Côte d’Ivoire : Le Secrétaire Général de l’Alliance Pour la République (APR), Konan N’guessan Narcisse, rend hommage au Président de la République, Alassane Ouattara
À l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, célébré le 7 août 2026 à Yopougon, le Président de la République, Alassane Ouattara, s’est adressé à la Nation dans un message placé notamment sous le signe de la paix, de la stabilité, de la cohésion nationale et de la poursuite des efforts de développement.
Cette célébration intervient dans une Côte d’Ivoire riche de sa diversité humaine, culturelle et ethnique. Depuis son accession à l’indépendance, le pays s’est construit autour de nombreuses communautés, faisant de la coexistence des différences l’un des fondements de son identité nationale. Cette diversité constitue à la fois une richesse et une responsabilité collective : celle de préserver, en toutes circonstances, l’unité et la cohésion du pays.
Pour KONAN N’guessan Narcisse, Secrétaire général de l’Alliance Pour la République (APR), cette exigence de cohésion doit s’inscrire dans la continuité de l’histoire politique de la Côte d’Ivoire. Revenant sur le parcours de Félix Houphouët-Boigny, premier Président de la République, il souligne l’importance du dialogue, de la patience, du pardon et de la recherche permanente de la paix dans la construction de la Nation ivoirienne.
Dans cet entretien, il revient également sur les témoignages de Babily Dembélé concernant ses rencontres avec Félix Houphouët-Boigny et les enseignements qu’il affirme avoir reçus de celui qu’il considère comme son père politique. Il évoque par ailleurs plusieurs préoccupations qui touchent directement les populations : les inondations, l’orpaillage clandestin, la sécurité des personnes et des biens, ainsi que les opérations de déguerpissement et de démolition, notamment à Koumassi-Campement, sans oublier les conflits fonciers.

Sur la question sécuritaire, il insiste particulièrement sur la nécessité de protéger les citoyens face à la montée de certaines formes de criminalité et de violences urbaines. Il estime que la sécurité doit rester une priorité absolue de l’action publique, car aucun développement économique ou aucune modernisation urbaine ne peut être pleinement appréciée lorsque les populations vivent dans la peur ou ne se sentent plus suffisamment protégées.
Dans un esprit respectueux des institutions républicaines, il adresse enfin un appel au Chef de l’État afin que son message d’apaisement puisse ouvrir une nouvelle étape de dialogue, de réconciliation nationale et de consolidation de la paix, allant jusqu’à favoriser l’examen d’une éventuelle mesure d’amnistie en faveur de détenus considérés par certains acteurs politiques comme relevant du contexte politique, parmi lesquels le président de l’APR, Babily Dembélé.
Ivoirenews24 : Pour comprendre votre lecture du message à la Nation du Président Alassane Ouattara, faut-il d’abord revenir à l’histoire de la Côte d’Ivoire indépendante et à la vision de Félix Houphouët-Boigny ?
KGN : Oui, parce qu’on ne peut véritablement parler de paix, de réconciliation et de cohésion nationale sans se souvenir du chemin parcouru par notre pays.
La Côte d’Ivoire indépendante est née le 7 août 1960 sous la conduite de Félix Houphouët-Boigny, qui en fut le premier Président jusqu’à son décès en 1993. Avant l’indépendance, son parcours avait été marqué par le syndicalisme agricole, l’engagement politique et la création, en 1946, du Parti démocratique de Côte d’Ivoire, le PDCI, inscrit dans le Rassemblement démocratique africain, le RDA.
Son parcours politique s’est construit dans un contexte où la question essentielle était celle de l’émancipation et de la construction d’un État capable de rassembler des populations issues de nombreuses communautés.
Aujourd’hui encore, la Côte d’Ivoire se caractérise par une importante diversité culturelle et ethnique, avec plus de 60 communautés. C’est là, à mon sens, l’un des grands enseignements de notre histoire : nous ne sommes pas une Nation parce que nous sommes identiques, mais parce que nous avons accepté de vivre ensemble avec nos différences.
