant : « Nos journées se déroulent presque normalement. Nous essayons de nous occuper en lisant, en regardant des films et en buvant des boissons chaudes. »

Également interrogé par CNN, un autre passager, Jake Rosmarin, affirme qu’à l’exception des personnes malades, « tout le monde à bord se porte bien et garde le moral ».

Une personne évacuée du bateau de croisière sera prise en charge aux Pays-Bas par les secours allemands pour être hospitalisée en Allemagne, a fait savoir un porte-parole des pompiers de Düsseldorf à l’AFP, évoquant un cas « contact asymptomatique ».

Sa nationalité et son genre n’ont pas été précisés par les autorités. Selon le porte-parole, les pompiers doivent prendre en charge ce patient dans la journée. Il sera ensuite pris en charge, « au plus tôt dans la soirée » par l’hôpital universitaire de Düsseldorf, qui « dispose de différentes options pour répondre à un tel cas suspect ».

Deux avions médicalisés transportant des patients évacués du MV Hondius ont décollé de l’aéroport de Praia pour être transférés vers les Pays-Bas, a constaté un journaliste de l’AFP.

Trois personnes « dans un état stable » avaient été évacuées du bateau plus tôt dans la matinée, – deux membres d’équipage malades et une personne cas contact asymptomatique –, a annoncé l’OMS.

Selon le site Flightradar24, un premier avion a décollé en direction d’Amsterdam où il devrait arriver vers 18 h 30 (heure locale, 16 h 30 GMT). Aucune destination n’était précisée sur le site internet pour le deuxième avion.

Un des deux avions qui avait décollé du Cap Vert lors de l’évacuation de passagers du navire de croisière touché par un foyer d’hantavirus a atterri aux Canaries, a constaté un journaliste de l’AFP.

L’avion médicalisé, dont l’arrivée dans l’archipel n’avait pas été évoquée jusqu’à présent, s’est posé sur l’aéroport de Grande Canarie, au sud de Las Palmas, peu avant 15 h 30 GMT.

Les efforts se poursuivent pour rechercher d’éventuels cas contacts avec les personnes infectées, en particulier parmi les voyageurs à bord du vol entre Sainte-Hélène et Johannesburg − emprunté par la Néerlandaise de 69 ans qui, depuis, est morte. Un Français ayant emprunté ce vol a déjà été identifié comme cas contact.

Opéré par la compagnie sud-africaine Airlink le 24 avril, le vol comptait 82 passagers et six membres d’équipage à bord, selon une représentante de la compagnie.

Le ministre de la santé sud-africain a précisé que d’autres personnes étaient recherchées, à l’instar de celles « qui se trouvaient à l’aéroport [de Johannesburg] avant que cette dame [la Néerlandaise de 69 ans] ne fasse son malaise » ainsi que le « personnel de santé de Kempton Park », l’hôpital où elle a été traitée jusqu’à sa mort.

Quant au Britannique de 69 ans, actuellement hospitalisé à Johannesburg, il n’avait pas été évacué par un vol commercial, mais « des professionnels de santé ont également été en contact avec lui », a fait savoir le ministre sud-africain : « Au total, 62 personnes auraient pu entrer en contact avec ces personnes, 42 d’entre elles ont déjà été retrouvées et sont actuellement sous surveillance. »

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