Côte d’Ivoire : L’Influenceur Ivoirien, Apoutchou national condamné à 5 ans de prisons ferme, « Voici ce qui lui était reproché »

En Côte d’Ivoire, la justice a tranchée dans l’affaire Apoutchou national, artiste chanteur et influenceur.

Toute l’affaire part d’une vidéo, postée il y a deux ans sur les réseaux sociaux, dans laquelle l’artiste Stéphane Agbré, alias Apoutchou National, exhibe des liasses de billets de banques de plusieurs dizaines de millions de francs CFA.

Selon l’artiste, ces fonds lui ont été prêtés par un bookmaker, qui était sur le point d’acheter une voiture. La vidéo attire l’attention du Pôle pénal économique et financier, qui a rendu ce mardi 2 juin, son délibéré sur cette affaire.

Tout vêtu de noir, mains dans le dos, Stéphane Agbré, écoute d’un air grave, le verdict du tribunal : il est condamné à trois ans de prison ferme pour « blanchiment de capitaux ». Lionel PCS, principal accusé dans ce dossier, écope de cinq ans de prison, pour notamment « prise illicite de pari » et « transfert d’argent illicite ». 

Le tribunal s’appuie notamment sur une règlementation de la BCEAO qui limite à cinq millions de francs CFA, le paiement d’une dette en espèce. Au-delà, cela doit se faire par chèque.

Pour Me N’dry Claver Kouadio, l’avocat de la défense, il y a un vide juridique autour des sanctions prévues par cette loi : « Cette décision du gouverneur de la BCEAO prévoit que tous ceux qui vont enfreindre cette instruction, seront passibles des sanctions prévues par la loi sur le blanchiment de capitaux. Sauf que, lorsque vous allez consulter les 207 articles de lois sur le blanchiment de capitaux, aucune disposition ne prévoit de sanction en cas de dépassement du seuil fixé par le gouverneur de la BCEAO. Nous restons donc en interrogateurs, en ce qui concerne la légalité d’une telle décision qui a été prise aujourd’hui. »

Le tribunal a condamné les cinq prévenus à payer – solidairement – une amende de 100 millions de francs CFA à la Lonaci et à l’État de Côte d’Ivoire, partie civile dans ce dossier. Selon Me Abdoulaye Ben Meïté, avocat de l’État ivoirien, « nous avons pris acte de la décision. Nous allons continuer la sensibilisation, notamment à l’endroit de la jeunesse et des acteurs économiques : de faire attention dans le maniement d’espèces et que chacun se conforme à la loi ». La juge n’a pas décerné de mandat de dépôt. Les cinq accusés ont l’intention de faire appel de leur condamnation. 

Avec RFI

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