Houphouët-Boigny a fait de la paix, du dialogue et du rassemblement des principes majeurs de son action politique. Son héritage demeure naturellement sujet à analyse et à appréciation, mais il est indéniable que la recherche de la stabilité et du dialogue a occupé une place centrale dans sa vision de la Côte d’Ivoire.
C’est dans cet esprit que l’APR invite aujourd’hui le Président Alassane Ouattara à aller encore plus loin, en faisant de la paix et de la réconciliation véritable non seulement des acquis, mais une véritable culture nationale durable.
Ivoirenews24 : Vous évoquez souvent le témoignage de votre leader, Babily Dembélé, sur Félix Houphouët-Boigny. Quelle importance accordez-vous à cette relation et aux enseignements qu’il dit avoir reçus du père de la Nation ?
KGN : Il faut d’abord préciser qu’il s’agit du témoignage personnel du président Babily Dembélé. Nous le rapportons comme tel, parce qu’il considère Félix Houphouët-Boigny comme son père politique et affirme que celui-ci a profondément contribué à sa formation et à son parcours.
Notre leader rapporte qu’il a eu l’occasion de rencontrer Félix Houphouët-Boigny dès les années 1978-1979, après avoir été distingué comme lauréat en mathématiques. Il indique avoir été reçu par le Président le 21 juillet 1979, alors qu’il était encore un jeune homme, en compagnie de sa mère et de son oncle, en présence notamment du ministre Koffi Gadeau et de plusieurs autres personnalités.
Après son baccalauréat scientifique, le président Félix Houphouët-Boigny a donné des instructions afin qu’il poursuive ses études en France, notamment à l’Académie des Sciences de Paris, où il a obtenu un Diplôme d’Architecte Expert en Construction et Aménagement. Quelques années plus tard, il s’est inscrit à l’Université Al-Azhar du Caire, en Égypte, où il a également obtenu un Diplôme en Anthropologie des Cultures Africaines et Occidentales.
Il a ensuite été affecté par Houphouët-Boigny en qualité d’Expert en Infrastructures à la Banque Africaine de Développement (BAD), où il a exercé de 1985 à 1995.
Ces souvenirs revêtent une importance particulière pour Babily Dembélé parce qu’il a retenu de Félix Houphouët-Boigny une certaine conception de l’autorité fondée sur la sagesse, la patience, le pardon, le dialogue et l’amour de la Nation.
Il rapporte également une autre rencontre avec le père de la Nation, en France, en avril 1992. Il affirme qu’à cette occasion, alors que Félix Houphouët-Boigny était malade, celui-ci lui a fait part de l’une de ses préoccupations majeures : voir la Côte d’Ivoire demeurer unie après sa disparition.
Ce qu’il retient surtout de cette confidence est une idée fondamentale : les hommes passent, mais la Nation demeure.
Babily Dembélé rappel également une réflexion qu’il attribue à Félix Houphouët-Boigny au sujet de la succession : aucun homme ne devrait être considéré comme indispensable à la gestion d’un pays ; ce qui doit être préservé, c’est la continuité de la Nation.
Cette philosophie mérite d’être méditée aujourd’hui. La Côte d’Ivoire compte plus de 60 communautés ethniques et possède une grande diversité culturelle. Notre responsabilité collective est donc de faire en sorte que les divergences politiques ne se transforment jamais en fractures nationales.
C’est pourquoi l’APR s’adresse respectueusement au Président Alassane Ouattara. En tant que Chef de l’État et acteur majeur de l’histoire contemporaine de la Côte d’Ivoire, il peut, par ses décisions et son leadership, donner une portée particulière à cet appel à l’apaisement.
Nous lui demandons humblement de s’inspirer, dans cet esprit, des valeurs de sagesse, de dialogue et de pardon que beaucoup d’Ivoiriens associent à l’héritage d’Houphouët-Boigny, afin de contribuer à laisser aux générations futures une Côte d’Ivoire en paix, réconciliée avec toutes ses filles et tous ses fils.
Nous y reviendrons pour la deuxième partie de cet entretien dans notre prochaine publication….!



