Côte d’Ivoire : Conflit foncier à Anyama 4 Croix, « ESTP maintient ses accusations contre Sophia SA »

Le bras de fer foncier opposant l’entreprise ESTP, dirigée par Mory Soumahoro, à Sophia SA, conduite par Touré Ahmed Bouah, connaît un nouvel épisode. Au lendemain de la conférence de presse du président-directeur général de Sophia SA, ESTP a organisé, le jeudi 10 septembre 2026, une visite de terrain destinée à présenter sa version des faits et à répondre aux arguments avancés par son adversaire.

Face aux journalistes, Mory Soumahoro a réaffirmé les accusations à l’origine de la plainte déposée par son entreprise auprès du Pôle pénal économique et financier (PPEF). Il estime avoir été trompé sur la base de documents qui lui auraient été présentés par Touré Ahmed Bouah.

« Nous avons porté plainte contre lui au Pôle pénal économique et financier parce que Touré Ahmed Bouah nous a arnaqués. On ne savait pas que l’ACD qu’il présentait était un faux. C’est ce qui lui a permis de nous berner », a déclaré le directeur général d’ESTP.

Pour Mory Soumahoro, les opérations engagées par son entreprise reposaient sur des documents et un mandat qui, selon lui, établissaient clairement les droits fonciers nécessaires à la réalisation du projet. Il soutient toutefois que la parcelle concernée avait déjà fait l’objet de cessions, ce qui aurait privé Touré Ahmed Bouah de la qualité nécessaire pour agir.

« Touré ne m’a pas dit qu’il avait vendu la parcelle à des sociétés d’État. Sinon, je ne me serais pas engagé », a-t-il insisté.

La visite de terrain s’est déroulée en deux principales étapes. La première a conduit la délégation sur un site relevant du village d’Ahouabo. La seconde s’est tenue sur la parcelle de 346 hectares située au cœur du litige et rattachée au terroir villageois d’Anyama 4 Croix.

Accompagné de plusieurs propriétaires coutumiers, le responsable d’ESTP a présenté aux journalistes les différents travaux réalisés par son entreprise. Il a notamment soutenu que ceux-ci se situent dans l’emprise foncière couverte par le mandat qui lui avait été délivré.

À travers cette démonstration, Mory Soumahoro entendait conforter la position de son entreprise et répondre aux accusations formulées la veille par Sophia SA.

Présente aux côtés de la direction d’ESTP, Ouattara Ahoua, partenaire financière de l’entreprise, a appelé à une intervention des autorités dans le règlement de ce dossier. Elle estime que son dénouement est important pour la confiance des investisseurs, notamment ceux issus de la diaspora et de l’étranger.

« Le président de la République a tellement bien travaillé en Côte d’Ivoire que la diaspora est prête à venir investir. On demande qu’il nous aide à régler ce problème », a-t-elle plaidé.

Elle affirme avoir engagé plusieurs centaines de millions de FCFA dans le projet et indique que d’autres investisseurs attendent également la réalisation de leurs projets immobiliers.

« J’ai investi des centaines de millions FCFA et je ne suis pas seule. Tous attendent leurs lots pour construire au pays. Ce sont les documents présentés par Touré Ahmed Bouah à ESTP qui nous ont encouragés à venir investir », a-t-elle expliqué.

ESTP a saisi le parquet près le Pôle pénal économique et financier le 17 août 2026, pour des faits présumés de faux et usage de faux, suivis d’escroquerie. L’entreprise évalue à 1,79 milliard de FCFA le montant de l’investissement qu’elle cherche à défendre dans cette procédure.

La question de savoir si les faits dénoncés relèvent effectivement d’infractions économiques appartient désormais à la justice. Les accusations formulées par ESTP devront donc être établies dans le cadre de la procédure judiciaire, tandis que les parties continuent de défendre leurs positions respectives.

En attendant une décision de justice, ESTP et ses partenaires financiers appellent à un règlement de ce conflit foncier, dont les enjeux dépassent désormais les seuls intérêts des deux entreprises.

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