Côte d’Ivoire : Conseil syndical de vacances du SAEPPCI, « L’unité retrouvée pour relever les défis de l’école primaire ivoirienne »
Ce mercredi 02 septembre 2026, le siège de la FESACI-CG à Riviera 2 a vibré ce mercredi au rythme des échanges et des résolutions. Plus de 200 délégués issus de l’ensemble des régions de Côte d’Ivoire ont répondu présent au Conseil syndical de vacances du Syndicat Autonome de l’Enseignement Primaire Public de Côte d’Ivoire (SAEPPCI). Placé sous le thème évocateur « LE SAEPPCI uni face aux défis nouveaux », cet événement marque un tournant décisif pour l’organisation après une période de turbulences internes.

C’est avec une émotion palpable que Koffi Olivier, Secrétaire Général National par intérim du SAEPPCI, a ouvert les travaux. Devant une salle comble, il n’a pas éludé les difficultés récentes : « Cette période de turbulences a mis notre cohésion à l’épreuve et fragilisé, un temps, l’équilibre de notre syndicat », a-t-il confessé, avant d’ajouter : « Je choisis de regarder ce passé récent avec lucidité plutôt que de le passer sous silence ».

Le message est clair : la crise appartient désormais au passé. « Notre rassemblement d’aujourd’hui en est la preuve : l’unité redevient notre socle commun », a insisté le secrétaire général, saluant le travail des médiateurs et des responsables régionaux qui ont œuvré à la réconciliation. Il a rendu un hommage appuyé à toutes les bonnes volontés qui ont privilégié le dialogue à l’affrontement pour sortir de l’impasse.
La cérémonie s’est déroulée sous le haut parrainage de Traoré Yacouba, Secrétaire Confédéral de la FESACI-CG, dont la présence a insufflé une dynamique particulière aux échanges. Figure respectée du mouvement syndical ivoirien, Traoré Yacouba incarne la solidarité interprofessionnelle et l’engagement pour la défense des travailleurs. Son parrainage témoigne de l’importance que la centrale accorde à la cohésion du SAEPPCI et à son rôle dans le paysage syndical ivoirien.
« Au sein de la FESACI-CG, nous formons une seule et même famille », a rappelé Kessié Blanchard, Secrétaire Général National du SYNECAFOP, dans un discours empreint de fraternité syndicale. « C’est de la confrontation des idées que jaillit la lumière. L’essentiel est de parvenir à converger vers un même objectif et d’avancer dans le même sens, dans l’intérêt des travailleurs », a-t-il ajouté, recevant un tonnerre d’applaudissements.

Ouattara Broulaye, président des jeunes de la FESACI-CG, a également pris la parole pour saluer le travail accompli et féliciter chaleureusement le nouveau secrétaire général. « Je pense que nous pouvons aujourd’hui dire que nous avons surmonté cette période difficile et que, Dieu aidant, les choses se traduisent désormais de manière concrète sur le terrain », s’est-il réjoui, au nom du bureau national des jeunes. Sa présence, aux côtés des membres de son bureau, témoigne de l’implication de la nouvelle génération dans la revitalisation du mouvement syndical.
Au-delà de la symbolique de l’unité retrouvée, ce Conseil syndical avait pour ambition de définir une feuille de route face aux enjeux majeurs qui attendent l’enseignement primaire public ivoirien. Koffi Olivier a dressé une liste non exhaustive des préoccupations des enseignants :
· La prime d’incitation trimestrielle, dont le dossier traîne dans les services du Comité des experts ;
· La question épineuse de la SONAPIE et l’évaluation des logements d’astreinte ;
· Les réformes pédagogiques et les conditions de la formation PNAPAS ;
· Le profil de carrière des Instituteurs Adjoints (IA) ;
· Le paiement des bourses des élèves-maîtres de 3e année.
« Un syndicat divisé subit les événements ; un syndicat uni en oriente le cours », a martelé le secrétaire général, appelant à la mobilisation de toutes les forces vives.
À l’issue des travaux, les militants du SAEPPCI ont formulé sept recommandations majeures destinées aux autorités compétentes :
- Prime d’incitation : que l’État consente à l’octroi de cette prime trimestrielle et que le Comité des experts fasse le point sur l’état d’avancement du dossier.
- Reclassement des Instituteurs Adjoints : que le Ministère de la Fonction Publique permette un reclassement au grade B3 après dix années de service et augmente le nombre de places au concours professionnel.
- Formation PNAPAS : que le MENA améliore les conditions pratiques et pécuniaires de cette formation.
- SONAPIE : que la SONAPI procède à une évaluation juste et raisonnable de la valeur locative des logements d’astreinte.
- Prime d’installation des stagiaires : que celle-ci soit versée dès la première année de mise en stage de responsabilité de classe.
- Indemnités de corrections : que le MENA revoie à la hausse ces indemnités.
- Primes d’études surveillées : que le MENA reverse ces primes au plus tard fin septembre 2026.
Ettien Ettien Hilaire, Secrétaire National 1 du SAEPPCI, a souligné l’importance de ce rendez-vous statutaire qui réunit l’ensemble des responsables régionaux et des délégués par école. « L’objectif est surtout de nous retrouver, d’échanger sur les difficultés rencontrées et de dégager ensemble des perspectives pour l’avenir », a-t-il expliqué, avant d’annoncer que les travaux permettraient de définir les orientations pour la prochaine année scolaire 2026-2027.

La présence remarquée des centrales syndicales fraternelles; SAPENCI, UNIC, UNPECI, SNEPPCI, SYNECAFOP, a renforcé le caractère solennel de cette rencontre. Un signe fort d’unité inter-syndicale dans un contexte où la défense des intérêts des enseignants exige une mobilisation collective.
En conclusion des travaux, Koffi Olivier a pris un engagement solennel : « En ma qualité de Secrétaire Général National par intérim, je prends devant vous l’engagement de conduire notre organisation dans le respect rigoureux de nos textes et dans la transparence jusqu’au prochain congrès ».
Saluant la mobilisation exceptionnelle des militants, il a lancé un appel vibrant : « Vive le SAEPPCI uni et solidaire ! Vive l’école publique ivoirienne ! »
Ce Conseil syndical de vacances restera sans doute comme un moment charnière dans l’histoire du SAEPPCI. En tournant la page des divisions, le syndicat semble désormais prêt à relever les défis qui l’attendent, porté par une unité retrouvée et une détermination renouvelée à servir la cause de l’éducation nationale.



