Côte d’Ivoire : La matinale de la Médiation de l’assurance, « Un bilan 2025 marqué par la stabilité, des défis persistants et une ambition renouvelée »
Ce mercredi 29 avril 2026, c’est dans les locaux de l’ASACI à Cocody, siège de la Médiation de l’assurance, que s’est tenue la matinale annuelle de l’institution. Présidée par Monsieur Ernest Assamoi, Médiateur de l’assurance, cette rencontre a permis de dresser le bilan de l’exercice 2025, de faire un point sur les saisines du premier trimestre 2026 et d’annoncer les nouvelles orientations pour les années à venir.
Créée par l’association des sociétés d’assurance, cette institution privée a pour mission de résoudre à l’amiable les litiges entre assureurs et assurés, victimes ou bénéficiaires de contrats. « Mon rôle est de faciliter la conciliation pour que l’usager puisse enfin toucher son indemnité », a rappelé M. Assamoi.

En 2025, le Médiateur a examiné 96 dossiers, contre 106 en 2024, soit une baisse de 9 %. Celle-ci s’explique principalement par la mise en veilleuse de la « caravane de la médiation » au premier semestre, en raison du contexte des élections présidentielle et législatives. Cette opération de terrain, qui permet d’aller au-devant des populations, n’a pleinement repris qu’en seconde moitié d’année.
Parmi les 96 saisines, la branche automobile reste largement majoritaire avec 59 dossiers (61 % du total). Détail significatif :
- 32 concernaient les dommages matériels,
- 27 les préjudices corporels.
Sur le volet matériel, 35 réclamations ont été soldées avec succès (indemnisation effective), 2 étaient en cours au 31 décembre et 15 ont été clôturées pour irrecevabilité ou dépassement de délais. En corporel, une réclamation a été menée à terme, 5 étaient en cours d’instruction, et 14 ont été clôturées, souvent parce que l’assureur, relancé par le Médiateur, a repris l’instruction du dossier (expertise de la victime, offre d’indemnité…). « Si l’assureur reprend le dossier en main, la médiation se retire, mais l’usager peut toujours revenir s’il n’est pas satisfait », précise M. Assamoi.

Les autres branches (retraite-épargne, décès, risques professionnels) représentent 39 % des saisines (37 dossiers), avec 11 succès, 2 en cours et le reste clôturé. La baisse est particulièrement nette en retraite-épargne, notamment en raison de difficultés spécifiques rencontrées par une société dont les assurés demandent massivement le rachat de leurs contrats.
Depuis sa création en 2019, la Médiation de l’assurance a examiné 531 dossiers. L’automobile y occupe toujours la première place, un fait logique puisqu’il s’agit de la branche reine du marché en chiffre d’affaires. M. Assamoi note toutefois une relative stabilité des saisines corporelles (29 en 2024, 27 en 2025), tandis que les dossiers matériels restent très nombreux en raison des lenteurs du système de recours intercompagnies.
Satisfaction majeure : les avis rendus par le Médiateur sont exécutés à plus de 90 % par les assureurs. Au total, ce sont plus de 2 milliards de FCFA d’indemnités qui ont été versés aux usagers grâce à l’intervention de l’institution.
Le Médiateur insiste lourdement sur un point : la saisine est totalement gratuite pour l’assuré, la victime ou le bénéficiaire. Aucun frais n’est réclamé, ni pour déposer un dossier, ni pour percevoir l’indemnité. L’objectif est de lever toute appréhension, d’autant que le tribunal de commerce d’Abidjan exige une tentative préalable de règlement amiable avant toute action judiciaire.
Parmi les motifs fréquents de saisine :
· Retard dans la remise des chèques,
· Refus d’indemnisation incompris,
· Manque de communication sur l’état des dossiers,
· Résiliation de contrats mal comprise.
M. Assamoi rappelle aux assureurs qu’un retard de paiement expose à une pénalité de 5 % par mois sur l’indemnité, conformément au code des assurances. Un cas récent illustre cette rigueur : une indemnité principale de 40 millions de FCFA, après trois ou quatre ans de retard, a généré 49 millions de pénalités. « Le médiateur ne peut pas négocier cette pénalité. C’est la loi. »
Nouvelles orientations : vers plus de proximité et de pédagogie
Pour les années à venir, la Médiation de l’assurance entend :
- Relancer activement les caravanes de proximité à l’intérieur du pays et dans les communes d’Abidjan, afin de capter davantage de dossiers en souffrance,
- Renforcer la communication sur la gratuité du service et les délais légaux,
- Travailler avec les assureurs pour améliorer la célérité des services sinistres et réduire les contentieux liés aux recours intercompagnies.
L’objectif affiché est de traiter 200, 300, voire 500 dossiers par an. « Les assureurs eux-mêmes ne veulent pas que des dossiers dorment chez eux. Si vous n’obtenez pas satisfaction après un délai raisonnable, saisissez le médiateur. »

Sans dévoiler de chiffres définitifs, M. Assamoi indique une légère hausse des saisines par rapport à la même période en 2025, signe que la reprise des caravanes et la meilleure information des usagers portent leurs fruits. Les dossiers corporels et les litiges liés à l’épargne-retraite restent les principaux foyers de réclamation.
Pour toute réclamation non résolue auprès de son assureur, l’usager peut saisir gratuitement la Médiation de l’assurance, située dans les locaux de l’ASACI à Cocody. Pas de frais, pas d’avocat obligatoire : une simple lettre ou un formulaire décrivant le litige. Le Médiateur étudie le dossier et propose une solution équitable. En sept ans, la preuve est faite : cela fonctionne.
« N’attendez pas des mois. Si votre assureur traîne, venez nous voir. C’est gratuit, et cela peut vous rapporter des millions. »



