Côte d’Ivoire : Eau et assainissement dans le Tonkpi, « Les Pays-Bas et l’UNICEF misent sur un tournant décisif pour 2026 »
Ils sont venus voir, toucher du doigt et surtout, préparer l’avenir. Une délégation de haut niveau, conduite par l’Ambassadeur du Royaume des Pays-Bas, S.E.M. Jeroen Kelderhuis, et le Représentant Résident de l’UNICEF en Côte d’Ivoire, Jean-François Basse, a achevé le jeudi 12 mars 2026 une visite de deux jours dans la région du Tonkpi. Objectif : évaluer l’impact du programme d’accès à l’eau potable et tracer les contours d’une nouvelle ère pour l’hygiène et l’assainissement dans l’ouest du pays.

Au cœur de cette mission, le village de Zantongouin, dans la sous-préfecture de Blapleu, est devenu le symbole vivant d’une réussite. C’est ici que s’est écrit l’un des plus beaux chapitres de la coopération ivoiro-néerlandaise. Grâce à la phase ASWA II (2019-2023) et un investissement de plus de 6,8 millions USD, ce sont plus de 64 000 personnes qui ont été connectées à l’eau potable et 98 écoles qui ont été équipées en infrastructures d’hygiène.
Mais ce qui a retenu l’attention des visiteurs, c’est moins les tuyaux que les transformations sociales qu’ils entraînent. La sous-préfecture de Blapleu est en effet devenue la première du pays à être déclarée « libre de toute défécation à l’air libre » (FDAL). Un exploit qui n’est plus isolé : elles sont aujourd’hui 14 sous-préfectures à avoir décroché ce label, fruit d’une prise de conscience collective et d’un accompagnement technique de pointe.

« Le mandat de l’UNICEF est clair : protéger les droits de chaque enfant. La qualité de notre relation avec le Royaume des Pays-Bas est exemplaire car elle repose sur une confiance mutuelle et un engagement commun en faveur des plus vulnérables », a déclaré Jean-François Basse, visiblement ému par l’accueil des populations. « Ensemble, nous ne construisons pas seulement des infrastructures, nous contribuons à renforcer la dignité et l’avenir des enfants. »
Fort de ces résultats, le partenariat passe à la vitesse supérieure. La nouvelle phase, ASWA III (2024-2027) , est dotée d’un budget de 10 230 969 USD. Elle ne se contentera pas de creuser des puits. Son ambition est de bâtir des systèmes résilients face au stress hydrique, en intégrant des systèmes solaires multi-usages et une gestion communautaire renforcée.
transformer chaque point d’eau en un catalyseur de développement local. Moins de corvées d’eau pour les filles signifie plus de temps passé à l’école. Une eau saine et disponible, c’est moins de maladies et des communautés plus productives. Une agriculture soutenue par l’irrigation, c’est une économie rurale qui respire.

« En investissant dans des solutions durables, nous soutenons l’agriculture, l’autonomisation des femmes et l’avenir des jeunes générations », a renchéri l’Ambassadeur Jeroen Kelderhuis, réaffirmant l’engagement de La Haye aux côtés d’Abidjan.
L’année 2026 s’annonce comme un tournant. La délégation a déjà les yeux tournés vers le nord : les régions du Tchologo et du Worodougou seront les prochains théâtres de cette révolution bleue. L’objectif est clair : passer à l’échelle et ne laisser aucun enfant au bord du chemin.
Cette mission à Man aura aussi mis en lumière une stratégie plus large. En couplant l’expertise Eau, Hygiène et Assainissement (WASH) de l’UNICEF avec des initiatives comme ENACTE (lutte contre le travail des enfants) ou First Foods Africa (nutrition), les Pays-Bas et l’UNICEF dessinent une réponse intégrée aux défis du développement.
Dans le Tonkpi, l’eau ne coule plus seulement des robinets. Elle irrigue désormais un écosystème de dignité, de santé et d’espoir pour des milliers d’enfants.



