Côte d’Ivoire : Restitution historique, « Le Djidji Ayokwè retrouve enfin sa terre natale »
Dans une ambiance chargée d’émotion et de solennité, la ministre ivoirienne de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, a officialisé ce vendredi 13 mars 2026 le retour tant attendu du Djidji Ayokwè. Confisqué en 1916 puis emporté en France en 1930, le tambour parleur est désormais de retour sur sa terre d’origine, marquant l’aboutissement d’un long combat mémoriel.

C’est un vendredi 13 qui restera gravé dans l’histoire culturelle de la Côte d’Ivoire. Une date que la ministre Françoise Remarck a qualifiée d’historique, ponctuant son discours d’une profonde émotion. C’est depuis Paris, épicentre des négociations, qu’elle a annoncé le retour définitif du Djidji Ayokwè, vingt-quatre heures seulement après le départ de la précieuse caisse du Musée du Quai Branly Jacques Chirac en direction d’Abidjan.
« Nous vivons un moment de justice et de mémoire qui marque enfin le retour du Djidji Ayokwè sur sa terre d’origine », a déclaré la ministre devant un parterre d’invités parmi lesquels figuraient des membres éminents de la chefferie Atchan, présents à Paris pour assister aux derniers préparatifs du déménagement.
L’aboutissement de ce processus de restitution, acté officiellement le 20 février dernier par la signature conjointe de Françoise Remarck et de son homologue française de l’époque, Rachida Dati, n’est pas le fruit du hasard. La ministre a tenu à saluer « l’engagement fort et déterminant du Président de la République, Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara », dont la « diplomatie active » menée avec son homologue français, le Président Emmanuel Macron, a permis de surmonter les obstacles juridiques et patrimoniaux.

« Au nom de tous les Ivoiriens et les Ivoiriennes, je lui exprime notre infinie gratitude », a-t-elle ajouté, soulignant l’exemplarité de la coopération franco-ivoirienne dans ce dossier.
Françoise Remarck a également rendu un hommage appuyé au Premier ministre ivoirien, Robert Beugré Mambé, pour son implication personnelle à chaque étape des démarches ayant conduit à cette restitution. « Je salue avec déférence les membres de la chefferie Atchan, particulièrement les villages Bidjans, avec lesquels l’État a choisi d’adopter une approche inclusive et respectueuse des traditions », a-t-elle poursuivi.
Si la cérémonie a été volontairement sobre, a tenu à préciser la ministre, par mesure de la joie. « Ce 13 mars n’est qu’une étape », a-t-elle expliqué, invitant à la patience et au respect du protocole scientifique.
Conformément aux accords passés entre le Musée du Quai Branly et le Musée des Civilisations de Côte d’Ivoire, le tambour parleur va désormais entamer une phase cruciale d’acclimatation. Placé dans un espace sécurisé, il devra s’adapter à son nouvel environnement climatique avant de pouvoir être présenté officiellement au public, puis installé définitivement dans l’écrin du Musée des Civilisations à Abidjan.

En attendant, la portée symbolique de ce retour est immense. Pour la ministre, le Djidji Ayokwè incarne bien plus qu’un objet d’art : il est un symbole de cohésion sociale, de paix et de dialogue.
« Ton retour est un message fort pour nos jeunes qui ont décidé de s’approprier leur histoire, pour les communautés qui retrouvent leur Djidji Ayokwè », a-t-elle lancé à l’adresse du tambour, avant de conclure par un vibrant appel, comme pour sceller des retrouvailles centenaires : « Djidji Ayôkwé, bon retour chez toi. »



