Côte d’Ivoire : Affaire des 39 milliards FCFA aux Impôts, « Cinq syndicats réclament la vérité et défendent les agents »

La polémique autour de l’affaire dite des 39 milliards de FCFA continue de susciter des réactions au sein de la Direction générale des Impôts (DGI). 

Réunis au sein de la Fédération des syndicats de la DGI (FESI-DGI), cinq syndicats ont décidé de prendre la parole, jeudi 20 août 2026, pour apporter des éclaircissements sur le dossier et défendre l’image des agents des Impôts.

Face aux journalistes, Yvan Bohué, secrétaire général de l’Union nationale des agents des Impôts de Côte d’Ivoire (UNAGICI), a contesté l’utilisation du terme « détournement » pour qualifier l’opération au centre de la controverse.

Selon le responsable syndical, le dossier porte plutôt sur une procédure de dégrèvement fiscal, prévue par la législation ivoirienne. « Il y a eu un dégrèvement fiscal, comme le prévoit le Livre des procédures fiscales », a-t-il expliqué, invitant à examiner l’affaire à la lumière des dispositions techniques et juridiques qui encadrent l’activité fiscale.

Une position partagée par Koné Losseni, secrétaire général du Syndicat libre des agents des Impôts (SYLAI), ainsi que par Etien Gnangné François, secrétaire général du Syndicat national des agents de la Direction générale des Impôts (SYNA-DGI).

Tout en défendant leur lecture du dossier, les représentants syndicaux ont reconnu que des investigations sont en cours et qu’une procédure judiciaire a été engagée. Ils disent, à ce titre, ne vouloir tirer aucune conclusion avant l’aboutissement des procédures.

Pour la FESI-DGI, si des irrégularités ou des malversations sont établies, leurs auteurs devront répondre de leurs actes devant la justice. « S’il y a des malversations, les auteurs seront recherchés, traduits en justice et punis conformément à la loi », ont-ils assuré.

Les syndicats souhaitent ainsi que les responsabilités soient établies dans un cadre judiciaire, tout en appelant à préserver la crédibilité de l’administration fiscale et la confiance qui la lie aux contribuables.

Au cours de cette rencontre avec la presse, Yvan Bohué a également mis en avant les performances enregistrées par la DGI au premier semestre 2026.

Selon les chiffres communiqués, l’administration fiscale a mobilisé 2 992 milliards de FCFA, pour un objectif fixé à 2 985 milliards de FCFA, soit un taux de réalisation supérieur à 100 %.

Pour les cinq organisations syndicales, ces résultats illustrent les efforts consentis quotidiennement par les agents pour assurer la mobilisation des ressources publiques et contribuer au financement des politiques de développement inscrites dans le Plan national de développement (PND) 2026-2030.

Au-delà de l’affaire des 39 milliards, les syndicats ont profité de cette sortie pour mettre sur la table plusieurs préoccupations liées à la carrière et aux conditions de travail des agents.

La question du pourvoi de certains postes vacants, mais surtout celle du profil de carrière, figure parmi leurs principales revendications. Yvan Bohué a plaidé pour une gestion des ressources humaines davantage fondée sur les compétences, les qualifications et le mérite.

« À formation égale, intelligence égale, traitement égal », a-t-il déclaré, appelant à une plus grande équité dans la gestion des carrières au sein de la DGI.

Les cinq organisations SYNAFISC, SYNADGI, SYLAI, RESAFISC et UNAGICI, ont par ailleurs réaffirmé leur volonté de privilégier le dialogue avec la hiérarchie et renouvelé leur soutien au directeur général des Impôts.

À travers cette prise de parole, les syndicats entendent surtout éviter que la polémique autour du dossier des 39 milliards ne jette l’opprobre sur l’ensemble des agents des Impôts.

Sans se substituer à la justice, ils réclament que toute la lumière soit faite sur les faits et que les éventuelles responsabilités soient clairement établies. Pour eux, la restauration de la confiance constitue un enjeu majeur, aussi bien pour les agents que pour les contribuables.

Au terme de leur intervention, un message se dégage : les syndicats veulent que le débat dépasse les accusations et les chiffres pour laisser place à la vérité des faits, à la justice et à la préservation de la mission essentielle de la DGI dans la mobilisation des ressources publiques ivoiriennes.

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