Côte d’Ivoire: Colloque international des enseignantes chercheures de l’UNA, « Le CESEC positionne la science comme moteur de souveraineté nationale »

Les 22 et 23 avril 2026, Abidjan a accueilli la deuxième édition du Colloque international des femmes enseignantes-chercheuses de l’Université Nangui Abrogoua (UNA). Placé sous le thème « Sciences et innovation au service de la société : construire un avenir durable », l’événement a mobilisé plus de 200 chercheurs venus d’une dizaine de pays africains, des décideurs publics, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des acteurs du secteur privé. Objectif : faire de la recherche un levier concret pour relever les défis climatiques, alimentaires, énergétiques et sanitaires de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique.

C’est dans une ambiance empreinte de fierté et de détermination que la Docteure Kouamé Kouakou Clémentine, présidente du comité d’organisation, a ouvert les travaux. « Nous vivons une époque de bouleversements sans précédent. Le changement climatique fragilise nos écosystèmes et nos économies. L’insécurité alimentaire menace des millions de familles africaines. La science et l’innovation ne sont plus de simples options intellectuelles : ce sont des impératifs de civilisation », a-t-elle déclaré devant une assemblée venue nombreuse.

Le colloque s’inscrit dans le plan stratégique Côte d’Ivoire 2030 et dans les Objectifs de Développement Durable (ODD) , en particulier l’ODD 9 relatif à l’industrie, l’innovation et les infrastructures. Pendant deux jours, le campus de l’UNA s’est transformé en un véritable carrefour vivant de la science, où se sont croisés enseignants-chercheurs, start-ups, ONG, représentants du CESEC et du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

La richesse scientifique du colloque s’est articulée autour de cinq axes thématiques :

  • Changement climatique et risques climatiques
  • Agriculture durable, biodiversité, écologie et gestion durable des ressources naturelles
  • Énergie propre, économie circulaire et déchets
  • Eau, santé environnementale et approche « One Health »
  • Numérique, intelligence artificielle, open science, innovation responsable et gouvernance

Des chercheurs de Côte d’Ivoire, du Ghana, du Burkina Faso, du Bénin, de Guinée, du Sénégal, de Mauritanie, du Congo et d’autres pays africains ont présenté leurs travaux. Plus de 200 communications orales et affiches ont permis de partager des résultats de recherche, des prototypes et des bonnes pratiques.

« Ce que nous attendons, c’est un catalogue de solutions innovantes, des partenariats intersectoriels solides, et des mécanismes concrets pour faciliter le transfert technologique et l’adoption des innovations par la société », a rappelé la présidente du comité d’organisation.

La cérémonie d’ouverture a été rehaussée par la présence du Professeur Tiho Seydou, vice-président chargé de la pédagogie, représentant la Présidente de l’Université Nangui Abrogoua, Professeure Véronique Yoboué. Ce dernier a salué l’initiative remarquable de l’Association des Femmes Chercheuses de Côte d’Ivoire (AFEMC-CI) et réaffirmé la volonté de l’université de produire des connaissances utiles et de promouvoir une recherche innovante, capable d’apporter des réponses concrètes aux défis du pays et du continent.

La Docteure Céline Nobah, présidente nationale de l’AFEMC-CI, a quant à elle tenu à glorifier le dynamisme exceptionnel de la section UNA, qu’elle a qualifiée de meilleure section parmi les 22 que compte l’association. Sous le leadership du Professeur Gnamien Julie Ebrottié, secrétaire de section, l’UNA a déjà organisé 16 éditions de Women Sciences Tchat et multiplié ateliers, formations et sessions de mentoring.

« Cette deuxième édition enregistre plus de 140 communications venues du monde entier. Chères femmes chercheures de l’UNA, vous êtes un catalyseur pour les autres sections. L’AFEMC-CI rayonne, l’UNA rayonne, le ministère rayonne ! », s’est exclamée la docteure Nobah, provoquant une standing ovation.

Le colloque a également bénéficié du soutien affirmé du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le Professeur Adama Diawara, parrain de l’événement. Dans une allocution lue par la Professeure Koffi Gnagne Yolande, le ministre a souligné que la science et l’innovation ne sont plus des options mais des impératifs. Il a réaffirmé l’engagement du gouvernement à financer la recherche, à encourager l’excellence et à favoriser les partenariats public-privé.

Enfin, Monsieur Ali Badarah Konaté, représentant le président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), Docteur Aka Eugène Aouelé, a apporté le haut patronage de l’institution. Il a insisté sur le rôle central de la science comme moteur de souveraineté nationale et d’indignité entendons d’indépendance et promis que le CESEC serait attentif aux recommandations issues des travaux.

« La science éclaire, l’innovation transforme, et la gouvernance donne du sens. Ce colloque est né de la volonté des femmes, mais il s’adresse à toute la société, à toutes les générations, à tous les décideurs », a-t-il déclaré.

La conférence inaugurale a été animée par la Docteure Johnson Félicia, lauréate du Super Prix ASCAD 2022, qui a exploré les transitions durables en Côte d’Ivoire par le prisme de la science. Un panel de haut niveau sur l’innovation, le transfert technologique, le financement et l’impact de la recherche a ensuite permis des échanges féconds avec les partenaires présents.

Les résultats attendus de ce colloque sont clairs :

  • la constitution d’un catalogue de solutions innovantes (prototypes, projets, bonnes pratiques) ;
  • la création de réseaux et groupes de travail intersectoriels ;
  • la proposition de mécanismes facilitant le transfert technologique ;
  • le lancement d’un réseau de jeunes chercheurs pour encourager l’entrepreneuriat scientifique et l’innovation locale.

En cloturant la première journée, la Docteure Kouamé Kouakou Clémentine a invité chaque participant à entrer dans la lumière de la science, au service de notre société et de notre avenir commun. Les motions et feuilles de route qui seront adoptées à l’issue de ces deux jours devraient nourrir les politiques publiques et renforcer le rôle des femmes chercheuses dans la construction d’un avenir durable pour la Côte d’Ivoire et pour l’Afrique.

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