Côte d’Ivoire : Lancement officiel du projet “Girls Solidarity”, « Un engagement fort pour l’éducation et l’autonomisation des jeunes filles vulnérables »

Le jeudi 4 septembre 2025, l’auditorium du siège de l’UNICEF à la Riviera Golf a résonné d’émotions, de promesses et d’engagements ce jeudi à l’occasion du lancement officiel du projet GIRLS Solidarity, porté par l’ONG Woman Leader. Cette initiative vise à offrir à 30 jeunes filles en situation de grande vulnérabilité une chance réelle de poursuivre leurs études, dans un contexte où l’accès des filles à l’éducation reste profondément inégalitaire en Côte d’Ivoire.

Selon les organisateurs, malgré les avancées institutionnelles comme la loi sur l’école obligatoire de 2015 ou le Plan Stratégique pour l’Éducation des Filles (PSAEF) adopté en 2018, les inégalités persistent. En 2024, selon les statistiques officielles, seules 24,5 % des filles en Côte d’Ivoire poursuivent leur scolarité au second cycle du secondaire. En zone rurale, ce taux chute de manière vertigineuse. Les obstacles sont connus : mariages précoces, pauvreté, tâches domestiques, grossesses en milieu scolaire.

Le projet GIRLS Solidarity entend y répondre avec rigueur et humanité. Il s’inscrit dans le prolongement des objectifs gouvernementaux et des engagements internationaux de la Côte d’Ivoire pour l’égalité des sexes (ODD 4.5, Beijing 1995, CIPD30…).

La Présidente de Woman Leader, Mme Tara Nikiema Koné, a dévoilé les contours de ce programme à fort impact social. Il accompagnera, dès cette première année, 10 jeunes filles issues de Sinfra et Boundiali, deux villes identifiées comme zones à très forte vulnérabilité selon la Banque Mondiale.

« Ce programme n’est pas un simple appui matériel. Il est pensé pour transformer des vies : mentorat scolaire, formation digitale, opportunités d’insertion professionnelle, bourses d’études grâce à des partenariats privés… », a-t-elle précisé, visiblement émue devant les bénéficiaires présentes dans la salle.

Des kits de dignité ont été remis officiellement aux filles, ainsi que leurs tenues scolaires offertes par la Maison Sénac House.

En outre le mentorat individualisé, le programme bénéficie du soutien de plusieurs institutions et personnalités, dont Mme Karitia Coulibaly de Meideros, Directrice générale de l’AGEFOP et mentor elle-même.

« Ce projet est indispensable. Il vient répondre à un besoin urgent de justice éducative pour nos filles rurales. Elles sont les ingénieures, les entrepreneures, les juristes de demain », a-t-elle souligné.

Le secteur privé s’est également mobilisé : le Groupe Serco, l’Office national de l’eau potable, et la Fondation Orange, représentée par M. Habib Bamba, se sont engagés à soutenir financièrement et techniquement cette action.

Le projet a également reçu le soutien appuyé de l’UNICEF, par la voix de sa représentante adjointe, Mme Mariana Stirbu.

« Girls Solidarity n’est pas seulement une initiative humanitaire, c’est un levier stratégique de transformation. Chaque fille éduquée est une victoire pour la nation entière. », a-t-elle souligné.

L’ONG Woman Leader s’est vue remettre cette année le Prix National d’Excellence 2025, catégorie « Meilleure ONG de jeunesse », des mains du Président de la République, Alassane Ouattara, une distinction saluée par l’ensemble des partenaires présents.

La représentante du Ministère de l’Éducation nationale, Dr Brou Georgette, a réaffirmé l’appui de l’État.

« Ce projet vient compléter notre action sur le terrain : plan d’accompagnement des filles, espaces filles, bourses, lutte contre les grossesses en milieu scolaire… Les résultats sont encourageants, mais il faut aller plus loin. »

De son côté, la Ministre de la Cohésion nationale, Mme Myss Belmonde Dogo, marraine du projet, a insisté sur la portée durable de GIRLS Solidarity.

« Il ne s’agit pas de charité. C’est un investissement structurant. Nous devons construire dès aujourd’hui la femme de demain. », a-t-elle expliqué.

Elle a annoncé un soutien élargi aux familles des bénéficiaires, pour garantir la pérennité du programme.

Présent à la cérémonie, l’Ambassadeur de Tunisie en Côte d’Ivoire, S.E.M. Zied Saadaoui, a salué une initiative « exemplaire », qui « transcende les frontières et les cultures ».

« L’éducation des filles est l’arme la plus puissante pour bâtir des sociétés équitables. Ce projet est un modèle pour la coopération Sud-Sud. », a-t-il déclaré.

La cérémonie s’est conclue par les témoignages poignants des jeunes filles bénéficiaires, visiblement transformées par l’opportunité qui leur est offerte. L’une d’entre elles, originaire de Boundiali, a déclaré : « Je veux devenir avocate pour défendre les filles comme moi. Aujourd’hui, je me sens soutenue, écoutée et valorisée. »

Loin d’être un projet isolé, GIRLS Solidarity apparaît comme un catalyseur d’engagement collectif. Il réunit l’État, les ONG, les institutions internationales, le secteur privé et les communautés locales autour d’une cause commune : permettre à chaque fille de Côte d’Ivoire de rêver, d’apprendre et de réussir.

À l’heure où les inégalités persistent et se creusent, ce projet rappelle une vérité simple mais essentielle : l’avenir d’un pays se construit aussi et surtout à travers l’éducation de ses filles.

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