Côte d’Ivoire : Conflit foncier à Anyama 4 Croix, « Mory Soumahoro exige un face-à-face public avec Touré Ahmed Bouah »
Le directeur général de l’ESTP accuse l’arbitre du dossier de fuir ses responsabilités. Après un rendez-vous manqué le vendredi 18 septembre 2026.
Ce vendredi 18 septembre 2026 restera comme une journée de tensions à Anyama 4 Croix. Un face-à-face était prévu entre Mory Soumahoro, directeur général de l’entreprise ESTP, et Touré Ahmed Bouah, PDG Sophia sa présenté comme l’arbitre du conflit foncier qui les oppose.
« Aujourd’hui, il y avait un face-à-face qui était prévu. C’est Touré qui a dit que ça allait aller. J’ai appelé tous les propriétaires. Ils sont restés ici assis jusqu’à 11 heures. On ne l’a pas vu. Certains sont découragés », raconte Mory Soumahoro, la voix chargée de frustration.
Pour lui, cette absence est un affront. « Il devait venir parce que c’était important que lui soit là. C’est lui qui est l’arbitre. Tout problème ici, c’est lui. C’est lui qui est bien placé pour détailler parce qu’il est là depuis 27 ans. Il connaît tout ce qui s’est passé ici. Sans Touré Ahmed Bouah, on ne peut pas trancher. »
Le conflit porte sur des terres loties à Anyama 4 Croix. Mory Soumahoro affirme détenir des droits sur 3 000 lots, mais aussi avoir vendu des parcelles pour le compte de Touré Ahmed Boi, qui aurait encaissé l’argent.
Sa proposition est claire, presque brutale : « Si on fait un arrangement, ça nous arrange. Nous, c’est trouver un terrain d’entente. Qu’il me donne mes 3 000 lots qui sont à moi, et qu’il donne aussi les lots que j’ai vendus. Il a reçu l’argent. S’il fait ça, il n’y a plus de débat. »
Mory Soumahoro ne s’en prend pas uniquement à Touré Ahmed Bouah. Il interpelle aussi le chef Amon, chef de 4 Croix, qu’il accuse de contradiction.
« Ce que j’attends du chef, c’est qu’il éclaire ce qu’il vient de dire. Il dit qu’il ne me reconnaît pas. Alors que c’est lui qui a signé les attributions. C’est lui qui a fait l’annulation sur la même place. Chez le même chef, on m’a dit que le papier de Touré Ahmed Boi, c’est bon papier. Donc ça m’étonne que le chef dise qu’il ne me connaît pas. C’est ça qui m’étonne. »
Malgré la colère, Mory Soumahoro se dit prêt à discuter. Mais à une condition : que les choses se fassent publiquement, sous l’autorité traditionnelle.

« J’invite Touré Ahmed Bouah. Si c’est possible, je l’invite. Mais je veux que ça se fasse devant le chef. Le chef Amon, en tant que chef de 4 Croix, doit être là. On parle avec Touré Ahmed Bouah. Pour ne pas qu’on dise encore qu’on va relancer d’autres débats, je ne veux pas ça. Je veux que ça soit la fin. Le chef est là, Touré Ahmed Bouah est là, on parle. La famille aussi, je vais tout faire pour que la famille soit là. »
Interrogé sur un éventuel appel à lancer à Touré Ahmed Bouah, Mory Soumahoro se montre inflexible : « Moi, je n’ai rien à lui dire. C’est à Touré Ahmed Bouah de réfléchir maintenant. On est dans un domaine où on fait le lotissement. Lui aussi, il a vendu des lots dedans. Moi aussi, j’ai vendu. Ça lui appartient de réfléchir à comment faire pour qu’on sorte de ça. Moi, je ne peux pas rester toujours dans ça. »
Il poursuit, énigmatique : « Même si on reprend deux ou trois fois, moi, je veux que Touré Ahmed Boi vienne. On parle. Parce qu’il y a des choses que je ne dirai jamais tant qu’il n’est pas là. J’ai des mots à lui dire, et il va me donner la réponse. Moi, je ne parle pas beaucoup. Mais quand Touré Ahmed Bouah sera là, j’ai des mots à lui dire. S’il peut me donner la réponse, c’est fini. »
Ce dossier illustre les tensions foncières qui minent de nombreuses localités ivoiriennes, où les ventes multiples de parcelles et les rivalités entre opérateurs économiques créent des situations inextricables. À Anyama 4 Croix, la situation semble dans l’impasse.
Mory Soumahoro, lui, attend une chose : que Touré Ahmed Boi descende de sa position et accepte le face-à-face public.



